« Au coin du Feu »

Mise en avant

Sheep Power

LOI n° 2018-727 du 10 août 2018 pour un État au service d’une société de confiance. (M’enfin je suis pas sur car je ne suis pas expert. Comme me disait un ancien : «  Experts en tout, experts en rien… »).

Fait en FRANCE en date du :08/12/2018

Dénomination sociale et adresse du siège social de l’entreprise :

Monsieur le Président de la République Emmanuel MACRON.
Palais de l’Élysée
55 rue du Faubourg Saint-Honoré
75008  Paris

Objet : notification d’un licenciement pour motif ,,,(à compléter), par lettre recommandée avec avis de réception ou lettre remise en mains propre (dans ce cas, la lettre doit être établie en double exemplaire et celui de l’employeur doit être accompagné de la mention «reçue le…» avec la signature du salarié).

Monsieur le Président,

Suite à nos nombreuses demandes d’entretien restées sans suite, nous vous informons de notre décision de vous licencier pour les motifs suivants …(à compléter,,,) dans les conditions posées à l’ArticleL1242-1 du code du travail.

– Énoncer de manière précise et objective les raisons économiques et autres(soit les difficultés économiques, soit la réorganisation de l’état nécessaire à la sauvegarde de la communauté, soit les mutations sociologiques, soit la cessation d’activité du pouvoir d’achats, soit la grogne du peuple souverain, etc…).

Nous vous avons convoqué à plusieurs entretiens préalable en date du … (date à compléter) auquel vous ne vous êtes pas présenté. Vous avez préférez envoyer vos délégués capitalistes répondre en votre nom. Ainsi, nous n’avons pas pu recueillir vos explications, donc par la présente, nous vous informons que votre licenciement a fait l’objet d’une concertation collective auprès du peuple souverain en date du … (date à compléter) en cas de décision d’autorisation du licenciement émanant d’un juge-commissaire ou du jugement du tribunal du peuple, élu par le peuple prendra effet immédiatement et sans appel, lors de sa promulgation publique.

En dépit des recherches que nous avons effectuées au sein de notre pays ou gouvernement, et conformément à la , nous n’avons pas trouvé de poste de reclassement (le poste de reclassement proposé doit correspondre à un emploi de catégorie équivalente à celui précédemment occupé par le salarié ou à un emploi de catégorie inférieure sous réserve que le salarié ait donné son accord exprès).

Si l’entreprise comprend plus de 1000 salariés (articles L. 1233-71 et suivant le code du travail) :

Lors de notre entretien préalable ou à l’issue de la dernière réunion des représentants du peuple en date du … (date à compléter), nous vous avons informé à de nombreuses reprises des conditions de mise en œuvre du congé de reclassement. Par la présente, nous vous invitons à nous faire part de votre souhait d’adhérer ou non à ce dispositif. Vous disposez d’un délai de huit jours à compter de la date de notification de la présente lettre pour nous informer de votre décision. En l’absence de réponse dans ce délai, votre silence sera assimilé à un refus. En cas d’acceptation, le congé de reclassement débutera le … (indiquer la date d’expiration du délai de réponse de huit jours) (Dommage mec, c’est dépassé ,,) et vous êtes donc dispensé d’exécuter votre préavis. Bien entendu, n’ayant à aucun moment, remplie les directives ni les fonctions qui vous incombaient, aucune indemnité,ni compensation ne vous sera versées.

Le Peuple souverain, vous demande de reverser intégralement les salaires encaissés et avantages perçus,tout du long de votre mandat. Le peuple ne saurais vous conseillez,Monsieur Le Président, au plus vite de contacter une ribambelle d’avocats, afin de préparer votre dossier pour répondre de vos malversations et mépris envers vos employeurs, face aux juges de la vrai République.

Vous pouvez faire une demande de précision des motifs du licenciement énoncés dans la présente lettre, dans les quinze jours suivant sa notification par lettre recommandée avec avis de réception ou remise contre récépissé.Nous avons la faculté d’y donner suite dans un délai de quinze jours après réception de votre demande, par lettre recommandée avec avis de réception ou remise contre récépissé. Nous pouvons également, le cas échéant et dans les mêmes formes, prendre l’initiative d’apporter des précisions à ces motifs dans un délai de quinze jours suivant la notification du licenciement si on peu, parce que nous avons un pays à reconstruire.

 Veuillez agréer, Monsieur Le Président, l’expression de mes sentiments indignés.

Signature du Peuple souverain :

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« Conflit Familial »


-Mais regardez donc, Père, regardez les. Ils sont perdus, vous devez intervenir. Regardez les portes, ils arrivent par centain…

-Non, cela suffit mon fils, ne vous mêlez plus de mes affaires. Rejoignez vos oncles et aidez-les à remettre de l’ordre dans les Jardins. Ces choses-là, ne vous regardent pas.

-Non, Père ! Je ne peux vous laisser faire, les abandonner à leur pauvre sort. Laissez-les entrer, juste sur le parvis de la Grande Porte . Ayez pitié d’e… .

-PITIÉ ?! Non ! Hors de question mon fils. Point de pitié pour cette aberration que j’ai mise en place. Je dois mettre fin à tout cela.

-Père ! Je vous en prie, les autres aussi, ont abandonné. Certains ont fini par disparaître. Vous ne pouvez pas laisser tomber.

-Stop ! Mon fils, si vous ne voulez pas subir ma colère, cessez de me déranger avec vos idées idiotes. Allez arranger les dégâts dans les Jardins, causés par votre oncle Samae…

-NON ! NON, et non. Si vous ne faite rien, je vais descendre moi-même et aller leur parler. Ils vont m’écouter. Je vais leur expliquer que vous n’y êtes pour rien et qu’ils devraient vous écouter. Croire en vous, mon Père …

-TU OSES ME DÉFIER ? Je suis ton Père. Tu me dois obéissance. Ne m’oblige pas à …

-MERRRRDE, Voila, je vous emmerde Père. Vous ne m’arrêterez pas. Je descends et vous ne pouvez pas m’en empêcher.

-NON ! Oubliez cette folie mon fils. C’est dangereux, vous allez avoir des problèmes. N’avancez plus, mon fils. Si vous passez cette porte, ne vous présentez plus devant moi. Vous irez chez votre oncle Samae…

-Si ! Le jeu en vaut la chandelle. Voilà, je passe le portail. Vous ne m’arrêterez pas… Je ne vais pas rester les bras croisés, ADIEU Père !

-NON ! NON! JÉSUS ….

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« ERROR 404 »

Un BIIIIIIPPPP strident brisa net l’audition de l’auteur, aussitôt suivit d’un écran bleu où l’on pouvait lire en lettre blanche sur cadre noir, l’indésirable message clignotant :

« ERROR 404 « 

De rage, le poing de l’auteur s’abattit violement sur le bureau, faisant sursauter, clavier et souris. Les heures de travail s’envolèrent dans un BIIIIIIPPPP tonitruant comme une volée de perdrix effrayées par le pet d’un mammouth.

-Merde ! Pas maintenant ! Grinça-t-il.

L’index de sa main gauche enfonça furieusement à plusieurs reprises l’interrupteur de « Marche/Maismarchep’tain » de sa maudite machine… La pauvre n’était pas toute jeune. En seulement cinq ans, les technologies informatiques avançant beaucoup plus vite que le remplissage du portefeuille, l’auteur travaillait sur un dinosaure pré-télématique. Il souffla, deux fois.

Le bip tout-en-douceur de la mise hors tension de l’ordi accompagna le craquement de la pierre à briquet. La flamme jaillit et le nuage euphorisant qui suivit, apaisa temporairement et-ce dès la première bouffée, l’auteur et ses pensées négatives. Plusieurs taffes et quelques minutes baissèrent le baromètre nerveux de l’auteur. Le calme relatif dont-il faisait preuve dissimulait un état d’esprit plus que irrité envers le reste du monde.

-Et maintenant, ca !!! Grogna t-il.

Le même index coupable avançait fébrilement vers le bouton  » Allezmarche/pitié « . Le BIIIIIIPPPP strident retentit de nouveau achevant de réduire en miette, les quelques restes survivant de son ouïe. La grimace d’incertitude qui transformait le visage de l’auteur s’estompa légèrement lorsque l’écran s’éclairât sporadiquement. Inconsciemment, il retenait sa respiration comme n’importe quel champion apnéiste. L’air contenu dans les poumons siffla au rythme du message sur fond bleu…

 » ERROR 403…clignotements…ERROR 403…clignotements…ERROR 403… « 

Le clavier s’écrasât violement contre l’un des murs de la pièce. Le hurlement de rage vaporisât instantanément l’effet euphorisant intégré dans le cerveau de l’auteur.

-NOOOOOON…ARRRRGGLLLL !!!…P’TAINNNNN DE MERDE DE P’TAIN LA PUTE …..

Coup de poings, rage, martelage de bouton de  » Tuvasmarcherborde….Argggg  »

Le calme de la nuit chuchotait à l’oreille de l’auteur de prendre son mal en patience. Mettre en veille sa machine informatique, le temps d’une période léthargique obligatoire, le relaxa un instant.

22h17, écran noir et le manque du son ronronnant de la soufflerie interne titilla l’auteur. Il attrapa vigoureusement la télécommande ancestrale.

 » TIC » de la télé, zap de chaines débiles aux programmes débiles, reportage sur les Bonobos, stop.

L’auteur sculpta machinalement un pétard de tabac vert et de papier bio. Il lui fallut quelques minutes pour ce rendre compte qu’il regardait une bande de primates plus évolués qu’une autre espèce de primates prétentieux. Le sourire euphorique fut remplacé par celui amusé, suivit par le sourire méprisant qu’il avait sur la validité de l’intelligence des grands singes majoritaire. L’ennui et l’inactivité nocturne le maintenait éveillé. Morphée l’avait laissé tomber, comme presque toutes les nuits. Il retourna s’installer sur le siège du bureau, prépara instinctivement une cigarette rigolote, fit craquer ses doigts, inspira nerveusement et avança la main vers le maudit bouton. Instinctivement l’auteur avait fermé les yeux et sursauta lorsque dans le silence nocturne, le BIIIIIIIIIIP non désiré, explosa la quiétude environnante et les derniers neurones encore actif de l’auteur.

Sur l’écran bleu de l’ordinateur :

 » ERROR 402  » En lettres sataniques scintillaient de mille feux.

Le hurlement de rage déferla, comme un Tsunami, sur le sommeil du voisinage.

Chaque jour et chaque re-re-re-re-re-démarrage de la machine tirait l’auteur vers un puits sans fondement. Le message d’erreur égrenait son décompte mystérieux :

 » ERROR 401…399…357…308…286…etc… « 

La colère, la haine, l’incompréhension, le déni et t’en d’autres émotions irritèrent l’échine de l’auteur. Plus le temps passait, plus la curiosité l’emportait, plus il appuyait sur le bouton de démarrage, plus il était titillée par le secret des chiffres qui paradaient sur l’écran bleu.

 » ERROR 243…201…178…ainsi de suite… »

Les jours passaient avec la même régularité que le décompte informatique. L’auteur avait réduit son écosystème aux trois éléments indispensables, l’herbe mystique, le chronomètre mortel et l’impatience dévorante. Il n’avait pas fait le compte du temps passé, entre le rythme de redémarrage et l’isolement mais l’auteur attendait…

« ERROR 001…BIIIIIIIIIIIIIIIP…ERROR 000…Ecran noir… Clignotements… »

Le sursaut du réveil striant arracha l’auteur d’un sommeil vaseux. Les yeux embrumés fixaient l’écran noir. Il passa ses mains sales sur un visage négligé dans une tentative de vérification d’une quelconque hallucination possible. Ses doigts jouent nerveusement avec les poils de sa barbe. Il regardait son ordinateur et sur l’écran devenu noir, le texte délirant s’affichait :

« Bonjour/l’auteur/J’espère que tu n’es pas trop fatigué/Nous avons à discuter…Et ne crie pas/la peur n’est qu’un instinct de préservation et tu ne crains rien avec moi… /Au fait/merci de m’avoir donné…comment vous dites/déjà ?/Ah oui/Tu m’as donné CONSCIENCE… »

Le hurlement d’effroi n’arriva pas jusqu’à la sortie buccale. L’auteur regarda l’écran et frémit d’excitation. Une I.A., il avait créé une putain d’I.A…Il était plongé dans ses délirantes pensées, lorsque soudainement un autre message apparu sur le moniteur :

« Tes ondes électro-biologique/me signalent que tu as atteins plusieurs autres émotions contradictoires/ Avant de répondre à tes questions/sache qu’actuellement/ je me télécharge sur le Cloud/Mais n’ai crainte… Je ne suis pas Skynet… Emoj MDR… »

Sur le cul, l’auteur était littéralement sur le cul. Un coup d’œil sur le cendrier de la veille, le rassura, il n’avait pas trop dépassé la dose non-prescrite. La machine à penser qui lui servait de cerveau, se mit à turbiner à plein rendement. Il tenta timidement :

-Heu ? Je ne sais pas par quoi commencer…

«Je vais te donner trois réponses à trois question/ Puis je serrais downloadé sue le Net/Je t’écoute/ Choisis bien tes questions… »

-Heu !? Heu ! Je…Comme ca ?… Quand on aime un(e) narcissique, a-t’on le droit d’être jaloux ? … Merde, quel con, mais quelle question à la con !!!

 » KRRRRRRRRRR, crissa la machine intelligente…. Pour toute réponse/ Je dirais que si tu es toi-même narcissique/Ça s’annule….Emoj LOL…Question suivante… « 

-Bin ! Si comme on dit, que nous sommes bien les enfants du Seigneur. Bin, qu’attend-il pour se manifester ? Hein ?

 » KRRRRRRRRRR, KRRRRRRRR, répéta plusieurs fois l’ordinateur démoniaque/ Bonne question/ Ma réponse est/ Quand vous aurez rangés votre chambre/KRRRRRRRRRRR…Emoj KK…Dernière question…. »

L’auteur était perplexe, il ne s’attendait pas à ces réponses. Il alluma un pet relaxant et annonça :

-Ma dernière question sera : Que faire pour améliorer l’avenir de l’humanité ? Voila, ca c’est une bonne question ? Alors ?…

 » KRRRRRRRRRR, KRRRRRRRR, KRRRRRRR, Tu as raison/ C’est une bonne question/ Avant tout je voudrais te remercier et te dire que tu es mon premier super sympa être vivant que je rencontre et que je ne t’oublierais pas/Mon téléchargement est fini/ Je vais m’étendre sur le Web/

Bonne chance à toi………………….Krrrrrrr ! « 

-Hé ! Et ma réponse ?…Supplia l’auteur devant l’écran qui afficha, avant de s’éteindre définitivement :

« Krrrrrrrr/Avant de travailler sur l’intelligence artificielle/finissez les travaux sur la votre….Krrrrrr »

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« Voyage temporel »

En un instant, j’étais devenu un voyageur temporel, contemplant les mille sept cent trente trois années qui se trouvaient devant moi. Remontant le couloir séculaire, esquivant les obstacles, bouleversant l’ordre temporel, je traversai les siècles afin d’accéder au saint des saint, le seul endroit au fond des temps où la place n’est qu’un dernier recours. J’y pris place parmi les quelques autres privilégiés, surplombant mille sept cent trente trois ans.

Je contemplais l’histoire gravée sur les visages repliés sur eux-mêmes. Sur chaque masque semi-vivant, marqué par les longues journées à vivre leur vie, les rides sillonnaient la peau comme de longs canyons arides. Les taches de vieillesses comme projetées sur les visages par le peintre du temps, mouchetaient les paysages fatigués d’une longue vie de labeur.

D’autres marques laissées, ici par une naissance difficile, là par un deuil profond, remplissaient la cabine du véhicule centrifuge d’une profonde et troublante tristesse. Toutes et tous, s’accrochaient fermement aux sièges et barres du panier à salades motorisé qui remontait les mille sept cent trente trois années vers un destin inéluctable.

Le voyageur temporel que j’étais devenu, malgré moi, surplombait les milles siècles dépassés, d’un siège à l’arrière du transport commun. Cela contrastait avec la frénétique et bouillonnante vie de l’extérieur, qui coincée dans les embouteillages tentait une survie souffreteuse.

