« Chroniques D’un autre temps »

 

 Texte envoyé à un Concours de nouvelle (Depuis, légèrement retravaillé) 

(Utilise les textes suivants : Essai de Narrafion, Chronique approximative La Tour Rouge, Rencontre avec Gurl l’Imbattable, La Route qui mena à Gurl, L’Affrontement, et La fille aimée par le soleil (Agrémentés d’un petit peu de contexte. Bonne lecture…)

(En attente du résultat)

Le jeune novice courait comme un dératé dans les couloirs, de la vielle demeure encombré de curieux. Beaucoup de Bouzgnards idiots venaient se perdre dans les méandres de l’Histoire Ancienne.

Le fondateur de « La Maison du Tout Savoir » pouvait être fier de son œuvre. Nombreux étaient ceux qui voulaient entendre les mythes et légendes, de l’Ancien et du Nouveau monde.

 Les rouleaux de vieux papiers qu’il transportait venaient d’être découverts par son abruti de compagnon de chambre, quelques par dans le monde extérieur. Il ne regrettait pas la fourberie dont il était coupable. Piétiner la gueule à se connard de Slyvin, était une double récompense, en plus de celle donnée par le Grand Narrateur pour « SA » trouvaille… Des cycles que se gros con, lui menait la survie dure, tout ca parce qu’il avait un troisième bras. Dans ta gueule Slyvin « Mon troisième TantaCuleuuu »…

 Lui, et non l’autre connard. Lui, Mathor, simple novice. Etudiant en « Histoires très Anciennes », avait déniché les précieux documents, que tous les novices recherchaient depuis des cycles. Le Grand Narrateur, le récompenserait comme il se doit, en Rondelles sonnantes et cliquetantes. Peut-être qu’il aurait droit à renouveler le génome d’un lieu au hasard.

 Survivant parmi tant d’autres, Mathor n’avait guère eu le choix. Né dans un endroit putride, dans un monde pourri. Sa famille mangée par un groupe de Carnis, des Hom’s mangeant d’autres Hom’s. Sa Meuf enlevée, par une bande de crétins trop forts pour lui, avait fini par choisir, le gros débile qu’était leur chef. Chacun survit comme il peut.

Il aurait pu finir digéré par n’importe quelles monstruosités. Mais par chance, il était tombé sur un Bouzgnard qui se rendait à Yon pour y suivre des « Cours d’Histoires Anciennes…Blabla… Le Grand Narrateur…» Il n’avait pas été difficile de se débarrasser du crétin et de prendre sa place. Ainsi, depuis deux cycles, Mathor était nourri, logé, lavé. Une seule contrepartie, étudier des trucs débiles afin de « Maintenir le récit »

 « Quelle connerie ! »

 Pensa Mathor, qui courait toujours vers la « Pièce à Penser », siège du Grand Narrateur. Une idée, pleine de curiosité, le frappa à quelques Brasses de sa destination. Et s’il prenait le temps de jeter un œil sur les papelards ? Personne n’en saurait rien, et le Grand Narrateur attendrait bien encore un peu, Non ?

 Il ralenti son allure et repérant un coin un peu sombre, dans une salle ouverte et peu visité. Il s’y engouffra et claqua la porte derrière lui d’un geste pressé. Personne dans la salle qui était un « Atelier de bricolage !». Mathor n’avais pas encore accès à ce niveau de connaissance pour venir ici, il devait être du dixième cycle, au minimum. Les sanctions pouvaient êtres douloureuses. Mais l’excitation, de découvrir des secrets dans les parchemins du Grand Narrateur, lui passait par-dessus la jambe. Il s’installa entre deux établis et commença la lecture du premier feuillet…

 

Les Chroniques de Darhn

 Par Zargol

 Mémoires et extraits approximatif d’un Survivant.

 An de disgrâce 275, après la Guerre de La Grande Lumière.

Essai de Narrafion

Désert du Mont’Blan, le seul endroit où l’on peut se rafraîchir et boire une bonne pinte est la Station Serv‘Hell. L’avant-toit métallique vibre légèrement au peu de vent qui balaye la plaine aride. Une table à l’ombre, une silhouette affalée, accrochée à sa chope, marmonne devant un auditoire attentif…

Rapprochez vous et prêtez l’oreille… M’sieur, M’dam…

L’Hom’ pousse un soupir et reprend se qui semble être une chronique ?…Bataille ?…Darhn ! …Perdus ? …Concourt d’histoire ? Plus prés M’dam et M’sieur !…Survie ?

Écoutez son récit…

« Ulach, fût le premier … »

« Laissez-moi vous contez, l’un des nombreux haut faits… Hein ? Ah oui !, et la magniiiifique histoire, qui n’arrive qu’une fois dans une courte vie, où l’on peut dire avec fierté, j’y étais, je l’ai vu… Alors là, je laisse un petit silence pour souligner la gravité du moment ?… Non ? Bon, je reprends, alors… Voici, L’Histoire d’une légende vivante, d’un Héro merveilleux … DARHN ! Puissant Guerrier, seul Victorieux, des Vingt-deux Brutes qui sévissaient près d’Aris, squelette d’une ancienne capitale … »

« Tousss…Tousss… » L’agacement secoua la lourde silhouette de notre Héro…

« Hein ? Oui, oui… Mais d’abord, laissez-moi, me présenter. Je suis, Ulach pour vous servir. J’ai grandi dans un monde hostile, très Z’Hostile « Ter’ ». Les légendes des temps anciens, décrivent un monde de merveilles, un monde où vivre n’était pas une course perpétuelle, un monde d’harmonie, un monde où tous étaient égaux, un monde… ahhh, les légendes, j’y reviendrais… m’enfin, peut-être… Non ?… Et puis, « Ter’ » dévastée par la guerre de La Grande Lumière, Le Grand Flash, pas de sourire, pour l’Humanité sur la photo finale…This is the End… Game Ove… Aie… Hamhamm ! Pardon, je reprends… »

« Heureusement et malheureusement, dans notre cas, la fin d’un monde, ne signifia pas forcement le néant, mais plutôt la renaissance d’un autre… Et cet autre monde eu une naissance extrêmement difficile, comme un énorme coup de boule à la planète. Au fil des générations, les trop rares survivants durent apprendre à s’adapter aux ténèbres, aux mutations biologiques, végétales, parfois minérales, et surtout, ils durent survivre au dernier pallié de l’Enfer offert par les Anciens, leur propre bestialité…. Mais parfois, dans les Ténèbres, la Lumière n’a pas complètement disparue, Un enfant est né dans ce Chaos, son Nom, il le tranche au fil de sa Hache, d’un… »

« Humm, Grrr ! » Raclement de gorge et grognements, auraient dû être un signe annonciateur, d’ennuis pour mon ami…

« Ok ! Ok ! Je sens votre impatience et j’y viens… c’est pour le contexte… Donc, moi je suis Ulach, fils de survivant, survivant lui-même. Je me débrouille comme tout un chacun. Mercenaire, voleur, érudit, y pas d’sot métier. C’est mon choix et parfois mes choix n’ont pas toujours été judicieux… Comme celui-ci… Et je me trouve devant vous, afin de retracer les événements, qui m’ont permis d’assister au combat le plus épique, que dis-je, une divine chorégraphie, une danse mysti….»

Le craquement d’os qui suivi le puissant poing, mis un terme à l’explication d’Ulach.

Un « …A toi !…» résonna autour de nous…

Déglutition…Peu fier dans sa pisse et son sang, mon pauvre Bertol. M’dam, p’tite pièce…merci, jolie rousse…

« Huhumm !, je suis, heu ! Bertol…je con…continu, bin, comme mon camarade, où il s’est arré…

« Ok ! Désolé !… Moi, aussi je suis là à cause que, bin de mes choix. Alors, bin la nuit venait de tomber sur le campement des Rustres brigands et, heu ! Le silence, légèrement troublé par les Glouk, piafs étranges. Heu !, d’ailleurs elles sont zarbes, ces bestioles. Venues d’on ne sait où. Ça ressemble a de grosses volailles, pas de plumes, maigrelet, un bec énorme, l’intelligence d’une sangsue des rochers…Qui font que becter s’qu’ils trouvent. Je con…continu ? Ça fait Glouk, Glouk, Glouk, et ça se reproduit en un claquement de doigt, pour ceux qui ont encore des doigts, par… par… »

« Farthénozenèze… » D’une bouche sans dents…

-« Merci, Ulach….voilà, donc une manne de bouffe dans un monde où bouffer est hyper important…Merde, c’est im-bouffable, a gerbé… et ça plullulll….Fullule…Merci, Ulach…Et, heu, j’en étais ou mo…. »