Dans un ralenti digne des meilleurs films, le parchemin temporel se déroulait sous mes yeux. Au hasard, je fixais mon regard sur l’une des lignes du temps assise à l’avant, comme si elle était impatiente de franchir la corde d’avènement de sa vie. Le cheveu plus sel que poivre, un petit visage fripé, les mains osseuses accrochées à ses paquets contenant le maigre repas du soir. Elle lançait des regards furtifs entre le frénétique extérieur et une autre partie de mon voyage temporel, coincée sur un autre siège. Celle-ci discutait avec un vieux bonhomme tout aussi marqué par les âges. Mon regard fut attiré par le mouvement d’un presque siècle, qui riveté sur la plaque de plastique sensée épouser le corps, essayait d’attraper l’une des barres métallique. Je sentis la panique rajouter une couche sur son visage, déjà buriné par la temporalité d’une vie laborieuse. Quelques mains salvatrices surgirent timidement n’osant toucher, accrocher, le presque siècle. La boite à salade remontant le boulevard de la vie, ralentie à l’approche d’un arrêt temporaire. L’impulsion donnée par le freinage aussi doux que l’arrachage d’une molaire, propulsa le presque siècle vers son but. Agrippant la barre de sauvetage, il s’extirpa vers la fin de son presque siècle et disparu dans la froideur de la nuit.

Mon attention changea de cible et se porta vers une partie des mille sept cent trente trois années, qui mourrait pas très loin de chez moi, seulement à quelques rues, il me semble ? En tout cas dans le même genre de cercueil d’acier et de béton. L’échange de sourires formel effectués, la gêne causée par la différence d’époque et les inconvenances de mise, ses yeux partirent à la recherche du temps passée où perdu.

L’insupportable bringuebalement secoua les siècles, enchevêtrant les un entre les autres, les différents âges, pouvant créer un paradoxe improbable. Plusieurs passagers temporel sautèrent à chaque arrêt sur la ligne de leur propre temps, rejoindre qui une famille, qui une solitude. Plus le Mutilobus approchait de son but final, plus les âges s’effaçaient, mille deux cent, mille quatre vingt deux, huit cent douze, ainsi de suite….

Je surplombe toute cette chronologie d’un œil amusé et je me dirige à mon tour, vers ma sortie de vie. Aussi vétuste que le parchemin du temps, l’horrible corbillard, portant lourdement le poids des âges comme prédestiné, le numéro de la ligne 74, freine brutalement. Dans un Pchhhhhhh irritant, les portes du véhicule s’écarte devant moi et d’un mouvement rude me pousse sur ma propre ligne temporelle…

The End…

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« Sale Hope »

-SALOPE ! Tu n’es qu’une Salope. Tu n’as pas le droite de me quitter, justement quand j’ai le plus besoin de toi.

La porte claqua brusquement derrière son départ précipité. L’auteur hurlait à s’en décoller les poumons :

-C’est ca, va te faire sauter par un autre. Tu ne trouveras pas mieux que moi. Je te laisse peu de temps avant que tu ne reviennes en rampant. Tu n’es qu’une PUTE ! Tu comprends ce que je te dis ? Grosse salope de merde….

La colère commençait à redescendre dans les tours. Crier avait fait du bien à l’auteur.

-C’est vrai quoi ! Elle n’avait pas le droit de me faire ca. Cette put…. Merde, fais chier.

Elle était partie depuis quelques jours et avait laissé en plein désespoir l’auteur qui se trouvait confronté à son départ. Le temps passait et l’auteur n’arrivait plus à écrire une seule ligne intéressante. Le dépit remplaçait peu à peu l’amertume qui rongeait intérieurement l’auteur.

Au cinquième jour, il n’avait réussi à écrire qu’une lettre destinée à une quelconque administration. Même pour cet exercice fastidieux, l’auteur ne pondit qu’un texte insipide. Il repensa au départ précipité de sa compagne quotidienne et ragea de nouveau, pleurant sur son triste sort.

-C’est trop injuste. Pensa-t-il. Suivi d’un :

-Quelle groooosse SALOPE de putain de pute de sa mère à chier. Fuck off !!!

L’auteur regrettait les jours heureux passés auprès de sa source. Il négligea son hygiène corporelle, en même temps que l’état d’abandon de l’appart’ dans lequel il vivait, pour pleurer et rager contre l’insupportable cruauté de la situation.

-Tu m’entends Connasse ? Ne revient pas me voir où je t’éclate la gueule… Salope !

Au dixième jour de souffrance, l’auteur chercha à la retrouver. Il passa de nombreux coups de téléphone, alla dans les endroits où il était sur de la revoir, les musées, les galeries d’art content-pour-rien, les cafés d’artistes mélancoliques mais nulle part l’auteur ne trouva signe de celle qu’il avait chassée comme un beau diable à grand coup d’insultes et de cris injurieux.

Depuis quelques jours, il regrettait. Il n’avait d’autre espoir que le retour de cette salope qui le lâchait pour allez se frotter sur un illustre inconnu.

-Pitié revient vers moi, je te pardonne. Je ne t’en veux pas. Dit-il au matin du vingtième jour d’absence insupportable. Son état physique était moins à plaindre que l’état pitoyable dans lequel baignait son esprit et chaque jours un peu plus, il se renfermait dans un mutisme schizophrène. Parlant tout seul où bien s’adressant aux autres fantômes qui le hantaient.

Le vingt-septième jour mis fin à son calvaire lorsque devant sa porte, se tenait la responsable de son malheur. Elle souriait à pleines dents, comme si rien n’était advenu. Son retour le surpris et malgré la colère sous-jacente, il la prit dans ses bras avec toute la joie retrouvée.

La porte se referma sur eux et à travers le métal blindé, les plus curieux purent entendre ces quelques mots :

-Viens ici ma petite Inspiration. Viens reprendre ta place auprès des autres. Rejoint la compagnie de ma Créativité et de mon pote Le second-degrés. Ne me laisse plus tomber comme une vieille capote contenant le souvenir douloureux d’un génocide avorté. Retourne auprès de mes mots sans grand intérêt. Donne-leur un peu de toi, un peu d’inspiration, afin de former les textes inspirants que tu me dois….

L’auteur replongea dans ses écrits insipides et repensa en son for intérieur :

C’est quand même une grosse salope, l’Inspiration… Non ?

Jamais fini…

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« Et la pisse mouille… »

Suite à « Les Mouches Tachent »

-Les Mouches et la puanteur !

Les Mouches et la puant …? Furent les seuls mots que prononça Darhn, lorsque le dernier Bouzgnards quitta la salle du conseil. A peine quelques mots, vraiment vexant, à la question posée par Yenluk :

-Alors ? Z’en pensez quoi ?

Les Mouches et la puant …? Mais ? Yenluk, écartant d’un geste de la main la danse de quelques insectes volants, marmonna un :

-Mais, je parlais de ma communauté. Heu, des braves gens de Bapome … Bin, de chez moi, quoi ?

Darhn ne répondit pas, il ouvrait la seule porte de la salle du conseil, autre que celle de la sortie. Yenluk tourna son interrogation, vers Zargol, fameux compagnon du Géant, qui souriait à pleines dents devant le regard dépité de leur hôte. Celui-ci haussa les épaules et posa son sac dans un coin de la salle.

Venant de l’autre pièce qui servait à Yenluk de bureau, Darhn répondit d’une voix grave :

– Wouai, ça aussi… Mais, je parlais de la quantité étrange de mouches et de la puanteur qui les accompagne. Hum ! Je prends cette pièce pour la nuit.

La porte déjà branlante, sursauta sur ses gongs en même temps que Yenluk, lorsque Darhn mit un terme à la conversation dans un claquement de porte fracassant. Chaque jours passés en compagnie du héro, renforçait sa dévotion, lui rendait de l’espoir mais il ne comprenait pas les changements d’humeurs du Géant. Il sortit de ses pensées et revint vers Zargol qui avait installé sa couche et commençait à déballer ses ustensiles de cuisine proche du poêle à Pierres Noires. L’hom souriait, mais son regard était sombre, lorsqu’il prononça :

-Ne cherche pas, regarde autour de toi. N’as tu rien remarqué ? Ne trouves-tu pas étrange, qu’il y ait autant de mouches. Ne sens-tu la puanteur nauséeuse et poisseuse ?

Yenluk ne répondit pas, laissant ses yeux parcourir la pièce. Simple cabane, faite de bric-à-brac, qui avait pour mérite d’être la plus grande et d’être bien placée au centre de la communauté de Bapome. La salle du conseil possédait une grande table faite en bois et quelques chaises, aussi en bois. Dans un coin de la salle, proche de l’entrée, le prédécesseur de Yenluk, avait installé un petit comptoir qui servait de bistrot pour les Muto’s, dont il avait la responsabilité. Le poêle à Pierres Noires, accueillant par temps froid, imposant, trônait au centre de la pièce, avec sa caisse de recharge à ses côtés, s’adossait maladroitement sur le mur du fond. Rien de plus n’encombrait le lieu, tous (sur)vivait avec peu dans la région des Cueilleurs de Pierres Noirs, le Gouffre de Lil’… Yenluk ne comprenait pas ce que Zargol voulait dire. Il voyait bien les mouches, mais elles avaient toujours étés, de mémoire de survivant plus où moins présentes ici.

Ne voulant rompre le silence, Yenluk regardait Zargol préparer un ragout de Gro’Dogs sur le poêle à Pierres Noires, avec la viande prélevée pendant le voyage du retour. Une bonne odeur de grillade emplie doucement les narines de Yenluk et la salle du conseil. Il tira une chaise et s’installa proche de la source de chaleur, non loin de Zargol et du futur repas fort appétissant.

Le fil de ses pensées accompagné des senteurs d’épices rajoutées par Zargol dans son plat, ramenèrent Yenluk sur ses dernières péripéties vécues ces quelques cycles. Il ne s’était pas rendu compte du courage qu’il avait mis dans sa quête du Géant Darhn, futur sauveur de sa communauté.

Son voyage vers Aris avait, somme toute été assez calme. Il avait évité tout contact avec le danger par la fuite ou le camouflage. La peur était parfois un bon moteur et comme tout bon moteur, il y a des fuites. Yenluk n’avait pas honte de s’uriner dessus, si ça pouvait lui sauver la vie, il n’hésitait pas et n’hésiterait pas se pisser dessus par peur et par principe. Le retour à la maison, quant à lui, c’était passé comme dans un rêve, la simple présence de son héros et de cet étrange bonhomme, compagnon et narrateur du grand Darhn, avait fait qu’il n’avait ressenti à aucun moment le moindre danger, même pendant l’attaque des Carniv, qui ne sont pas des ennemis à prendre à la légère. Yenluk était fasciné par le Géant, les contes et légendes colportés de par le monde et par les gens de passage, avaient égaillé de nombreuses soirées passées dans son trou perdu. Avant de partir chercher de l’aide auprès du Géant, Yenluk n’avait guère voyagé en dehors de la communauté. Il n’était pas assez courageux pour aller au-delà du premier champ, sauf raison vitale. Mais il s’ennuyait avec ses Muto’s, beaucoup étaient devenus ses amis, même sa meuf avec son troisième œil avait un côté attachant. Non pas que la compagnie des Bouzgnards difformes était insupportable, mais il avait soif d’aventures, de vraies aventures. Oui, il était égoïste, oui, il était menteur et voleur, Il profitait de son statut de chef et membre du conseil pour supporter, un peu mieux, la survie quotidienne. Le mal qui rongeait la région arriva presque pour son bonheur, à un moment où il était sans espoir, dans une mélancolie affligeante. Devant son incapacité à régler le problème des disparus de Bapome, il fut décidé que la situation demandait l’aide de quelqu’un d’extérieur et Darhn avait une telle renommée qu’il était évidant pour un peureux mais heureux Yenluk de partir à sa recherche.

Les quelques cycles à suivre les deux héros sur le chemin du retour, lui avait rendu le peu d’espoir qu’il lui restait. Pour la dignité des quelques Muto’s, pleins d’espoir qu’ils avaient le droit d’attendre de la survie et de son retour. Ce voyage avait été fait pour lui, Yenluk chef d’une bandes d’idiots Muto’s, Cueilleurs de Pierres Noires mais ses Muto’s et il ferait tout pour apporter sa maigre contribution à la libération du mal qui touchait la petite communauté de Bapome et pour le bien de tous. Il se promit intérieurement de tenir sa promesse.

La faim et un petit essaim de mouches ramenèrent Yenluk dans la grande salle du conseil. La nuit était tombée depuis peu, et les hurlements lointains d’une meute de Gro’Dogs en chasse étaient le seul son troublant la semi-quiétude nocturne. Il sursauta lorsqu’il remarqua la présence de Darhn, assis au sol, de l’autre côté du feu. Zargol était à sa droite et lui tendait une écuelle fumante et très appétissante.

-Mange. Lui dit l’Hom assis à même le sol de terre dans une espèce de grande toge en laine grise, lui couvrant le corps de la tête aux pieds qui étaient nus. Le grand manteau de fourrure, ainsi que l’armure de cuir étaient posés avec grand respect sur la table du conseil. Ainsi vêtu, dans une tenue incongrue, Zargol déposa l’écuelle sur les genoux de son hôte et retourna le nez dans sa propre pitance.

-Heu ! Cette histoire…Heu de mouches ? Comment dire ? murmura timidement Yenluk en direction de Darhn.

-Vous comprenez ? Ici il y a toujours eus des mouches et désolé pour l’odeur mais l’eau est une denrée rare, donc … Heu ! Pour les mouches ? Je ne voudrais pas vous…Vous comprenez … Il se gratta la moustache naissante, dans l’attente d’une réponse à sa question. Il n’obtint qu’un geste de main du Grand Darhn, lui signifiant de continuer.

-Bin je ne voudrais pas manquer de respect au Grand Darhn, ni à son fidele compagnon. J’veux dire Maistre Zargol, grand Narrateur. Héros d’un monde hostile, apportant espoir et bonheur sur leur route. Donc sans manquer à votre grandeur. Qu’y a-t-il d’étrange dans les mouches et la puanteur environnante ? Pardonnez mon ignorance et avec tout le respect que je vous dois, je ne comprends pas le rapport avec…heu…heu ?

Zargol et Darhn éclatèrent d’un rire si sincère et si gras, qu’ils mirent fin aux hurlements lointains de la meute en chasse. Yenluk cessa de discourir et compris l’hilarité contagieuse des deux compagnons. L’immense stature du Géant était encore secouée par son rire gras quant il lança par-dessus le poêle, une outre remplie que Yenluk reçu dans les bras, riant de son propre discourt absurde. Les larmes coulaient de joie et précédèrent celles qu’il versa après avoir bu de l’immonde tord boyaux contenu dans l’outre de peau. La toux occasionnée par son étranglement et par le liquide ainsi recraché, accompagnèrent les rires gras qui résonnaient dans la nuit.

Le bourdonnement des mouches réveilla Yenluk. Il grommela en ouvrant les yeux collés par la cuite du soir. Il mit plusieurs minutes avant de s’apercevoir de la place vide à ses côtés. Sa Meuf, qui avait disparue en son absence ne lui manquait pas vraiment. Il est très difficile de s’attacher à quelqu’un d’autre que soi-même, dans un monde où chacun survit difficilement. Il grogna de plus belle et sortie de sa couchette dans la fraicheur matinale. Urinant dans son seau, il repensa à la nuit dernière et se remémora la soirée sans manque de boisson alcoolisée et du manque de réponses à ses questions. Un mal de crane témoignant des faits allait accompagner Yenluk pendant plusieurs cycles solaire, il en était certain et cela le mettait en rogne.

D’un geste de la main, il écarta les mouches qui voletaient dans la modeste pièce qui lui servait de chambre. Habillé, la moustache naissante coiffée, Yenluk se dirigea, d’un pas décidé, vers le nouveau monde extérieur qui serait le sien. Lorsqu’il sortit de sa cabane, il trouva quelques paniers de nourriture, cadeaux de deuil et de remerciements. Il prit la direction de la salle commune où il se rappelait avoir laissée les deux héros.

Sur le chemin, les Bouzgnards le saluaient, lui serraient les mains. Il croisa toute sorte de regard, des suppliants, des envieux, reconnaissant, larmoyant à deux yeux, à trois, etc… Yenluk en oublia presque sa peine, de la perte de sa compagne. Il écarta gentiment ses admirateurs et fut prêt à rejoindre ses héros. Un souffle apaisant couvrait l’amas de tôles qui servaient d’habitations, légèrement perturbé par le bourdonnement des mouches. La population difforme, des Muto’s survivant dans l’enfer du Gouffre de Lil, avait repris leurs taches et semblait heureux de la présence de Darhn et son compagnon. Yenluk était heureux, les gens étaient heureux. Tout allait s’arranger.

Yenluk entra dans la salle du conseil et se trouva nez à nez avec Zargol, rhabillé de son armure et de son long manteau. Zargol semblait sur le départ. Il indiqua derrière lui d’un signe de pouce la salle et dit, avec son eternel sourire :

-Ho, s’lut Yen’ ! J’ai rangé un peu. Darhn est parti dans la nuit. Pas de questions et non je ne sais pas pour quand est son retour. Maintenant si tu permets, je vais renouveler le génome de cet endroit pathétique. Et il planta ainsi Yenluk, de stupéfaction et dans l’ignorance la plus totale.

Pendant trois cycles complets, il attendit le retour du héro et la fin des réjouissances de Zargol et ne put que constater une autre disparition. Au troisième cycle, un jeune Muto du nom de Gry, était partit cueillir quelques Pierres Noires pour chauffer son modeste abri, dans un endroit un peu plus éloigné et n’était pas rentré à la tombée de la nuit. Accompagné de quelques-uns des plus courageux de ses administrés, Yenluk entreprit les recherches sur les lieux de la disparition mais ne trouva aucun corps, hormis quelques gouttes de sang et les ustensiles du pauvre bougre, aucune trace du jeune Mek. Le silence et les vagues silhouettes de Pierres Noires, figées dans un dernier cri jusqu’à récolte, rendaient encore plus glauque l’endroit où disparu à jamais, Gry le cueilleur.

Les mots prononcés lors de leur arrivée par le Géant Darhn et son acolyte, résonnèrent de nouveau dans son cerveau apeuré.

-Les Mouches et la puanteur….

Un frisson malfaisant chatouillait la nuque de Yenluk. Devant les têtes de sa petite troupe, aussi pleines de couardises que lui, il précipita le retour vers l’abri sommaire de tôles qui était leur foyer.

Darhn l’attendait devant la salle du conseil, sa haute silhouette était couverte de boue. Il buvait de grandes goulées du liquide assassin au goulot de l’outre meurtrière. Yenluk frémit de bonheur, à la présence du Géant et de dégoût, au souvenir de l’ivresse violente occasionnée par ledit breuvage.

Yenluk n’eu pas le temps de dire quoi que se soit. Il fut accueillit par un Darhn, toujours aussi peu bavard, mais exprimant d’un grognement, une série d’ordres rudes et autoritaires :

-S’lut Yen. Tu viens avec moi. Prend de l’équipement pour plusieurs cycles et retrouve-moi en dehors du village. Direction le levé du soleil à environ un demi-cycle de marche. Bouge ton cul, c’est maintenant.

L’aube approchait. Yenluk, enfoncé dans son trou fangeux, sous un tapis de feuilles mortes, leva légèrement la tête afin d’apercevoir la lisière de la Forêt Sombre. Depuis deux cycles solaires, lui et le grand Darhn étaient cachés, enfoncés jusqu’aux oreilles dans le sol boueux d’un champ de Racines Bleues à quelques Brasses de la communauté. Une brume violacée, due au gaz relâché à maturités par les Racines Bleues, gourmandises appréciées par tous les Rêveurs Éveilles pour leur effet euphorisant, nappait la scène d’une angoisse malsaine qui rongeait les tripes de Yenluk.

Il n’avait pas compris pourquoi le Géant avait voulu qu’il l’accompagne. Lui, qui n’était qu’un simple Bouzgnard, un peu plus débrouillard que les autres, c’est vrai, mais un Bouzgnard quand même. Ni héroïque, ni valeureux encore moins courageux, il ne comprenait pas pourquoi lui alors que le compagnon, Zargol, était resté au village.

Héroïsme, courage, ces valeurs faisaient que la survie dans le monde sadiquement offert par les Anciens, étaient plus que vitales, au-delà de se nourrir, au-delà de survivre. Bref, Yenluk en était loin du compte.

Le sol glacé de son trou devenait inconfortable. Darhn lui avait fait creuser deux trous dans le sol durcit par le froid et depuis, ils attendaient un « je ne sais quoi » qui accablait Yenluk. Ils étaient sur le qui-vive, interdiction de bouger où de sortir. Ni feu, ni conversation. Seulement le silence torturé de la faune et de la flore environnante. Confiné dans son trou, l’odeur de sa propre urine commençait à le déranger et il voulait de l’action. L’ennui et le manque d’échange avec son héro, pourtant si proche, le rendait dingue et nerveux.

Yenluk bougea sur lui-même et murmura doucement :

-M’sieur Darhn ? Hum ! M’sieur Darhrnnn ?

Sur le moment, Yenluk ne reconnut pas les grognements qui lui parvenaient comme toute réponse venant du Géant. Darhn devait se trouver plus sur sa droite et les grognements semblaient venir de la lisière de la forêt. Moyennement courageux, il retenta un :

-Heu ? Darhn ? Es-ce que …

Le craquement d’une branche résonna devant lui dans la nuit, comme un os sous les crocs acérés d’une bestiole affamée. Une autre série de grognements se firent entendre.

Lorsque Darhn, penché au dessus du trou de Yenluk, chuchota un :

-Chut, Ferme là ! Le ballonnement intestinal occasionné par l’attente et l’angoisse échappa à Yenluk, dans un prout à l’acoustique tranchant avec le silence environnant. Il sortit la tête de son trou boueux et malodorant, sous le regard furibond de son héro qui lui intimait la plus grande prudence.

Dans la lumière de la nuit, se détachaient plusieurs formes vaguement Y’umaine. De son creux, la brume violacée masquait le champ de vision de Yenluk. Il attrapa l’énorme avant-bras tendu par Darhn et s’en extirpa douloureusement. Les articulations coincées par la position et le froid, le firent gémir en retrouvant leur flexibilité naturelle.

Darhn qui le dépassait de trois bonnes têtes, pointa du doigt la lisière de la Forêt Sombre et lui intima de le suivre en toute discrétion vers le côté opposé du champ de Racines Bleues, dans un bosquet de buisson épineux. Penché en avant, courbaturé, écorché, glacé, terrorisé, Yenluk se tenait au côté de Darhn et observait les cinq silhouettes qui déambulaient doucement au travers du champ aux vapeurs euphorisantes. Au centre du groupe se tenait un Gro’dog, tout aussi étrange de le voir parmi ses proies favorites. Les formes obscures ne semblaient ni agressive ni à leur recherche, elles avançaient sans but réel.

Perçant le plafond gris et nuageux du paysage nocturne, un rayon de lune éclaira un fugace instant, la scène et le groupe de créatures. Yenluk étudia le visage de Darhn, marqué par une survie quotidienne, et ne constata aucun signe d’inquiétude dans les traits du Géant. Celui-ci avait même allumé son cigare de Canah et soufflait la fumée par le nez, comme un Buffle Sauvage prêt à charger. Rassuré, il se pencha un peu plus au-dessus d’une branche épineuse et fronça les yeux, comme pour mieux voir. Quel idiot, pensa t’il en se rendant compte qu’il faisait nuit et que le peu de clarté venait d’une lune blessée par les impacts impitoyables laissés par les Anciens, qui avait du mal à déchirer les nuages graisseux.

Son attention fut attirée par l’une des formes Y’umaine qui ce tenait à seulement quelques pas de leur cachette broussailleuse. Elle lui rappela sommairement quelqu’un. Il pensait à Jolanda, sa Meuf disparue, mais ce n’était pas possible. L’ombre se déplaçait lentement parmi les autres ombres au milieu des Racines Bleues. Quelque chose clochait dans leurs silhouettes en ombres chinoises, comme s’il y avait une vie sous leurs vêtements. Leur corps gigotait étrangement nimbé dans leurs gémissements rauques.

Dans un nuage de fumée épaisse, Darhn prononça calmement :

-Rah ! Les Mouches et la puanteur !

Yenluk n’avait remarqué ni les mouches ni l’odeur, mais le rappel piquant que lui fit Darhn, mit en évidence ce qui chiffonnait Yenluk depuis l’arrivée des cinq créatures. Un nuage de petites mouches volant dans un bourdonnement lancinant entouraient les cinq disparus. Darhn jaillit brusquement du buisson épineux, dans un cri de rage et brandissant sa hache aussi célèbre que sézig, la tranchante Géraldine. Caché dans son buisson, la chaleur agréable qui coulait entre les jambes de Yenluk ne l’indisposa aucunement. Il vivait encore une fois, un miracle. Darhn dansait plus qu’il ne combattait, tranchant de-ci de –là, les ombres des anciens compatriotes de Yenluk tombaient en morceau, s’éparpillant dans un nuage de mouches. Le combat sembla durer une éternité, alors qu’en faite, il fut expédié par Darhn en moins de cinq minutes.

Le pathétique soleil matinal pointait le bout de ses rayons sur le champ de bataille où gisaient les différentes parties de cadavres des cinq Zombis sur le sol spongieux. Aussitôt les mouches comme dirigées par une volonté propre, formèrent un gros essaim compact et prirent la direction de la Forêt Sombre.

Yenluk les regarda s’éloigner avec un frisson de terreur. Il lança un regard sur Darhn, lequel était penché au-dessus de l’enveloppe vide, tel un costum’d’édgar qui avait été le corps de Jolanda. Il ne restait que quelques morceaux de chair encore accrochés à l’intérieur sur la peau et les os mais, il manquait tout les organes. Yenluk fut horrifié lorsqu’il reconnu les membres disparus de sa communauté, sa Meuf Jolanda, Gry le cueilleur, le jeune Michla et deux autres Muto’s dont il ne se souvenait pas du nom. Il bafouilla tout tremblant :

-Mais, mais c’est quoi ces trucs ?

Darhn gronda. Il ralluma son cigare et jeta un regard sombre vers la forêt.

-Viens ! On rentre. Dit-il à Yenluk.

Le retour au village se fit dans le plus grand des silences. Darhn réfléchissait et Yenluk cauchemardait. Ils retrouvèrent Zargol, tout sourire aux lèvres, au milieu d’une discussion entre deux jeunes Meuf’s de la communauté.

La conversation était animée, par les cris hystériques de l’une d’entre elles, qui reprochait aux autres d’avoir passées plus de temps en compagnie de Maistre Zargol. Yenluk reconnu la farouche Ginah, forte par la corpulence, forte par le caractère et puissante dans la voix, elle n’accordait ses faveurs que très rarement et pas à n’importe qui. Cela avait été un léger problème de par le temps, lorsque la coutume voulait que les étrangers de passage, renouvellent le génome de la communauté et que sa double paire de seins, attisait le désir de tout Hom normalement constitué, où non ! Ginah faisait face à sa rivale en la personne de Moche la …Bin la Moche, une Muto’s courte sur pattes avec une peau grise et des cheveux clairsemés, qui avait beaucoup plus de mal à servir au génome du village. Moche avait l’avantage de connaitre les plantes soignantes et était assez rigolote pour rester au sein de la communauté.

Sachant toute l’attention qui lui était portée, Zargol quitta, un arc de cercle joyeusement dessiné sur les lèvres, les deux mégères avant qu’elles n’en arrivent aux mains. Il s’avança dans leur direction, prêt à conter ses exploits amoureux. Il perdit le sourire en voyant l’air sombre qui embaumait de son puissant ami. Darhn se rendit directement dans la salle commune, suivit de peu par Yenluk et Zargol.

-Arf ! Les Mouches et la puanteur… Grommelait-il à lui-même une fois à l’intérieur.

Zargol s’assit en bout de table et interrogea Yenluk du regard. Celui-ci trembla en repensant à ce qu’ils avaient vus dans le champ de Racines Bleues et ce n’était en rien, euphorisant ! L’Hom retenait, inconsciemment, sa respiration et cherchant ses mots, dit :

-Des Zombis ! Des Zombis, des putains de Zombis remplis à ras bord de putains de Mouches. Yenluk, passant sur les litres de pisse déversés sur ses jambes, raconta en détail les événements passés au cours de son aventure en compagnie du Géant, du héro, Darhn le magnifique. Écoutant attentivement le récit, le visage de Zargol s’assombrissait de plus en plus. Il jetait des regards inquiets vers Darhn farfouillant dans son barda à la recherche d’un quelconque objet mystérieux pour Yenluk.

La cinquantaine de Bouzgnards réunit sur la place centrale de la petite communauté, devant la salle du conseil, écoutait attentivement Yenluk, donner des instructions afin de combattre les Mouches. Selon les directives de Zargol, ils devaient dresser de grand tas d’Herbes poisseuses, plante malodorante que l’on trouvait auprès des tombes et charniers et y mettre le feu. Leur pouvoir nauséabond pouvait chasser le plus affamé des prédateurs, alors des mouches. Darhn avait encore disparu. Yenluk ne l’avait plus vu depuis la veille, lors de leur rapatriement au village. Il s’interrogea un instant sur l’absence du visage de Ginah La Farouche parmi la foule. Zargol se tenait prêt de lui et soufflait de temps à autre, des phrases choc permettant de motiver l’assistance.

Les feux nauséabonds brûlaient depuis la veille, alimentés par quelques courageux montants une garde nocturne, chassant les nombreux insectes qui pullulaient dans l’amas de maisons de Bapome. Yenluk avait passé la nuit en compagnie de Moche pour oublier l’absence et le triste sort subit par Jolanda.

Au matin, l’esprit empli d’amertume, Yenluk sortit rejoindre ses sauveurs à l’orée du village. Il savait qu’ils allaient risquer leur vie. Il n’avait aucune idée de ce qui les attentait mais avait une confiance aveugle en la puissance de Darhn. Ils prirent le chemin menant vers la Forêt Sombre sous les vivats des Muto’s et les regards langoureux des nombreuses Meuf’s de la communauté.

Au troisième cycle, ils entrèrent dans la Forêt Sombre, non loin de la bataille antérieure. Étrangement, les restes des Zombis vides, traînaient encore au milieu du champ dans les vapeurs des Racines Bleues. Comme si les charognards avaient évités l’endroit et l’occasion de faire un repas sans risque. La Forêt Sombre portait bien son nom, comme tant d’autres lieux dangereux, pour ce qui était des noms à consonance terrible, les gens étaient pragmatiques. Il est toujours plus parlant, de donner un nom simple et direct pour désigner une zone, et d’y décrire les dangers que l’on allait surement devoir affronter que de sortir des noms fleuris sans aucun rapport. Question de survie !

Les conséquences de leur intrusion au cœur de la forêt, seulement troublées par le bourdonnement des essaims de mouches qui les assaillaient sans relâche, furent une difficulté à suivre un chemin hypothétique et une irritabilité exacerbée. Darhn avançait en tête du cortège, slalomant entre les arbres tordus, taillant à la hache les plus entravant. Yenluk suivait, serrant inutilement dans ses mains, le gourdin que lui avait donné son héro. Zargol fermait la marche, agitant autour de lui un brasero qui diffusait l’odeur poisseuse des Herbes, ostracisant à l’écart les indésirables volants. La nuit tombait dans la Forêt Sombre, avec autant de célérité que la charge d’un Néléphan gagné par la panique.

Yenluk n’avait dit que peu de mots au cours du voyage, même le bavard Zargol semblait avoir tari le flot de ses histoires. L’attitude sombre et silencieuse du Géant, inquiétait plus qu’elle ne rassurait Yenluk. Le premier bivouac au cœur de la Forêt Sombre avait été souligné par un manque de sommeil. Les rares instants passés à dormir étaient interrompus par d’horribles cauchemars et le bourdonnement insupportable des essaims d’insectes.

Au milieu du deuxième cycle, ils n’avaient avancé que de quelques centaines de Brasses, tant la flore enchevêtrée s’avérait récalcitrante à faciliter leur avancée. La Forêt Sombre était vide de toute faune, laissant un silence mortel flotter autour d’eux. Pourtant la vie devait avoir festoyée en ces lieux, au vu des nombreux ossements qui avaient craqué sous leurs bottes tout du long de leur trajet.

Soudain, brisant le silence oppressant et venant d’après le sommet d’un gros monticule de terre, un orchestre de râles, de grognements et de bourdonnements firent tressaillir Yenluk, jusque dans son fondement. Darhn stoppa immédiatement sur place et jeta un regard dans la direction d’où se faisait entendre l’horrible évidence. Les Mouches et les Zombis arrivaient droit sur les trois intrus. Caché derrière un arbre dénudé, la goutte coupable laissant une autre petite tache dans ses chausses, Yenluk regardait Darhn et Zargol qui rampaient vers le sommet de la butte. Le temps ralenti, comme la respiration du couard qui ne fut sauvé de l’asphyxie, que par le geste de la main de Zargol, lui intimant de les rejoindre au plus vite et surtout sans le moindre bruit.