La GROSSE BAF, stoppa net Bertol…

« Bon, toi, maintenant !» Je frissonnai et failli tourner de l’œil, quand Darhn dirigea sa haute stature vers moi…Merci, pour les pièces… Je retranscris exactement les faits comme ils se sont passés… Donc,…

« Meffi, Feigneur….Hamham …Bin en brefff, outch…En fomme, on fe croyait en fécuri’é, une belle équip qu’on afait montés, Ulafff… Ulaffff… »

« Ulach … »

« merfi, Bertol. Bertol et moif, Valgor… »

« Zalgor… »

« merfi Ulafff…fingt te deux merfenaires aguerris… Don’, campement, blabla, la nui’…beuferie afrés un pillaze pfff fruc’ueux et… M’enfffin…aie….dézolé mais fous m’afez caffé la maffroire…Z’est frai, z’afais zamais fu un mek, manier afec autant de grache une haffe de bataille et autant de bea’ée dans les memb’es folant au’our de fous…En gros, fous nous afez déffffffonchés….Grafe…On fe croyaient p’us fort, et p‘us nombreux…foila… »…

« C’est bien….Toi Zargol, et les autres suivez moi…. » Darhn tira sur la corde qui nous maintenait la tête en bas, au dessus du feu. Le plus douloureux fût pour notre amour propre.

L’homme assis à l’ombre de la Station, dévissa du fond de sa chope, promena son regard embrumé autour de lui. Semblant sortir de sa torpeur, il fût surpris du nombre de Bouzgnards qui c’étaient rapprochés pour écouter LA Légende…Un petit sourire lui effleura les lèvres dans la promesse d’un repas chaud et peut-être un peu plus, au regard torride que lui lançait la Rousse gourgandine…Il prit quelques secondes, empocha les Rondelles jetées sur la table. Respira un grand coup… et dit :

« …Un gros soupir de soulagement et un petit prout chiasseux, échappèrent à mon contrôle, lorsque le doigt de la lourde main gantée, pointa ma direction… Lorsque je me rappelle ce moment, il y a déjà de nombreuses années. J’évite ce souvenir douloureux… Brrr…! , de ma première rencontre avec le légendaire Darhn, oui, il y en a eu d’autres… m’enfin, bref… On verra ça une autre fois, peut-être que je vous raconterai… Géraldine, sa fidèle Hache, trancheuse de membres, donneuse d’avis tranchés et souvent la réponse de son maître à tout probl… en fait à tout, quoi…

Bon, alors où j’en étais, mes chers Bouzgnards ? Ah oui ! Je n’ai pas à me plaindre, je n’étais pas trop mauvais guerrier, j’avais bourlingué, avec mes potes, jusqu’à l’arrivée du grand, très grand, même Darhn. Là où il passe, ne reste de son passage que molaires et bâtards… Voilà, Darhn a défoncé le camp, ainsi que ma mâchoire, quelques côtes et mes vingt deux Hom’s, en moins de dix minutes, je suis (sur)vivant. Humm, Darhn est pragmatique, Ulach et Bertol ont été vendu comme esclaves, au gouffre de Lil’. Point d’impact d’un souvenir des anciens. Zone riche en cailloux noirs pour le feu. Mais surtout, mortelle à cause de la Peste Nécro, de la Faune, de la Flore et autres Cruautés de la Nature. Je n’ai plus jamais eu de leurs nouvelles, j’espère seulement qu’ils sont morts rapidement…Humm !

Bon, Aubergiste resserre moi. J’ai soif…Voilà, Bonnes Gens, l’histoire véridique de ma rencontre avec Darhn, le grand Héro du monde chaotique qui est le notre aujourd’hui et comment je devins son narrateur officiel. Moi, Zalgor, survivant d’un monde hostile, heureux chanceux, j’ai le privilège de vous contez pour quelques Rondelles, le gîte et la couche, les Aventures d’un Hom’ hors du commun. DARHN ! Imprévisible, est sa Force. Mystérieuse est son Histoire. Il est beau. Il est… Merci, M’dame, pour ses quelques Rondelles…Où en étais-je ?… Ah oui, Aubergiste…. »

Sournoisement la nuit et sa fraîcheur descendirent sur le désert du Mont’Blan, apportant son lot de morts et de cauchemars.

Zalgor, Conteur Éméché

Mathor, se gratta le haut crane, vérifiant si quelqu’un était entré sans troubler sa lecture. Il prit le second feuillet et replongea dans cet univers fascinant.