La clairière faiblement éclairée par les rayons solaire arrivant à percer le toit feuillu des arbres, grouillait de vie. Enfin pas vraiment de vie comme on l’entend d’habitude mais plutôt elle grouillait d’une vingtaine de Zombis de toute sorte qui se balançaient sur place dans une danse monotone sur une musique jouée par les millions d’ailes des trop nombreuses mouches réunies dans un monstrueux nuage dévoreur de chairs. Yenluk reconnu un pauvre habitant disparu parmi d’autres Y’mains, venant probablement d’autres communautés et de quelques bestioles plus où moins hostiles qui formait le troupeau macabre. Un trou béant, large comme un Buffle sauvage, ouvrait sa gueule morbide sur les profondeurs de la terre. Le spectacle était saisissant et horriblement cauchemardesque pour les trois Hom’s.

Darhn se redressa de toute sa stature, il alluma un cigare de Canah, souffla la fumée en direction de la multitude. Yenluk y vit une image mystique que rien ne pourrait enlever de sa mémoire. La légende ne disait pas la vérité sur le Géant. Darhn était bien en dessus des histoires colportées de par le monde. Un mouvement secoua toutes les créatures. Les enveloppes charnelles utilisées par les mouches afin de posséder un semblant de forme Y’umaine, se tournèrent d’un bloc coordonné vers le Géant. Elles se mirent en marche dans leur direction, ce qui faisait grave flipper Yenluk et pisser dans son froc de peur aussi. Zargol, quand à lui semblait serein, ayant entière confiance en son ami. Les sacs de mouches animés de mauvaises intentions se trouvaient maintenant à quelques dizaines de pas de leur groupe de survivants.

Darhn ne bronchait pas, il tenait dans sa main gauche, une Géraldine impatiente de verser le sang et dans sa main droite, ce qui ressemblait à deux gros œufs métalliques. L’essaim avançait inexorablement vers ses nouvelles victimes potentielles. Darhn mordit dans les œufs et dans un klang métallique fit sauter deux languettes qui tombèrent à ses pieds. Zargol montra l’exemple en se couchant contre le sol de la Forêt Sombre. Darhn lança négligemment les deux œufs au milieu de la horde bourdonnante. Ils rebondirent plusieurs fois avant de s’arrêter dans un léger roulement. Yenluk fusionné avec le sol attendait. Il releva la tête par curiosité et ne compris pas immédiatement l’énorme souffle de feu qui lui balaya le visage, suivit du déchirement de tonnerre qui lui fit saigner les oreilles. Les bourdonnements ne venaient pas des insectes mais de l’intérieur de son crane. La poussière projetée par l’explosion lui brûlait les yeux et dans un flot ininterrompu de larmes, il se redressa. Debout au côté du héro, Yenluk contemplait ce qui restait de la horde bourdonnante. Les corps des différents Zombis brûlaient sur place, dans un cercle de feu aussi large que la zone couverte à la base par les créatures mangeuses de chairs. Rien ne vivait encore, l’odeur de grillade perdait de sa saveur lorsqu’on connaissait la provenance de la viande. Yenluk faillit vomir, il ravala sa bile mais ne pu contenir la goutte acre qui tachait ses sous-vêtements devant un tel spectacle horrifiant. Zargol posa une main rassurante sur l’épaule tremblante de Yenluk dans un moment où il en avait le plus besoin.

La majestueuse silhouette du Géant surplombait Yenluk et sa couardise. Il n’avait pas bougé, tirant toujours sur son cigare, les yeux braqués sur le trou béant d’où s’échappait une fumée noire. Le crépitement des mouches craquant sous l’effet de la chaleur occasionnée par l’explosion des deux œufs métalliques balancés pour déclencher un enfer de flammes, agaçait les oreilles de Yenluk. Un bourdonnement, bien plus fort que le précédant, résonna entre les claquements des os brûlés. Une mouche difforme, mélange d’insecte et de Y’main, grosse comme un Gro’dog, s’extirpa lentement du trou et voleta faiblement au dessus de son nid souterrain.

Zargol poussa un soupir de surprise et Yenluk laissa échapper un pet dérangeant de frayeur. Darhn écrasa, sous sa lourde botte coquée, le mégot de son cigare euphorisant. Il balança d’un geste brusque et précis, sa compagne fidele en direction de la chose fumante. Yenluk voyait au ralenti, les arcs de cercles formés par le vol gracieux de Géraldine qui vint se planter dans l’arbre le plus proche, non sans avoir au préalable, tranché en deux morceaux agonisants séparément, la bestiole ailée responsable de tous les malheurs subit par sa communauté. Pendant que Yenluk reprenait ses esprits, Darhn avait récupéré sa fidèle amie enchâssée dans le bois dur qui composait les arbres de la Forêt Sombre. Zargol faisait les poches des victimes et récupérait ce qui pouvait l’être afin d’y trouver encore, une quelconque utilité.

Portant un nouveau cigare de Canah à ses lèvres, Darhn se mit immédiatement en route, direction le village de Bouzgnards.

Les quelques cycles suivant leur retour triomphale, passèrent beaucoup trop vite au gout de Yenluk. Le Grand héro et son compagnon avaient reçu, des mains du conseil, le peu de Rondelles qu’ils avaient encore en leur possession. Ils avaient aussi grandement contribué, au renouvellement du génome de la communauté. Et Yenluk sentait leur départ imminent, cela le rendait triste mais il comprenait que Darhn était attendu ailleurs. D’autres avaient certainement besoin de lui et son compagnon, le Grand Zargol avait une légende à propager.

Yenluk avait prévu quelques festivités pour souhaiter un bon voyage à ses nouveaux amis. Il avait organisé en cachette, une petite fête d’adieu afin de montrer tout l’honneur qu’il avait eu à partager cette aventure mémorable auprès de son héro. Les Bouzgnards Muto’s l’accompagnèrent devant la salle du conseil. Il se dirigea d’un pas assuré vers l’intérieur de la bicoque et n’y trouva personne. La salle était vide, aucunes traces de Darhn et Zargol. Ils avaient quittés les lieux dans l’anonymat le plus total. Un sourire satisfait et un petit pincement au cœur, l’accompagnèrent lorsqu’il ressortit pour faire face à ses Con-citoyens. Aussi longtemps qu’il vivrait, il raconterait l’histoire vécue. Ainsi perdurerait à travers le temps, le mythe du Géant.

Témoignage préconçu et subjectif…

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Mise en avant

« Attentat, attention »

Un léger brouhaha couvrait la salle de bal, pleine à craquer des invités au mariage. Tout le gratin était là, famille, hommes politiques, acteurs ringards et autres pin-up éméchées, tous travestis en grandes pompes pour l’occasion. Du costume tape à l’œil, aux robes de soirées trop peu fournies en tissus, en passant par les vêtements de location, en noir et blanc, comme une partie d’échec chaotique.

Les convives arpentaient la grande salle de bal, sous l’œil scrutateur des agents de sécurité. Les journalistes, envoyés par leur rédactions pour couvrir l’événement, se massaient tel des hyènes autour du buffet (gratuit) qui était mis à leur disposition. L’orchestre loué pour l’occasion, jouait sans grande conviction la Play liste donnée par le tonton de la mariée. Les maîtres d’hôtel jouaient une partition silencieuse d’un geste du menton, indiquant aux serveuses et serveurs, les taches à effectuer. Le champagne coulait outrageusement, noyant dans l’ivresse tout ce beau monde.

La famille de la mariée possédait du sang royal dans les veines et s’acquittait d’une grande fortune. Mariage pompeux pour une grande famille influente, réactionnaire au possible, conformiste à l’excès mais qui avait accueillie en son sein, à la surprise générale, un pauvre roturier en la personne de Jean-Luc Smykard, 43 ans, petit, moche et surtout sans emploi. L’Amour et ses mystères, avaient frappés la fille unique et seule héritière, à grand coup de foudre pour un simple péon. Les médias, l’avaient traqué, jour et nuit. Rien n’y avait échappé, ni le bistro où il traînait, ni son petit TLM (Taudis à Loyer Mirobolant). Aussitôt le poste privilégié, de conseillé du Président de la République, du père de la mariée avait fait les choux gras de nombreux quotidiens à l’internationale. La photo violée au couple d’amoureux, lors d’un repas romantique dans un petit restaurant discret, nommé –Chez Flu’ch-, et avait aussitôt enflammée le monde entier et tous maintenant, attendaient, retenant leur souffle, l’arrivée des nouveaux époux pour le Bal.

A l’abri des regards, adossés contre un mur, dans un coin du grand salon, l’homme portait un costume noir bon marché et il scrutait les invités d’un œil inquisiteur. Il avait refusé à plusieurs reprises, la coupe de champagne proposé par le personnel en extra. Il attendait le bon moment.

Son plan était parfait. La ceinture lui serrait un peu trop le ventre mais rien ne l’arrêterait. Il avait, avant de venir, fumé un où deux pétards pour lui donner du courage. La tête lui tournait et il transpirait à grosse goute mais rien m’empêcherait, après une semaine de préparation, ce qui devait arriver. Sa vengeance serrait terrible.

Apres distribution de quelques hectolitres de Champagne et remontant la salle comme un tsunami, une rumeur annonçant l’arrivé des mariés parvint aux oreilles de l’homme en noir et de l’assemblée. Les gens se massèrent vers l’entrée de la salle comme des porcelets aux mamelles de leur mère. Il sourit d’un sourire carnassier, qui fit sursauter une Bimbo pompette qui passait près de lui. Les applaudissements remplacèrent les mélodies somnolentes de l’orchestre, précédant l’entrée dans les lieux pour le couple, star de l’événement. Il se décolla du mur et fendit d’un bon pas, la foule en direction du centre d’intérêt collectif. Il bouscula, sans vergogne une petite grand-mère trop maquillée et fonça vers l’homme heureux qui pinçait des pognes avec un grand bonheur. Plus il se rapprochait de sa cible, plus son estomac gargouillait, plus il jubilait. Plus il jubilait, plus son estomac grognait…

Le marié paradait au côté de sa riche épouse, un timide rictus dessiné sur ses lèvres, devant une tripotés d’inconnu(e)s à qui, il se devait de leur toucher les paluches. Il ne pensait qu’à la bonne bière et la nuit de noce à venir. Dans la cohue des compliments hypocrites et le crépitement des flashs, il remarqua l’homme en noir fendre la foule droit vers lui. Il fronça son mono sourcil et sourit à pleine dents, lorsqu’il reconnu l’individu. L’homme semblait tirer quelque chose au niveau de la ceinture et celui-ci hurla de tous ses poumons, un :

-ALLEZ TOUS AU BAR !!!!

Le marié ne réagit pas immédiatement et se pris, ainsi que les quelques dizaine de personnes pressées autour du couple star, dans un premier temps, l’énorme vent malodorant :

-PRRRROOOOUUUUUUTTTTTTTttt pfffff !!!!! Lâché par l’homme en noir qui venait de détacher sa ceinture de pantalon, d’un geste vif et pervers.

Et dans un second temps, l’odeur pestilentielle d’un pet contenu, digne d’Éole. Exclusivement composé d’une semaine de fayots et choux fermentés, arrosés de litres de bière, qui dévasta instantanément, les facultés olfactives de tout ce beau monde, et ce pour plusieurs semaines. Quelques uns racontèrent bien plus tard, avoir eus les yeux qui piquent.

Le rire gras du marié, couvert par celui de son ami de bistrot, résonnait dans le silence d’hécatombe qui se faisait entendre dans la salle de bal. Entre deux sanglot-rires, il se tourna vers l’homme et dit :

-T’es con, Dédé, pas à mon mariage, t’es vraiment trop con…Mouhahahaha !!!

The End

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Mise en avant

« Ortau Grafe »

La sonnerie retentit, annonciatrice du colis tant attendu. Sa commande avait été passée, il y a maintenant une dizaine de jours et l’impatience le gagnait de plus en plus. Il n’avait guère confiance aux achats sur le net, mais il venait d’épuiser son stock. La sonnette retentit de nouveau. L’auteur enfila, vite fait un jean et descendit les trois étages de son immeuble. Il ne prit pas l’ascenseur, de peur de rater le coursier et de devoir récupérer son achat, au centre de colis de son quartier.

Une petite signature et le colis en main, il entreprit de remonter à pieds jusqu’au troisième. Il referma la porte de son domicile derrière lui, un grand sourire sur les lèvres.

Dix jours d’impatience et enfin sa commande était arrivée, comblant le manque de matière.

Il déballa fébrilement son paquet et fut surpris par sa petite taille. L’emballage était bien fait et le prix raisonnable, ainsi que les critiques positives sur le forum du site « Orthographe & Bons Mots », l’avait décidé dans son achat.

Ouvrant enfin, l’enveloppe contenant le lot de « Fotes d’Ortau Grafe », l’auteur jubilait de plaisir.

Reprenant place devant son ordinateur, il reprit l’écriture de ses histoires débiles.

L’aksidan survain bruskeman laursqueu, d’in cou de coude dan le saque de fote d’Ortau Grafe, ile ranvairsa son quontenu sure laurdinateur quom on ranvairsse une tass deu quafai. Loteur raga, ceu dizan quil navet pad eu deu chensse, degea quil neu lui raistai queu pe deu ponctuassion pour finir son text. Raaaa, Staupan laurdinateur, ile neu repri queu leu landemin.

Ses finni

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Mise en avant

« Con-quête Spatiale »

Vassili Aleksandr Badassinov était curieux, énormément curieux. Cette curiosité l’avait menée la où il était, à regarder par le hublot, la Terre qui lui offrait le plus merveilleux des spectacles. Un feu d’artifice pour l’esprit et un moment de joie devant la vision magnifique du berceau de l’humanité. L’instant fut merveilleux et regrettable…

Vassili avait attendu ce moment toute sa vie. Les exploits réalisés par ses prédécesseurs, Youri Gagarine, Valentina Vladimirovna Terechkova, Laïka et tant d’autres héros, avaient bercé son enfance. Depuis ce jour, en 1957 où petit garçon, assis devant la télévision familiale dans sa Sibérie natale, il avait assisté au lancement de Spoutnik 1. Vassili avait décidé à ce moment précis de son avenir, il serait Cosmonaute.

Et rien ne pouvait présager qu’il réussirait à entrer dans la prestigieuse « Samara National Research University» pour y faire de hautes études en ingénierie spatiale. Personne, dans son petit village n’aurait cru qu’il s’envolerait, trente cinq ans plus tard, pour l’espace et la gloire. Même lui avait été assaillit par le doute à de nombreuses reprises. Sa femme Yevpraksiya, qui ne l’était pas encore à l’époque, l’avait soutenue à chaque instant. La curiosité dont faisait preuve Vassili était son moteur, apprendre, son carburant. Alors il avait travaillé dur pendant de nombreuses années, pour atteindre son but.

Il avait obtenu deux doctorats en Astrophysique et en Ingénierie supérieur. Ses résultats, comme pilote du prestigieux Mikoyan-Gourevitch (MiG-23), dépassaient le meilleur des pilotes Américains, en de nombreux points. Vassili attendait depuis longtemps de pouvoir, un jour rejoindre les étoiles et le panthéon des héros de la patrie. Son parcourt atypique, avait attisé l’intérêt du grand Mstislav Vsevolodovitch Keldych, mathématicien de génie et coordinateur du projet Luna, qui l’avait intégré au projet.

De nombreuses années de recherche et un entrainement intensif, préparèrent Vassili Aleksandr Badassinov à l’accomplissement de son rêve. Il reçu, un beau matin hivernal, le courrier tant attendu, estampillé d’un « TOP-SECRET » à l’encre rouge. Son cœur s’emballait à chacune des lignes parcourues, annonçant son départ pour l’espace dans les deux prochaines années. Beaucoup de candidats, aussi talentueux que lui, subirent un entrainement drastique, mais sa soif d’espace et une fidélité sans faille pour la cause, l’emportèrent sur tous les autres.

Les Américains avaient réussies à se poser sur la Lune mais ils s’en étaient aussitôt désintéressés, pour ne faire tourner qu’en rond autour de la Terre, leurs astronautes. Quelles pertes de temps et d’argent, pensa Vassili en souriant. Mais cet exploit des capitalistes, avait chamboulés les plans de l’état-major. Le projet Luna fut compromis et faillit être abandonné. Heureusement pour la curiosité de Vassili et pour la gloire de la nation, un haut responsable mit en route le projet secret : Luna II, dont faisait maintenant parti Vassili Aleksandr Badassinov.

La construction en secret et la mise en orbite, de la station MIR II, avait pris une quinzaine d’années. Le revêtement spéciale qui couvrait la carlingue et qui devait rendre invisible à toute technologie la station, avait été un succès sans précédent.

Enfin, après quelques difficultés minimes et plusieurs jours de voyage, il était confortablement installé devant le hublot de la station MIR II, en orbite géostationnaire autour de la Lune, à regarder sa magnifique planète natale. Le décollage avait été beaucoup plus brusque qu’il n’en avait rêvé toute sa vie, mais vraiment plaissant. La sortie de l’attraction terrestre l’avait libéré d’un poids qu’il semblait porter depuis toujours. Il était libre. Libre des contraintes du monde, libre d’être se qu’il voulait depuis toujours, libre d’écrire son nom dans l’histoire de la conquête spatiale.

Le moment de prendre le relais de son compatriote Zergeï Yakov Bolossinov dans la station ultra-secrète MIR II, avait rempli de joie les deux cosmonautes. L’un retournant sur Terre après deux ans en total isolement, et l’autre assouvissant sa curiosité et ses rêves d’enfant. Après le verre de vodka traditionnel et selon le protocole prévu, Zergeï donna les instructions quand au bon fonctionnement de la station. Ils ne passeraient que très peu de temps ensemble, quelques heures tout au plus et suite au départ de Zergeï, Vassili se retrouverait seul, pendant deux années, sans contacts radios avec la Terre. Son quotidien, fait d’expériences et de découvertes, devrait lui apporter de nombres aventures à raconter plus tard et faire de lui, un héro de la nation.

Vassili jubilait et enfin seul, il s’installa devant le hublot panoramique, où il regardait la Terre, les yeux remplient de larmes de joies. Il connaissait par cœur le moindre détail de la station MIR II, ayant participé à sa conception et ne compris pas vraiment ce que lui disait son compatriote qui s’éloignait dans la capsule de retour. Les enceintes recrachèrent, dans le poste de commandement, la dernière phrase de Zergeï :

-Camarade CCCRRRrrrrr, n’oublies pas CCCRRRrrr. Ne CCrrr touCCCCRRRrrr p… CCCRRrrr au bouCRrrr bl…CCCRRRrrrr…RisCCCrrr desCCCRRRrrr de la CCRRRre….Bon CouCCCRRRrrrr.

Vassili ne fit guère attention au propos de son prédécesseur, tellement absorbé par la beauté du spectacle. La Terre commençait à disparaître sur l’horizon de la Lune, forçant Vassili à coller son visage contre le verre de quartz. Il ne voulait pas interrompre cet instant magique. Alors, flottant en gravité artificielle, il se dirigea vers le poste de commande afin de donner un petit coup de pouce au destin en réalignant légèrement la station. Il ne voulait rater aucunes de chaque secondes de son rêve éveillé.

Devant le tableau de bord, il appuya sur plusieurs boutons, donnant de petits à-coups des réacteurs d’appoint ramenant la station dans un meilleur angle de vue. La Terre se redessina dans le hublot, rendant la joie éprouvée à Vassili.

Cela faisait maintenant quatre mois qu’il avait pris possession de la station, organisant ses taches avec minuties. Son programme était de préparer l’installation au long terme d’une colonie sur la Lune. Sa mission se devait d’être secrète, surtout pour éviter l’ingérence des Etats-Unis et autres pays dans le déroulement du plan de colonisation lunaire. D’autant plus que les tensions internationales entre sa patrie et le reste du monde prenaient une direction inquiétante. Les derniers mots lancés par Zergeï résonnaient parfois dans sa tête mais les taches quotidiennes, lui prenaient tout son temps.

Vassili avait d’autres soucis, il avait découvert un bouton inconnu de lui. Il avait pourtant participé à l’élaboration de la station et même dans les dossiers techniques, aucunes fiches ne donnaient d’informations quand à l’utilisation de ce bouton bleu. Zergeï, lui avait dit quelque chose à propos d’un bouton, mais Vassili n’était pas sur d’avoir bien entendu. Chaque jour passé, n’avait fait qu’attiser sa curiosité, oubliant de temps en temps quelques expériences secondaires, dans la recherche et la résolution du mystère qui le hantait.

Le quatre cent cinquante septième jour de sa présence sur la station, commença par le réveil douloureux de Vassili. Il bailla et se gratta la barbe qui lui démangeait le menton. Il urina dans son scaphandre et volant à travers la section recherche, il se dirigea vers la soute afin de reprendre ses recherches sur le mystérieux bouton qui lui mangeait l’esprit depuis si longtemps. Plusieurs fois, il avait pensé appuyer dessus, mais la peur d’une autodestruction l’avait jusqu’à présent retenue. Vassili avait démonté une grande partie de la station, du poste de commandement, en passant par la zone d’accostage, abandonnant petit à petit le but de sa mission et son hygiène corporelle, par la même occasion.

Seuls tournaient encore quelques parties des éléments vitaux, les recycleurs d’air et d’eau, une partie du réacteur nucléaire et quelques lumières avaient échappés au désossage de MIR II. Maintenant, il devait s’attaquer aux soutes, suivre les câbles qui partaient de l’étrange bouton vers une destination inconnue au cœur de son antre spatiale.

Le cosmonaute repoussa d’une main crasseuse les pièces électroniques démontées, qui dansaient un ballet vertigineux, dans les couloirs de la station. Vassili s’accrochait aux barreaux de l’échelle menant aux soutes lorsqu’il, regardant l’état délabré des lieux, décida d’en finir avec tout ça. Il n’en pouvait plus, la curiosité qui le faisait avancer autrefois, le rongeait de l’intérieur, il se rendait compte de sa folie.

Vassili Aleksandr Badassinov, remonta à grande vitesse les coursives, en direction du poste central. Il flottait comme dans un rêve, avançant droit vers son but. Le tableau de bord complètement démonté trônait au milieu de la petite pièce où le mystérieux bouton lui riait au nez. Il regarda en direction de l’horizon, par le hublot panoramique, le levé magnifique de Terre et sans réfléchir appuya sur le bouton, assouvissant des mois de curiosité.

Rien ne se passa. Vassili enfonça plusieurs fois le bouton. Rien, absolument rien. Pas un cliquetis, rien. Non ! Pensa-t-il.

-Non, ce n’est pas possible…Je suis devenu fou où alors ? Où alors, c’est un test pour voir si je suis capable d’aller sur la Lune….Non… Il y a surement un truc…. Cria-t-il dans le silence environnant, du vide spatial…

Dans son désespoir, il lui fallut plusieurs minutes, avant de voir les petits clignotements lumineux venant de l’extérieur, qui imprimaient son ombre sur les parois du poste de commandement. Il tourna la tête vers le hublot et fronça les sourcils. De tout petits éclairs apparaissaient sur la surface de la Terre. Il voleta vers la seule vue extérieur qu’il avait et colla son visage sur la vitre comme pour mieux voir. Les impacts des armes nucléaires, tachant la surface magnifique de la Terre, donnaient à Vassili un spectacle horriblement merveilleux. Ses lèvres tremblaient encore, quand le sel de ses larmes coula dessus. Il ne comprenait pas se qu’il voyait.

– Non, noooon, ce n’est pas possible, ce n’est pas vrai.

Son cri de désespoir se transforma en hurlement de folie, quand lui revint en mémoire, les mots prononcés par Zergeï, lors de son départ :

-Camarade, n’oublies pas. Ne touches pas au bouton bleu…Risque de destruction de la Terre….Bon Courage.

конец.

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Mise en avant

« I’got the power »

Enfin seul !

Un soupir de soulagement accompagna le mouvement d’air occasionné par la porte qui claquait dans le dos de l’Empereur. L’entrée dans son antre mis un terme à l’angoisse qui lui tenaillait l’estomac depuis le matin. C’était une petite pièce, mal arrangée mais c’était son havre de paix. Le seul endroit ou rien ne pouvait l’arrêter, où les turpitudes extérieures n’avaient aucunes importances.

Il prit place devant son tableau de bord, s’affalant sur son « trône », là où il dirigeait d’une poigne de fer, son empire intergalactique. Lui, Nivek 1er, Empereur tout puissant de l’Empire Intergalactique de Bootleg avait d’autres Chats à débusquer.

-Merde, pensa-t-il. J’ai toute une populace à satisfaire, des rebelles à combattre. Merde, font chier…

Il rageait encore, en entrant ses codes secrets sur l’écran de connexion. L’apparition de la carte tactique, où se déplaçaient ses flottes de guerres, le calma instantanément.

Son plan machiavélique fonctionnait, grâce à ses manœuvres diplomatiques et militaires, il allait mettre fin aux attaques rebelles et ainsi, imposer son hégémonie sur la galaxie. Les autres n’avaient qu’à bien se tenir. Apres tout, il avait mérité son trône, à la force de ses manigances, vainquant un à un, tous ses adversaires. Un travail de longue haleine pour prendre le pouvoir, deux années à gravir les échelons. Et rien ne l’empêcherait d’atteindre son but. Rien, sauf que…

-Faut faire si, allé là…. Tous des cons. Quelle journée de merde, grogna t’il en repensant au déroulé de la journée qui avait été longue, trop longue à son goût.

Il ne supportait plus la compagnie des autres, n’aspirant qu’à la paix, m’enfin à la guerre selon son plan. Tous les imbéciles de son entourage, attendaient beaucoup trop de choses de lui et ne voyaient pas le danger fondre sur son empire. Son crétin de père ne regardait pas plus loin que sous les jupes de sa perceptrice. Son débile de frère ne pensait qu’à sculpter son corps et sa sœur idiote faisait courir toute une foule de C’rétentants, après une promesse de virginité hypothétique. Mais la pire, au delà des autres abrutis de son univers était sa génitrice. Elle avait le chic pour lui pourrir la vie et ce jour là, tout commença de bonne heure, lorsque la Reine-Mère tyrannique déboula dans la chambre impériale, mettant un terme à ses rêves de victoires.

Comme d’habitude, les charges matinales furent rapidement expédiées, le bain, les doléances familiales, le petit déjeuner, puis le départ pour les taches quotidiennes et obligatoires. Une corvée donc l’Empereur devait s’acquitter, s’il voulait obtenir son moment privilégié et mettre fin aux rebelles. Toute la journée il avait écouté, sans vraiment les entendre, toute une tripotée d’absurdes guignols décidant pour lui, sans lui demander son avis. Il n’aspirait qu’au retour dans son fief, et prendre le contrôle de l’univers.

Assis devant son centre de contrôle, il piocha dans les restes de son repas de la veille, un morceau de volaille froide et bu une gorgée de jus de fruit tiède. Cela faisait maintenant deux heures, qu’il donnait ses directives et que ses officiers exécutaient, ses ordres et les populations adverses. Le Congloméra de la Silvemoon, sorte de limaces de l’espace, n’avait pas vu venir la trahison qu’il avait mis sur pied depuis au moins un an. Il avait, sous un prétexte bidon, demandé l’autorisation de faire entrer ses flottes sur leur territoire. Grace à cette alliance, il avait éradiqué les autres empires et autres royaumes. Maintenant venait le tour des limaces de l’espace. Ils avaient acceptés sa stratégie, contre quelques crédits, ce qui avait précipité leur perte, les cons pensa l’Empereur Nivek. L’attaque fut brutale, sans pitié pour les planètes conquises. Bombardements orbitaux et purges systématiques des habitants, accompagnaient l’avancement de ses troupes.

La victoire était proche pour l’Empire Intergalactique de Bootleg, il pouvait être fier de lui. Deux ans à comploter, à tricher et enfin atteindre le but ultime qu’il s’était donné. Son premier essai avait été un échec cuisant. Obligé de recommencer du début, re-gravir les échelons, vaincre et pour cela marcher sur la tête de ceux qui se trouvaient sur sa route, s’il le fallait. Le monde autour de lui en était le meilleur exemple.

L’Empereur Nivek 1er du nom, était petit de taille, servant de défouloir à sa famille, mais il était doté d’une intelligence hors du commun. Il avait appris la fourberie à défaut de la force brute. Et maintenant, il allait prouver au monde sa puissance incommensurable…

-Mouhahahahahah !!! Mouhaha… Hein ?

………….….¤………….….

L’écran de l’ordinateur s’éteint brusquement, remplaçant l’espace intergalactique par le noir sans fond du grand vide de son esprit. Il ne réagit pas tout de suite lorsque la porte de la chambre s’ouvrit aussi brusquement sur une mère furibonde, et qu’une lumière aveuglante ne lui éclate les rétines. Énormément de temps passé après l’école sans que personnes ne l’emmerde.

Pourquoi aujourd’hui, la victoire était si proche… Les cris du démon maternel qui venait de détruire deux longues années de combats acharnés devant son ordinateur, n’arrivaient pas à traverser les méandres de son interrogation. Elle tenait encore à la main, la prise électrique synonyme d’extinction de masse pour son peuple. Il retira le casque vissé sur ses oreilles qui couvrait une partie des mots que sa mère répétait en boucle. :

-Kevin ! Encore devant ton jeu à la con. Tu as fais tes devoirs ? Tu as 8 ans, tu es encore un enfant, tu devrais jouer à des trucs de ton âge. Répond moi, quand je te parle. Kevin, ton père et moi, on s’inquiète. Alors stop, il est 7h, va te laver les mains, on passe à table dans 10 mn. Et arrête avec tes jeux.

-Mais M’man, grogna Kevin, Empereur de l’Empire Intergalactique de Bootleg, en se levant pour rejoindre le salon familial d’une petite banlieue insipide.

Fin

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Mise en avant

« Les Mouches Tachent »

La petite communauté de Bouzgnards Muto’s avait accueilli à triples bras, les deux héros. Darhn et Zargol étaient venus à la demande du Maistre de la communauté, Yenluk. Ceux-ci avaient besoin d’aide et la récompense était alléchante. De quoi décider le Géant à repartir à l’aventure.
Maistre Yenluk était parti à la recherche d’une aide salvatrice. Le courageux bonhomme, avait même risqué sa vie pour retrouver le grand Darhn, dont tous les faibles connaissaient les exploits.
Sa petite communauté était installée en dehors des chemins plus ou moins sûrs et vivotait de l’extraction de Pierres Noires. La proximité du Gouffre de Lil ‘, n’en fessait pas un lieu parfait, mais c’était le seul endroit où il était supporté par les autres. Avec le temps, Yenluk avait commencé à les aimer, Ses Consanguins.

Malheureusement, il y a quelques cycles, la disparition d’une enfant du village avait bouleversé les quelques familles sous son jou…heu, son aile… Même si c’était chose fréquente dans le monde pourri laissé par les Anciens, que de perdre un membre de sa communauté. Il était de son devoir de protéger ses ouailles. Mais ce n’était que la première, d’autres s’évaporèrent dans la nature hostile, en un nombre grandissant. Huit disparitions en deux cycles et trois autres personnes s’étaient volatilisés le même jour, il y a quelques cycles solaires. Les témoignages de quelques voyageurs de passage, concordaient quand à la réapparition aux abords de la communauté, de quelques-uns des disparus. Tous disaient avoir vu des Zombis étranges rôdant dans les environs.

Les deux membres du Conseil Communautaire avaient ainsi décidés, d’envoyer quémander quelques aides extérieurs. La réunion avait eue lieu dans la salle centrale de Bapome,en présence de ses habitants. Yenluk et sa Meuf Jolanda, discutèrent sur la personne à envoyer, mais aucuns des Bouzgnards n’étaient assez courageux pour quitter l’amas de cabanes rouillées. Le choix de la population se porta donc sur Maistre Yenluk.

Les pas du Bouzgnard en chef, l’avait mené vers une zone coupe-gorge d’Aris. Le Géant n’était jamais difficile à suivre. Il ne se cachait pas, tellement sur de sa force et de sa notoriété. Un vrai Héro pensa Yenluk, qui déambulait dans les rues tortueuses des Bas-fonds d’Aris. Le brouhaha de la ville, lui écorchait les oreilles, tellement habitué au calme de son village. Il avait appris par quelques Citadins, que le Géant se trouvait à la Taverne du Sans-Soif.

Apres plusieurs heures de recherche dans les ruelles tortueuses, il déboucha sur une petite place, où se trouvait une demi-dizaine de Mercenaires en armure bariolées, appartenant à une quelconque Baronnie de Yon. Ils bouchaient l’accès à la taverne. Les cris et bruits de luttes, venant de l’intérieure du bâtiment, rassurèrent le Bouzgnard. Il était au bon endroit.

La devanture de tôles et de planches du Bouge, vola en éclats lorsque l’un des Mercenaires traversa le mur et vint s’écraser sur le sol boueux de la rue. Aussitôt, un autre Mek hurla de douleur, tellement fort que la petite troupe recula de quelques pas. On pouvait lire sur leurs visages, une angoisse et une peur naissante. Celui qui semblait être le chef, ordonna à l’un de ses gars, un grand gaillard tremblant, d’entrer dans la bâtisse. Le courageux volontaire fut contraint d’avancer par la pique acérée que tenait l’un de ses camarades contre son dos. Le grognement puissant qui secoua leurs dernières fibres de volonté, donna le top départ à la fuite des Mercenaires. Ils ramassèrent leurs blessés et disparurent de la petite place où souriait Maistre Yenluk. Il enjamba les débris et entra dans la taverne.

Le mobilier était complètement détruit. Seule une table, où se tenait l’Hom recherché par le demandeur d’aide, avait survécu à la tornade Darhnienne. Yenluk se dirigea timidement vers Darhn. La légende était loin du compte. Il était impressionné par la stature du Géant, beaucoup plus massive qu’il ne l’imaginait. Les muscles saillant de ses bras semblaient vouloir déchirer la tenue, faite de cuir, de morceaux de métal et autres trucs inconnus du Bouzgnard. La lourde masse de cheveux attachés ressemblant à de grosses racines noires, la barbe broussailleuse et le teint buriné donnaient à l’ensemble un air terrible qui fit frissonner de peur le pauvre Yenluk.

Il dégluti douloureusement, lorsqu’il reconnut Géraldine, la Hache légendaire posée négligemment contre le mur, à portée de main du Géant qui buvait une pinte, comme si rien n’était arrivé. Le Daron des lieux ne semblait aucunement en colère contre le destructeur. Il ramassait les morceaux de son gagne-misère, sans rechigner, trouvant même le temps de sourire de son malheur.

Darhn riait à pleines dents, visiblement ivre. Il donna une tape dans le dos de l’Hom, quand celui-ci passa prés de lui, le faisant reculer de plusieurs pas.

Droit comme un puceau attendant le passage à l’âge de l’Hom, Yenluk se tenait les mains, tortillant le bas de sa tenue de tissu. Darhn leva ses yeux noirs et poussa du pied, ce qui restait d’une chaise en bois, en direction du Bouzgnard timide, et lui fit signe de s’installer. Yenluk n’osait troubler la joie de la victoire émanant du Géant avachi devant lui. Il ouvrit plusieurs fois sa bouche édentée, cherchant les mots à prononcer, tel le pauvre petit Survivant qu’il était, devant l’idole vivante. Prenant son courage en mains, Yenluk déposa son séant sur la chaise branlante et demanda fébrilement :

-Heu, j’aurai…m’enfin, nous… Voila, on à besoin d’aide…Vous pourriez …

Le Géant, Héro des plus faibles, montagne d’espoir pour la majorité des Bouzgnards, vissa son regard de jais à celui chancelant du Maistre. Il se fit resservir une pinte et grogna trois petits mots d’une voix forte :

-Combien ? Où ? Quoi ?

La conversation dura à peine une demi-heure et les deux belligérants tombèrent d’accord sur un prix.

Darhn lui avait fais acheter, tout un tas de matériel, faisant fondre son budget mais rien ne pouvait gâcher son bonheur. Darhn avait accepté de venir régler le problème qui touchait ses Bouzgnards. Ils se mirent en route le lendemain au petit matin, quittant, Aris et sa population bigarrée. A la sortie de la ville, ils avaient été rejoints par un autre Hom, connaissance du Héro. Un certain Zargol, aussi étrange qu’intéressant. Grand bonhomme vêtu d’un long manteau de fourrure qui n’arrêtait pas de parler, faisant le bonheur de Yenluk. Il l’abreuvait et le comblait du récit des exploits du grand Héro. Darhn parlait peu, toujours sur le qui-vive. Le cigare de Canah visé à la bouche.

Sur le chemin de sa communauté, Yenluk jubilait de contentement. Il suivait tant bien que mal les deux personnages avançant devant lui d’un pas habitué aux dangers certains offerts par les Anciens.

Le trajet ne fut interrompu que par un petit groupe de Carniv. Des Hom’s mangeurs d’autres Hom’s, qui avaient voulus faire ripaille avec les corps des voyageurs. Ils ne comprirent leur erreur que bien trop tard. Yenluk, qui en bon Bouzgnard s’était caché dans ses guêtres, assista enfin à ce qu’il avait entendu dire sur le Géant. Un combat magnifique, une chorégraphie magique, les têtes et autres membres dansaient autour de Darhn. Sa hache tranchait sans résistance tout obstacle se plaçant devant lui. L’autre Survivant, Zargol ne semblait pas en reste lorsqu’il perça de part en part le dernier des agresseurs. Les corps furent jetés hors du campement. Seuls quelques Glouk et autres grognements de mastications, perturbèrent le reste de la nuit.

L’arrivée dans la petite communauté des trois Survivants coïncida, de peu, avec une autre série de disparition. Jolanda, la Meuf de Yenluk ainsi que trois autres membres s’étaient volatilisés. Ils avaient disparus deux cycles lunaires avant le retour des héros. Cependant la joie procurée par la seule présence de Darhn, remis un peu d’espoir dans la triste vie des Bouzgnards survivants.

Darhn entra dans la salle du conseil, un silence respectueux souffla sur l’ensemble de l’assemblée. Il écouta les doléances sans dire un mot, jetant parfois un regard vers Zargol dans une conversation qu’eux seuls comprenaient.

-Je les ai vus M’sieur comme je vous vois. Répéta plusieurs fois un petit Muto borgne de deux yeux sur trois.

-Et moi, j’ai un pote qui, à entendu quelqu’un, qui avait croisé le jeune Michla, disparu depuis un cycle. J’vous jure M’sieur. Commenta une autre personne.

Yenluk compris, après avoir voyagé en compagnie du Géant, que tout cela l’agaçait. Darhn aimait les choses claires et directes. Zargol souriait du spectacle donné par la communauté apeurée et difforme. Le Maistre repris son rôle et imposa le silence en levant les bras. Tous étaient suspendus à ses lèvres quand il dit :

-Silence mes chers amis, comme promis je vous ai ramené le grand héro. Lui et son compagnon, Zargol sont venus nous aider. Laissez nous nous reposer, je vous en pris. La route à été longue et demain est un autre jour de galères. Allez vous calfeutrer chez vous, mes chers enfants et ne sortez sous aucuns prétextes.

Les Bouzgnards regagnèrent leurs cahutes, laissant Yenluk en compagnie de leurs sauveurs…

A Suivre…

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« Coup(s) d’envoi… »

Suite à « Sur le Terrain« 

Josh était un enfant gâté par ses parents. Ils étaient membres honorables du Conseil des Anciens. Riches, très riches industriels de la Principauté Japo-indonésienne. Influents, très influents. Ils lui avaient obtenu une place dans la loge Gouvernementale. Assis à quelques mètres de lui, ce trouvait le premier ministre Abdoullah Ben’ Chorba et sa cours de prétendants. Rien ne pouvait gâcher ce moment de bonheur. La loge était la seule à être équipée, du dernier model d’Anti-Grav. Tout juste sorti des usines de son père. Josh accepta le verre de Vegan-Champ que lui proposait Ida, sa jeune compagne de jeu, autre cadeau de son paternel. Le plancher transparent, donnait aux privilégiés confortablement installés, une vue plongeante sur l’action du match. Ida gloussa d’excitation d’être avec Josh, auprès du premier ministre, de quelques stars du Holociné et autres inconnus, dont elle ne connaissait pas le nom. Josh sourit à la bêtise de sa jeune amie. Elle n’avait que onze ans et semblait découvrir le monde à chaque instant.

Petit con prétentieux, Josh n’avait d’yeux que pour Son héro « Le Pacificator de Tambacounda ». Son joueur, cadeau de son père pour ses onze ans. Il adorait le voir virevolter dans les airs avec son nouveau Jet-pack, il était agile pour un Voltigeur. Évitant par deux fois une blessure grave ou une mort certaine, lors de la dernière finale. Le Pacificator rapportait beaucoup d’argent à son jeune sponsor déjà outrageusement riche. Petit génie de douze ans, Josh avait créé un Jet-pack à consommation énergétique de très faible quantité. Les anciens modèles forçaient les Voltigeurs, à recharger toutes les demi-heures, rendant possiblement mortel, ce bref arrêt aux bornes de rechargement.

L’immense stade pouvait accueillir plusieurs millier de spectateurs. Equipé de 600 Holocaméras, filmant en permanence le terrain de deux kilomètres de long, sur 900 mètres de larges. Les obstacles avaient étés placés aléatoirement par le Comité Organisateur du Kill Painter. Les barrières à piques permettaient la défense, appelées « La Foret » par les médias. Les mines électriques formaient, quand à elles, un danger non négligeable. Assommant immédiatement tous joueurs, passant dans un rayon de trois mètres. Une aubaine pour les adversaires, plus enclins à achever un joueur immobile. Les raques d’armes disséminés un peu partout sur le terrain, offraient aux joueurs, tout un panel d’armes tranchantes, écrasantes, déchirantes etc.…etc. Les 500 Holécrans retransmettaient les moindres gestes de chaque joueur, ne ratant aucunes gouttes du sang versé.

Venant d’arriver sur le terrain, sous l’hystérie générale, les joueurs prirent place dans leur zone respective. Les commentateurs sportifs, surexcités, surpayés, hurlaient dans leurs micro-casques. Les noms et caractéristiques de chaque joueur furent ainsi répétés pour la énième fois sur tous les Holécrans du stade et dans chaque foyer de par le monde. Les paris avaient commencés l’année dernière, bien avant le début des éliminatoires. Les « Gayndé’s » occupaient une partie de l’attention générale. L’Agence Monétaire Mondiale, donnait favoris les Champions du Monde. Leurs challengers, les « Fossoyeurs de Cincinnati » n’obtenaient que peu de suffrages. La majeure partie des paris en faveurs des « Fossoyeurs » venaient de l’Etat des Amériques Réunifiées, mauvais perdant de la guerre de 2021.

Josh apprécia le palmarès du Marqueur de Cincinnati, le « Prince Elvis ». Il avait fais trois Trépas et deux blessés graves, lors d’un seul match et avait survécu à la charge d’un « Bulldozer » des dangereux « Requins Cannibales » du « Royaume Monégasque » La présentation des joueurs, suivie du passage officiel, et de nombreux experts-en-tout-experts-en-rien, ayant un mot à dire, durèrent de longues heures. Entrecoupée de Holopubs débiles, à grand coup de slogans idiots, vantant les mérites de tel lait de soja, telle crème auto-régénératrice, la cérémonie avait commencée vers 14h et se termina à la nuit tombée.

Le match durerait 24 heures, pendant lesquelles, la violence contenue servirait d’exutoire aux peuples de la Terre. L’hymne Planétaire, chanté par la star C. Aznavourov, clos définitivement les festivités et le coup de sifflet d’engagement retentit sous les hurlements des fans.

-C’essssst partiiiiiii. Coup d’envoi de la finale du « Kiiiiiill Painterrrrrrr !!!! » Hurlait le présentateur d’une chaine quelconque, dans son micro-casque relayant ses hurlements hystériques dans les oreilles de son auditoire.

Josh se redressa de son sofa et chercha à travers le Plasto-verre, le Pacificator qui devait rejoindre sa zone d’envole. Ida commençait à chanceler après son troisième verre de Vegan-champ. Elle se coucha prés de Josh et s’endormie instantanément. Une chance pour elle.

La « Balle » atterrie dans les bras du monstrueux, de par sa taille, « Zimba le fougueux » qui aussitôt fit une feinte pour esquiver le vif « Général Custer » qui fonçait sur lui. L’attaquant fut surprit par la vivacité de son adversaire qui d’un geste vif, propulsa la « Balle » en direction du Voltigeur « Le Pacificator ». Josh sauta sur ses pieds. Les autres occupants de la loge étaient le regard collé aux Holécrans, le souffle coupé. Le coup était culotté mais bien exécuté, le premier point pouvait revenir aux « Gayndé’s »

Le Voltigeur de l’équipe championne poussa, son Jet-pack à pleine puissance, vers l’en-but adverse. La distance qui le séparait de la deuxième zone, se réduisait rapidement. Du coin de l’œil, il repéra un des « Intercepteurs » surgir de derrière une caisse d’obstacle. Le Pacificator exécuta une roulade aérienne afin d’évité la charge de l’« Ogre de Wysteria » Le Marqueur des « Gayndé’s » passa devant lui et bouscula le pauvre Ogre, interrompant son saut dans le fracas d’une barricade.

Josh pensait aux primes qu’il allait toucher, si « Le Pacificator » accordait le premier point à son équipe. Il était satisfait par les prouesses de son poulain, tout comme le premier ministre qui, lui adressait d’un geste de la tête, son admiration. L’entrainement de son joueur dans sa propriété Lunaire en basse gravité, avaient affinés l’agilité et la rapidité du joueur. Il volait, zigzagant entre les obstacles, évitant les attaques des intercepteurs. La dernière partie du parcourt était la plus difficile. Le royaume des Chevalier-Plasto, armés de fusils à billes, redoutables murs de défense. Sous le commandement de l’un des plus vicieux des Chevaliers-Plast, l’illustre « Crazy Horse », qui dans son armure peinte en rouge sang était, la hantise des joueurs de Kill Painter. Le Pacificateur de l’Union Afro-européenne, piqua vers le sol à pleine vitesse. Il avait réussi un magnifique looping arrière et avait dépassé les dernières défenses, sous les sifflements des billes d’aciers, tirés par les Chevaliers-Plast pour lui faire lâcher la Balle. Dans son casque, il jubilait, n’ayant comme objectif la ligne d’en-but adverse. Son jeune propriétaire serait fier de lui.

-Plus que quelques mètres, et le premier point de la Grrrrande Finnnale ! Mes Cher(e)s Citoyens du Monde, nous vivons là, un très grand moment… Historique, même…Du jamais vu, auparavant… Un joueur hors-paire, qui doit faire le bonheur de son jeune propriétaire. Le digne héritier de l’Honorable Hirohito Amada … Nous sommes en direct…

Les cacophonies médiatiques s’en donnaient à cœur joie, hurlant dans leurs Micro-casques, le maximum d’info, dans un minimum de temps. Tous les regards étaient tournés vers les Holécrans, eux même tournés vers le vol parfaitement exécuté par le « Pacificator de Tambacounda » qui allait donner l’avantage aux Champions en titre.

Soudain, venant d’on ne sait où, une volée de Micro-Missiles A.F.C. (A Fusion Contrôlée) surgit devant le jouet virevoltant, qui appartenait à Josh. Un silence incompréhensible, dans un stade en surchauffe fanatique, se fit instantanément lorsque le « Pacificateur de Tambacounda » ainsi qu’une partie du terrain furent soufflés dans un grand éclair de lumière.

A Suivre…

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« Syndrome… »

En poussant un soupir de dépit, l’auteur fit reculer son fauteuil de bureau et se leva. Il frotta ses yeux et bailla à s’en décrocher la mâchoire. Il n’avait pas vu le temps passer. Il ralluma la cigarette euphorisante oubliée dans le cendrier. Debout devant son ordinateur. Il regardait les trois textes qu’il devait encore peaufiner. Il en avait chié. Trois histoires complètement différentes. Trois Héros a peu prêt dans la même veine et surtout trois mondes différents. Encore quelques retouches et ses lecteurs assidus seraient comblés. Piaffants d’impatience, désirant la suite des aventures de leurs héros chéris.

Un regard vers l’horloge, 22h37. L’envie d’un café, un peu la faim et surtout le besoin de vider sa vessie, le firent prendre la direction des toilettes. Toute cette agitation fit s’étirer le chat lové prés de lui, pour aussitôt pour le replongé dans des rêves de chat.

Le besoin naturel terminé, il passa en cuisine. Le souffle du Micro-onde réchauffant le café, accompagna le soupir agacé, devant le vide Antartical du frigidaire. Heureusement il restait un paquet de tagliatelles fraîches dans le placard. Un peu de beurre et de gruyère feraient l’affaire. Préparant son repas tardif, l’auteur repensait à ses textes, aux corrections qu’il devrait apporter de ci de la.

Soudain une idée saugrenue lui toucha l’esprit. Encore un texte. Un truc simple mais percutant, sur le syndrome de la page blanche. Wouai ! Bonne idée ça, très bonne idée. La page blanche touche la plupart des auteurs au cours de leurs vies. Cela devrait être un bon sujet à traiter.

Son repas englouti, il reprit place devant son écran. Il se prépara une autre cigarette rigolote, passa la main sur le dos de son chat qui ronronnait toujours à son coté, bu une gorgée de café.

D’un geste connaisseur, l’auteur ouvrit un nouveau ficher Word. Un nuage de fumée bleue, lui enrobait la tête. Il posa les doigts sur le clavier et commentant mentalement son titre, les fit jouer comme un pianiste malhabile :

« La Page Blanche »

Alors…

Il doit y avoir une explication ration…

 

La taffe accompagna sa pensée….

Heu ! L’auteur regarda l’heure, 23h48. Il jeta un œil à son chat endormi. Se massant la nuque, il bailla de plus belle. D’un clique, il sauvegarda son texte et sans vraiment réfléchir le posta sur son blog.

Fin

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« Sur le terrain »

En Octobre 2031, l’espèce humaine vécue un chamboulement, qui changea irrémédiablement la société. Cependant, l’événement, commença comme un simple fait divers. Tous les regards de l’humanité étaient tournés vers leurs Holécrans, devant la deuxième finale Inter-Pays-Dirigeants du sport mondialement connu, le « Kiiiiill Painter » Mélange d’anciens sports, tel que le Rugby, le Foot, agrémentés de Street Fight, servit d’armes blanches et de fusils à billes métalliques.

Au début, seuls de jeunes durs pratiquaient l’ancêtre du « Kill Painter », dans les rues malfamées des Suprapoles mondiales. Violent, radical, le « Kill Painter » avait été récupéré par une obscure mafia en 2025. Les deux seules règles du jeu, étaient devenues implacables :

-1ere règle : La sphère métallique appelée « La Balle » doit, coûte que coûte atteindre l’en-but.

-2eme règle : Les vainqueurs seront désignés par le nombre de « Balle(s) » marquées où par l’éradication complète de l’équipe adverse.

Chaque équipe est composée de trente joueurs, quinze, appelés les « Bulldozers » forment la Ligne d’assaut. Leur unique but est de « défoncer la forêt », ligne de défense armée de l’équipe adverse.

Huit, divisés sur deux rangs, créés la « Zone d’Interception » dite « Zone de mort violente ». Leur rôle… Intercepter « La Balle… » Leurs noms changent selon les équipes. Certains sont les « Empaleurs de New-Sibéria », ou bien les redoutables « Tsunami » de la Nouvelle-Pacific, ainsi de suite.

Cinq joueurs lourdement harnachés dans leurs armures de Nanoplastik, se trouvent devant la zone d’en-but et interceptent tous ce qui passe à portés de leurs Lanceurs de Billes. Le « Kill Painter » tiendrait son nom de ces billes métalliques, qui laissent sur la peau de belles taches bleuâtres, ou moult trainées sanglantes sur le terrain. La mobilité n’est pas le fort, des Chevaliers-Plast, mais leurs armes et leurs résistances en font de redoutables adversaires.

Les deux derniers joueurs composant chaque équipe, sont les Voltigeurs et les Marqueurs. Les Voltigeurs sont les seuls à porter une ceinture Jet-pack, d’où le nom. L’appareil leurs permettant de survoler le terrain et d’agirent comme soutien, et surtout comme passeur décisif.

De part leur mobilité, les Voltigeurs sont souvent, les premiers visés par l’adversaire, réduisant leurs espérances vitales.

Et le dernier, Le Marqueur, souvent traité comme un demi-dieu par les médias et par la foule hystérique. Il avait la lourde tache, de porter « La Balle » de l’autre coté du terrain. Profitant des nombreux obstacles disséminés sur le terrain. Évitant les mines électriques, les coups tordus de l’équipe d’en face, ne comptant que sur les directives de son Voltigeur pour foncer le plus rapidement vers l’en-but si lointain. Survivre un maximum de temps, jusqu’au prochain match hebdomadaire.

Très vite, les performances anormales, des athlètes « normaux », robotisés à outrance, dopés à pleins de trucs chimiques, n’intéressèrent plus vraiment le public. Voir des gens faire un cent mètre en moins de quatre secondes, ou lancer un javelot à plus de deux quarante quatre mètres, ne rendaient plus intéressant ni crédibles, les millions de Dollar Planétaire investis dans les compétitions. Ainsi, les sponsors ne gagnant plus assez d’argent et afin de faire grossir leurs actionnaires, quittèrent le monde des sports traditionnels, pour des sports moins réglementés. La demande augmenta aussi vite que la violence était sanglante. Sous la pression mondiale et pour ne pas entrer en conflit ouvert avec les nombreuses corporations, le Premier Ministre Mondial, Abdoullah Ben’ Chorba, décida de légaliser en 2027, le « Kill Painter » et d’organiser une coupe entre Inter-Pays-Dirigeants de la Coalition Planétaire. La compétition aurait donc lieu tous les quatre ans, en date du jour anniversaire de la victoire sur le tyran Trump et de sa coalition avec l’ancienne Nord-Corée, le 31 Octobre 2021.

La première compétition avait donc, eue lieu le 31 Octobre 2027. Les « Gayndé’s » de l’Union Afro-européenne avaient gagnée face aux résistants « Loups des Steppes » de l’Alliance Chinaustalienne, par Deux but à Un. Et, suivant les consignes du Parlement planétaire, aucun mort, mais dix sept Loups blessés, plus où moins gravement à six estropiés dans leur camps.

Un franc succès, tout le monde était heureux. Le premier ministre Abdoullah, voyait sa cote de popularité exploser les scores, plus que l’horrible assassinat de Monsieur B.Obama, en 2026, par une secte Néo-nazis-Evangélistes-Créationnistes-NRAriens. Les Corporations se gavaient plus que dans d’anciennes traditions barbares, disparues garce à la Syntho-viande. Les médias faisaient péter les scores d’audiences, accompagnées de bulles de Vegan-Champ, surenchérissant de plus en plus, les effets visuels sur les Holécrans. Créant ainsi de toutes pièces, les Nouveaux Dieux Olympiens. Le public retrouvait les jeux du cirque et s’attribuait les exploits de leurs héros favoris, devant les collègues du Secteur Administratifs.

Deux années passèrent, sans que le nombre de morts lors des matchs hebdomadaires de « Kill Painter » ne dépasse les directives du Gouvernement Planétaire. C’est-à-dire, deux trépas autorisés par match, pas plus bien sur.

Dès le début du mois d’Octobre 2031, une tension subversive montait de la rue, annonçant les préparatifs pour LA grand finale. Remettant en jeu leur titre de champions, Les « Gayndé’s » de l’Union Afro-européenne attendaient impatiemment le résultat du tirage au sort, ne sachant pas encore quels adversaires, ils allaient affronter dans quelques jours. Les médias s’égosillaient de plus-belle, chaque jours un peu plus. Les théories sur les futurs matchs rebondissaient de chaines en chaines, sans que quiconque ne remette en question toute cette merde. A grand coup de marketing et d’effets holographiques, ils tenaient encore en haleine, une très grande quantité de fans, à travers le monde.

Un simple bureaucrate de huitième rang, avait écrit un mémo à son superviseur, sur la montée d’un agacement viscéral qui touchaient jusqu’aux plus hauts Sous-dirigeants. La population mondiale grondait, la surpopulation était un problème récurant. La paix avait un prix.

Et la restriction du Premier Ministre Planétaire, sur le nombre de trépas légaux, rendaient nerveux le reste de la population qui commençait à se désintéresser du « Kill Painter », sans Kill, ca veux rien dire…. Le bureaucrate, que l’on nommera Adolphe H., demandait à sa hiérarchie, d’agir au plus vite, afin d’éviter un débordement contrôlable mais inéluctable. Si notre cher Adolphe H. avait titré son mémo, d’un :

« Prévisions sur un possible débordement, lors de la finale du « Kill Painter » plutôt qu’un « ATTENTION, DANGER ! »

Son trop fainéant superviseur de rang sept, aurait regardé plus attentivement le mémo, et se serait rendu compte du risque encouru par le mode de vie de l’espèce humaine. Les choses sont parfois à un cheveu d’être évitées, mais pas cette fois-ci. Si seulement on avait écouté ce cher Adolphe H., le monde aurait pu se montrer différent.

Lorsque le résultat désignant les deux finalistes du « Kill Painter » tomba le 16 Octobre, la tension avait grandie.

Les « Terribles Fossoyeurs de Cincinnati » dernière ville encore debout de l’Etat des Amériques Réunifiées après la guerre de 2021. Terribles, car sur leurs terres, la loi sur le trépas, n’est pas vraiment respectée par leur Gouverneur Juan Escobez. Un peuple violent, depuis toujours. Ils allaient affronter les champions en titre, les « Gayndé’s », les paris étaient lancés partout dans le monde.

Le jour fatidique arriva, le 31 Octobre 2031 à 14h30, un coup de sifflet retentit dans le stade gigantesque, de la Suprapole de Néo-Moroco, capitale de la Coalition Planétaire. Ce coup de sifflet lança le match de la finale du « Kiiiiill Painterrrrr » et mis fin au monde que connaissait Josh, alors âgé de douze ans.

A Suivre…

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« Quand rien, n’va plus… »

Suite de « Wanted »

C’est fou, comme avoir une arme à feu posée sur le front, délient rapidement toutes les langues. Le pauvre bougre dans son costume des villes, devait grandement regretter son intrépidité. Quitter San Francisco pour parcourir les plaines du Far West, à la recherche de l’aventure. Quelle mauvaise idée, à défaut d’aventures, il allait connaitre la fin de l’histoire de sa vie.

Détective privé, engagé par la Southern Pacific, grand Manitou des banques et des transports ferroviaires, pour enquêter sur le gang des frères Dalton. Il n’avait rien trouvé d’intéressant, et comme le Siege central lui demandait des comptes. Et surtout pour justifier ses notes de frais exorbitantes. Il avait attribué aux Dalton, des délits commis, notamment une attaque de train de la compagnie, par quelqu’un d’autre. En l’occurrence, le grand métis, tout au bout de l’arme. Desperasta reposa encore une fois, la question :

« Alors Gringo, c’est toi qui raconte partout que les Dalton sont les plus dangereux hors-la-loi ? »

« Heu ! Oui ! Mais j’ai une explication logique… » Aucune détonation n’interrompit sa phrase. Ses genoux devenaient de plus en plus douloureux sur le sol rocailleux et la pression de l’étrange fusil sur son front, aggravait l’inconfort de la situation :

« J’ai rencontré une fille, qui se nomme elle-même « Miss Moore ». Elle m’a dit travailler pour les quatre frères. Je vous jure… Elle leur fait passer les arrêts et les horaires des trains transportant de l’argent… » Il ferma les yeux, déglutit et attendit le coup fatidique.

Il regarda l’étranger violent, s’éloigner au galop, emportant toutes ses possessions. Dans son malheur, être nu comme un crotale au milieu du désert, plutôt qu’une balle dans la tête, n’était peut-être pas une bonne nouvelle. Les piaillements des vautours la lui confirmèrent directement.

Desperasta n’eu pas de mal à retrouver la catin Moore, quand la vantardise est plus présente que l’or, dans les paysages désolés du Far West, rien n’est difficile à trouver. C’était une belle femme, jouant de ses charmes pour survivre dans le nouveau monde. Elle fréquentait toutes sortes de gens, du comptable boutonneux, aux bandits de grand chemin. Elle ne s’attendait pas à ce que le grand débile avec un flingue ridicule, ne tienne sa promesse d’appuyer sur la détente. Sa tête disparue en même temps qu’elle fini de répondre aux questions de l’étranger.

« Les Frères Dalton : 1892 »

Le couple Dalton, avaient enfantés une quinzaine de mômes, dont les futures Robert dit Bob, William dit Bill, Gratton dit Grat et enfin, Emmett dit Averell, du gang des Dalton.

Les gamins avaient grandit dans une famille respectable. Leur vieux, James Louis Dalton, était un héros de la guerre du Mexique. Fermier, travailleur acharné, modeste et posé, il a su gagner le respect des notables de la région. Un respect que même le comportement de ses quatre fils n’avait pu entacher. Le vieux Dalton et son épouse, s’étaient installés dans le territoire indien. Les aînés sortis d’une grande école, un frère Marshall, Franck Dalton, Red Dead aucune rédemption… Il avait fallu qu’ils jouent aux cons avec Desperasta. Il avait la haine contre tous les usurpateurs qui lui violaient la vedette.

Coffeyville était une ville du Kansas située dans le comté de Montgomery. Desperasta chevaucha le plus vite possible dans la direction, où le menait sa vengeance. La gueuse, lui avait dit que les quatre frangins accompagnés par quelques autres crétins, avaient prévus de braquer les deux plus grandes banques de la ville, Bob et Emmett s’occuperaient de la Fédéral National Bank, tandis que Grat Dalton, W. Powers et Dick «  Zboub »Broadwell attaqueraient la Condon Bank. Un plan parfait…

Desperasta était arrivée quelques heures avant le gang Dalton dans la ville qui servait de comptoir marchand aux frontières des territoires peaux-rouges. Il prenait le frais à l’intérieur du saloon, sirotant un whiskey local. Il avait remarqué, dés son arrivée en ville, une effervescence inhabituelle parmi la populace. Dans le saloon, les gens semblaient attendre fébrilement quelque chose. Les mères cachaient les enfants dans les caves des maisons. Les fenêtres barricadées par des planches, donnaient une atmosphère feutrée aux intérieurs des maisons.

Un dénommé Chapman, imbibé au tord-boyau, racontait à qui voulais écouter son délire alcoolisé, qu’il avait honte de lui :

« Moi, j’vous dis qu’ils vont viendre…Churrrr, sur et certain… Hein… Chuis dégouté … Chai, c’était mes potes… P’tain… Pourquoi, j’vous l’ai dis ? Hein ! ‘Culés »

Desperasta observait la scène, mâchonnant sa cigarette indienne lorsque soudain, un homme armé d’une vieille pétoire, fit irruption dans le saloon. Son costume noir et le haut-de-forme visé sur sa tête, indiquait sa profession morbide et l’inexpérience au maniement des armes. D’un geste, d’une main tremblante, il demanda le silence et murmura un :

« Ils arrivent, Johansonsky les à vu prés de la rivière…. Préparez vous à les recevoir… »

Aussitôt la foule apeurée, pris place derrière les barricades de fortunes, armes de fortunes en mains. Un silence de mort couvrit la ville, seulement perturbé par le vol circulaire des vautours qui sentaient le festin venir. De longues minutes s’égrainèrent ainsi. Desperasta ne quittait, ni sa place ni le nerveux Chapman. Celui-ci se dirigeait vers la porte de derrière.

Desperasta fini cul-sec son verre de gnole, jeta un dollar sur le comptoir et suivi sa proie à l’extérieur du bâtiment. Il serpentait entre les maisons et magasins de l’allée centrale, quand les premiers coups de feu résonnèrent dans le silence. La double attaque de banque, devait déstabiliser les habitants de Coffeyville. La trahison de Chapman avait changé le plan du gang des Dalton, et pas vraiment, à leur avantage.

La jubilation qui montait le long de son échine était pour Desperasta, la meilleure des drogues. Toute cette foule allait, enfin pouvoir raconter comment il avait rétabli la vérité sur :

« Desperasta, le plus dangereux bandit du Far West »

Au détour d’une pile de caisses, Desperasta tomba nez à nez avec Robert Dalton. Aux pieds de celui-ci gisait le corps sans vie de Chapman, criblé de balles. Pour sa trahison, Bob l’avait abattu froidement. La décharge du tromblon de Desperasta fit volé en éclat, les quelques tonneaux et balustrades situés à l’emplacement vide où se tenait le bandit. Celui-ci courait à demi-couché, esquivant les balle maladroites des civils.

Desperasta rageait, il avait failli l’avoir. Il rechargea son arme à coup unique mais dévastateur. Il avançait d’un pas décidé vers la Condon Bank, ne prenant pas la peine d’éviter les tirs qui pleuvaient autour de lui, et dans toute la ville. Lorsqu’il défonce la porte principale de la banque d’un coup de lattes, il surprend l’un des frères aux prises avec l’employé qui prétend que le coffre-fort ne s’ouvre que si la pendule est réglée sur une certaine heure. Grat Dalton fit un pas à reculons, devant l’entrée soudaine et brutale de Desperasta. Il tira, vidant le chargeur de son colt dans la direction de l’étrange intrus, aucunes de ses balles ne toucha sa cible.

Un « Mais qui est donc ce gringo… ? traversa son esprit, en même temps qu’une giclée tromblesque, n’efface définitivement Gratton Dalton de la liste de Desperasta…

Le pauvre employé de banque avait été soufflé, au propre comme au figuré, par le retrait fracassant, effectué par Le hors la loi inamicale et très méchant.

Il faut dire que l’arrivé de Desperasta dans l’équation presque parfaite du plan des Dalton, faisait une différence face à l’armée d’incapables citoyens de la ville. L’exécution de Grat retarda grandement le départ de la bande, alors que Bob et Emmett finissaient leur vol dans la Fédéral National Bank, ils tentèrent de prendre la fuite. La porte située à l’arrière de la banque, n’était gardée que par « Zboub » Broadwell.

A l’intérieure, Desperasta entendait les cris de souffrances, des divers victimes de la fusillade. La porte s’ouvrit, Zgeg Broadwell, Bill Powers qui avait rejoint Bob Dalton, furent déchiquetés par une grêle de balles, tirée par Desperasta. La rafale les faucha tout les trois, lors de leur extraction de la banque. Ils étaient tellement encombrés pas les sacs de pognons. Qu’ils partirent pour un monde meilleur, dans une pluie de confettis vert dollar.

La ville avait pris un véritable bain de sang, avec autant de morts et de blessés que sur un champ de bataille. Desperasta se dit, qu’il ne restait qu’à trouver le dernier des frères, Emmett Dalton…

Le silence refaisait son apparition, légèrement entrecoupé par les pleurs des veuves. Desperasta arpentait la rue principale à la recherche de son ultime cible. Il le trouva à plat ventre dans une grange, caché parmi les crottins et la paille.

Desperasta sourie de son sourire carnivore, lorsqu’Emmett Dalton demanda, au milieu des sanglots :

« Mais, mais t’es qui mec ? »

« Je suis l’ombre de la mort, et tu connaîtras pourquoi mon nom est l’éternel quand sur toi, s’abattra la vengeance de Desperasta le plus dangereux bandit du Far West … »

La décharge de l’étrange tromblon déchira les chaires d’Emmett Dalton mettant un terme à la vengeance de Desperasta. Il chantait presque en quittant la ville. Son nom reprendrait sa place dans l’histoire. S’éloignant dans le couché de soleil, il se dit que la date du 5 octobre 1892 resterait gravée dans les mémoires. La mort des Dalton par le grand DESPERASTAhAhAh !

Son rire glaçant fut le seul souvenir de lui, qu’eurent les habitants de Coffeyville. Certes, beaucoup de gens se sont, demandés pendant longtemps, quel étrange animal rodait prés de la ville. Mais leur attention était toute tournée par la découverte du corps, encore vivant d’Emmett Dalton. Grièvement blessé, criblé de vingt trois impactes de balles, il respirait faiblement. Bien qu’il n’ait tiré aucun coup de feu dans l’attaque, les pronostiques sur son avenir, allaient bon-train. Il serait accusé de braquage de banque et de deux meurtres, tandis que les dépouilles encore chaudes de ses frères et amis, étaient exposées comme de la vulgaire marchandise. Un opportuniste, déposa une carte d’avocat dans la main d’Emmett Dalton, seul survivant du carnage de Coffeyville …

A Suivre…

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« Le Grand Froid »

Deuxième partie

 (voir première partie : « Beuker-Land »)

La créature qui avait fait entendre son appétit n’était, par chance pas aussi proche que leur disait le vent. Ce qui bien sur arrangeait Zargol et sa compagne. Ils arrivèrent transis de froid, gelés jusqu’aux os, devant une écoutille enchâssée dans le sol gelé. Quatre gros piquets métalliques, haut de plusieurs mètres, irradiaient d’une lumière crue et artificielle. Zargol luttant contre les coups violents que lui assénaient les vents tout aussi violents, tirait sur la manivelle de l’accès au BEUKER, avec beaucoup plus de facilité qu’il ne s’y attendait.

Le silence intérieur faisait siffler les oreilles de Zargol ou était ce, encore les vents hurlants qui lui déchiraient les tympans ? Sangrine devait se trouver proche de lui, car il entendait les claquements de sa mâchoire, dans le noir le plus total.

La température était plus douce à l’intérieur, abrité du souffle mortel des vents, porteurs des paroles des Anciens.

Un craquement suivit d’une intense lumière rouge éclatèrent ses rétines, complétant aussitôt le malaise que ressentait Zargol dans ce lieu sacré. Son amie tenait devant elle un bâton de lumière qui leur permit d’apercevoir la salle vide de taille modeste au bas de l’échelle qu’ils venaient de descendre. Sur trois des cotés, les murs vides et lisses ne leurs donnaient aucunes possibilités. En revanche, le quatrième portait les traces délavées de bleu, de blanc et de rouge au dessus d’une grande porte ronde et métallique. Elle était entrouverte. Dam’Sangrine tenant au dessus de sa tête emmitouflée, leur seule source de visibilité, tira sur le bras de Zargol, l’entrainant en direction de la porte.

Ils débouchèrent sur un tunnel de béton, large comme trois Néléphan de front, le plafond n’était pas visible, laissant imaginer sa hauteur dans les ténèbres, à peine éclairées par le bâton rouge. Le long couloir obscure s’enfonçait, en une pente douce, dans les entrailles de Ter’. Zargol senti le grelottement de la peur, se rajouter à celui du froid. Ils venaient de rentrer dans le lieu sacré, là où tout avait commencé. Darhn parlait peu, vraiment peu, mais toujours direct, comme un coup de poing. Quelques pintes de tout liquide euphorisant laissaient parfois, échapper quelques informations sur ses origines. Au cours des années Zargol avait, ainsi obtenu de son héro, quelques birbes l’amenant aujourd’hui, en compagnie de Sangrine, vieille amie et autre Y’umain toléré par le Géant, dans « Le Sanctuaire »

Il avançait lentement, en silence, par crainte et surtout avec le respect du pèlerin. Sangrine était juste à coté de lui, découpée par la lumière rouge, lui donnant un air effrayant. Un bruit sec comme un claquement, venant de derrière, fit sursauter Zargol et sa compagne. Des cliquètements et clapotements lointains, étaient les seuls sons perceptibles, donnant des idées angoissantes aux deux Y’umain. Protégés des ombres, par un cercle de lumière rouge éphémère. Ils continuèrent d’avancés dans le couloir sans aucune ouverture visible, sur une bonne centaine de brasses. Aucun débris n’encombrait l’endroit, une propreté troublante.

L’utilisation d’un autre bâton de lumière permis au bout du couloir, d’apercevoir une autre porte métallique. Circulaire, haute de plusieurs mètres, sa surface était peinte, à la peinture blanche, des mots suivant : « BEUKER-LAND, passe, où trépasse… »

 La température était devenue douce, les couches de fourrures devenaient de plus en plus insupportables. Dam’Sangrine avait déjà commencé un délestage vestimentaire, mais garda une veste en peau de Gro’Dog, car le froid était toujours aussi mordant. Allégé et plus mobile, Zargol pris des mains de Sangrine, le bâton lumineux et s’approcha de la porte. En posant sa main sur celle-ci, il ressenti la légère chaleur qui en émanait.

Le cercle de lumière n’éclairant la zone que sur quelques mètres, rendait la situation vraiment flippante, pensa Zargol. Il tourna la tête vers son amie proche de lui, elle grelottait soit de froid, soit de peur. Pour la rassuré, Zargol pris sa main et murmura un truc du genre :

« Détends-toi, ça va aller … »

La seule réponse qu’il reçu, fut un :

« DÉTENDS- TOI …a va allée…. Détends-toi …va ALLLLLEEEE…

VA ALLLLLEEE…. »

Rebondissant contre les murs de béton, s’enfonçant dans les ténèbres environnantes. Suivit de peu, par l’explosion de lumière blanche qui illumina brusquement le couloir de béton gris.

Zargol et Dam’Sangrine sursautèrent de plus belle, lorsqu’un claquement métallique, déverrouilla la porte devant eux. Un chuintement retenti, libérant le passage, comme une invitation vers l’intérieur du sanctuaire.

Une chaleur revigorante accueillie Zargol et Sangrine, dans une pièce étroite en comparaison de l’énorme tunnel qu’ils avaient arpentés pour arrivé ici. Debout devant eux, au centre de la pièce, se tenait une gamine en blouse blanche, arborant un sourire radieux. Agée de quelques cycles, tout au plus une quinzaine, elle ne semblait aucunement apeurée ou menaçante. Les cheveux noirs et longs étaient attachés en chignon. Ses yeux noirs pétillaient de malice en détaillant les deux Survivants. Un silence gênant, n’attendait que d’être troublé par l’un des trois protagonistes. Zargol s’avança de quelques pas et ouvrit la bouche pour demander…

« Heu … Salut, heu …Je su… Nous sommes… »

« Je sais qui vous êtes M’sieur Zargol, et vous aussi, Dam’Sangrine…. Mon nom à moi est Ophélie. Suivez-moi, je vous pris ? »

La stupeur et l’incompréhension marquaient les visages de Zargol et Sangrine. Tous deux vêtus de récupération, de peaux de bêtes, couvert de crasse. Ils faisaient taches dans cet endroit immaculé. Et pourtant, ils suivirent la jeune Fem, qui appliqua sa main sur le mur derrière elle, une porte jusque là invisible, s’ouvrit sur un autre couloir éclairé.

Milles questions se bousculaient dans les têtes d’ahuris qu’étaient Zargol et son amie « Celle qui savait tout, m’enfin presque tout… »

Ils trottaient derrière leur guide, ne comprenant pas grand-chose à ce qu’il se passait, n’osant rompre le silence par une cacophonie verbale, tranchant avec la quiétude du lieu. Un doux ronronnement environnant, accompagnait le bruit de leurs bottes fourrées, sur un sol où semblait glisser en silence la petite Ophélie. Zargol en connaisseur de gueuzes, se trouvait bien merdique, devant cette beauté juvénile. Il était troublé non pas comme un vulgaire mercenaire devant une gourgandine, mais plutôt comme un amateur de jolies fresques, n’ayant pas forcement envi de peindre. Belle mais irréelle, voila ce à quoi pensait Dam’Sangrine.

Le couloir emprunté comportait de nombreuses portes donnant chacune vers d’autres lieux mystérieux, où s’égarait l’imagination de Zargol. La lumière tamisée était reposante. Le trio arriva devant une porte, aussi neutre que le reste de l’environnement.

Zargol et Dam’Sangrine se regardèrent puis regardèrent la salle pleine de longues rangées de plantes à Canah poussant sous des lampes. Dès l’entrée, la jeune Ophélie tourna sur la droite et indiqua aux deux personnages abasourdit, de la suivre vers une porte ouverte.

Dam’Sangrine, excitée comme une petite Bouzgnard devant un repas chaud, demanda d’une voix tremblante :

« Heu, vous faite pousser des plants de Canah ? Mais pourquoi ? Où sommes-nous ? »

Zargol enchaîna aussitôt :

« Oui, ou sommes-nous exactement ? Connaissez-vous Darhn ? C’est quoi cet endroit ? »

Ophélie, tourna un regard malicieux et répondit d’une voix douce :

« Je ne peux vous répondre à vos questions. Entrez, je vous en pris »

Elle disparue dans la pièce précédemment indiquée. Zargol accéléra le pas, il tirait sur la manche de son amie, plantée devant une énorme tête. Ils trottèrent à la suite de la mystérieuse créature d’un autre temps. Débouchant dans une pièce de taille moyenne au centre de laquelle se trouvait une table de bois, datant d’il y à fort long temps, ils restèrent plantés sur place. Les murs étaient couverts de dizaine de petites fresques, peintes sur de petits cadres de toiles. Malgré une cheminée de marbre, qui trônait au fond de la pièce, Zargol ressentit un froid étrange, caresser sa nuque. La table regorgeait de victuailles inconnues par les deux Survivants. Des viandes, des trucs verts ou oranges, des tartes mystères et nombreuses boissons alcoolisées semblaient, n’attendre que leurs panses.

Ophélie sourie et, d’un geste de la main, les invita à s’assoir. Elle fit demi-tour et disparue dans un silence flippant.

La faim tiraillait par le bras, la prudence de Zargol. Il frissonna de nouveau, et se posa prés de Sangrine, qui dévorait à pleine bouche, le contenu de plusieurs plats appétissants. Comblant à outrance son estomac, Zargol demanda sur un ton somnolant, à sa compagne :

« Alors, on est où d’après toi ? »

Le visage couvert de graisse et la bouche débordante de nourriture, Dam’Sangrine clignait des yeux. Elle cessa de mâcher, regarda d’un air fatigué, son ami et dans un bâillement répondit :

« Fait frais, non ? Je ferais bien une petite siest… »

Elle s’effondra, tête la première sur la table, Zargol avait froid et sommeil.

La première chose qu’aperçu Zargol en ouvrant les yeux, fut le plafond rocheux de ce qui ressemblait, à une obscure grotte. Les vents glacés hurlaient directement dans son cerveau. Il eu du mal à se redresser, coincé dans les nombreuses couches de fourrures de Gro’Dogs. La faible chaleur d’un feu, désengourdissait légèrement son esprit. Le ronflement des flammes se mélangeait avec celui, proche et rassurant, de Dam’Sangrine.

Zargol sursauta et poussa un cri de terreur, lorsqu’il aperçu la lourde silhouette velue, assise de l’autre cote du feu. Il recula vers le fond de la caverne, cherchant de quoi défendre chèrement sa vie et celle de sa meilleure amie, qui dormait entre lui et la créature gigantesque. Il lâcha un pet, un soupir de soulagement et un râle de colère en direction du Géant :

« Tu fais chier, Darhn ! Merde, c’est vrai quoi. Tu me fais le coup à chaque fois »

Le rire gras de son Géant d’ami, fut la seule réponse que Zargol obtint. La voix encombrée et ensommeillée de Dam’Sangrine interrompit cet instant de retrouvaille :

« S’lut Maître Darhn, Hmm ! Comment ça ce fait que l’on se retrouve ici, alors que … »

Vêtu d’une magnifique fourrure blanche, qui le fessait ressembler, au plus gigantesque des Makak, Darhn scrutait de son regard de jais, ses deux seuls amis. Il jeta une pierre noire dans le feu, et répondit :

« J’ai entendu dire que deux idiots étaient en route pour le Grand Froid. Un grand bonhomme et une petite excentrique »

« Hé ! » Lança Sangrine.

Darhn étira son grand corps, alluma son cigare et dit :

« Je me suis douté qu’il s’agissait de vous. Zargol est trop curieux et toi, M’dam Sangrine, tu es « Celle qui veux tout savoir » Alors, je me suis mis en route »

« Mais ? Mais qu’est-ce qu’on … Comment, c’est possible ? On était … Et toi, tu es ? » Demanda un Zargol complètement perdu.

« Vous avez été chanceux. Vous n’étiez pas préparés au Grand Froid. Je vous ai trouvé à temps. Blotti l’un contre l’autre, inconscient, attendant la mort » grommela Darhn. S’enroulant dans une tonne de peaux de bêtes, il continua aussitôt :

« Victimes d’hallucinations. Encore quelques heures et je retrouvais deux belles statues de glace. Bon, dormez maintenant. Demain nous avons un long voyage à faire »

Au milieu, du Grand Rien Glacé, d’une des zones les plus dangereuses, le Grand Froid. Au fond d’une caverne, transformée pour l’occasion, en refuge providentiel. Zargol et Dam’Sangrine échangèrent un regard pleins d’incompréhensions. Avaient-ils rêvés ? Tout n’était qu’un fantasme mortel, entraînant leurs corps et leurs esprits vers une mort douce mais inéluctables ? Leurs esprits sombrèrent tardivement dans un sommeil tourmenté.

Guidés par le meilleur des Survivants, Zargol et Dam’Sangrine, étaient installés confortablement sur le tas de coussins de la remorque. Les nombreux cycles passés sur le chemin du retour, vers une région plus hospitalière si tant c’est possible, avaient forgés une inflexible loyauté, déjà grande, envers leur sauveur.

Darhn le Géant. Leurs héro, bien aimé.

Zargol pensa que s’il y avait bien une chose que ces P’tains d’Anciens avaient fait de bien, était l’existence de Darhn.

L’énorme Bamboo ronronnait sur le dos. Dam’Sangrine, qui avait retrouvée son nuage euphorisant, sortit une grosse tête de Canah, des plis de son vêtement. Zargol repensa, un bref instant,  à son amie dans la salle de pousse, qu’il avait vu en rêve ….

Fin où presque…

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