Chronique approximative de La Tour Rouge

Le P’tit Crab’s visqueux n’eu pas le temps d’éviter les pieds lourds, qui l’écrabouillèrent lorsque le géant atterrit sur la rive de l’île de Marsalia. Darhn jeta un bref regard au passeur apeuré qui éloignait rapidement sa barque, sitôt jeté sur la plage son passager inquiétant.

La peur est une donnée inconnue pour Darhn. Il y a bien longtemps qu’il lui a fracassé la gueule à la Peur. Mais elle le fait toujours sourire quand il la sent chez les autres…

Les restes du P’tit Crab’s s’éparpillèrent définitivement, lorsque dans un demi-tour, Darhn montra son immense dos au pleutre batelier. Il ralluma son cigare de Canah, tira une longue taffe dont la fumée enivrante, lui remis les idées en place. Seuls le clapotis rapide des rames s’éloignant, et le cliquetis cannibale d’autres P’tit Crab’s, perturbèrent le silence environnant…

Dans un nuage de fumée épaisse, les yeux plissés, Darhn observa attentivement le sommet des pentes abruptes. Face à lui, un chemin ce dessina parmi les rochers acérés, jusqu’en haut.

Il réajusta Géraldine dans son étui et commença à grimper la barrière minérale qui borde l’île Maudite.

Dans le Top Trois des pires cadeaux laissés par Nos Anciens, l’île de Marsalia est le numéro moins Cinq des fils de putrie… Mauvaise réputation, dangereuse à souhait pour qui en a le courage, ou les couilles. M’enfin, ce que l’on en sait, car peu sont revenu.

Les rares Sur-(sur)vivants, avec un minimum de santé mentale encore intacte à leur retour, ne parlaient que d’une mystérieuse Tour… La Tour Rouge… Un frissonnement de plaisir, chatouilla sa nuque.

L’arrivée sur un promontoire, donna une vue d’ensemble, sur l’intérieur et l’extérieur de l’île. D’un côté, le minuscule esquif fuyant le plus vite possible sur la plaque d’huile, qui couvre la région. De l’autre côté…Darhn soupira. Un soupir de soulagement, un soupir plein de souvenirs….

La première fois qu’il entendit parler de cette tour étrange, venait d’une conversation mouvementée, à grand coup de lattes. Un truc de coucherie avec une Meuf méga douée, et les potes de son Mek pas content. Souvenir douloureux, surtout pour les potes. L’un d’eux, espérant sauver ses dents, raconta a Darhn, une bien étrange histoire…. la Tour Rouge…

Un endroit ou Darhn trouverai mieux que la mignonne et ses potes. Un lieu où l’aventure en vaut le projecteur. Rien de tel que l’appât du gain pour faire briller ses yeux de jais. Mais, attention très risqué, un secret bien gardé, peu d’élus eurent la chance de trouver le chemin de la Tour Rouge. La grosse gifle qui accompagna la remise d’un premier indice, mis un terme a la conversation mouvementée. L’endroit à visité était, La Forêt Vivante.

Dans le Top Trois des pires cauchemars laissés par Nos Anciens, La Forêt Vivante est le numéro moins Quatre. On dit vivante, mais on n’y trouve que la mort. Aucune vie…, mis à part les Arbres multi-couleurs. Aux couleurs chatoyantes, du bleu Kyanite, au rouge Rubis en passant par des verts Émeraude et des jaunes Saphir. Le vent, dans les branches, y joue une envoûtante mélodie. Une beauté cruelle où pourrissent de nombres corps exsangues aux pieds de chaque Arbres aux couleurs hypnotiques.

Les indications, données par le Bouzgnard cocu menèrent Darhn à l’orée de La Foret vivante. Dans la région de Nant’. Les anciennes bâtisses rongées par la rouille et les plantes sauvages, abritaient une grande communauté cosmopolite. Hom’s et Muto’s y vivaient dans un semblant d’ordre et de chaos. L’un ne va pas sans l’autre. La promesse d’un butin fabuleux dans La Foret Vivante, attirait tout un tas d’abrutis, prés à mourir comme des cons aux pieds des Arbres et gonfler le butin fabuleux. Certains y trouvaient leurs comptes. D’autres, un destin plus funeste. Ça faisait marcher le commerce.

Il fallu des jours à traîner dans ce cloaque pour qu’enfin, Darhn entende de nouveau parler de La Tour Rouge. Entre deux cuites et les cuisses d’une fille peu farouche, l’information suivante jaillit dans un râle explicite… La Montagne de Morts…, numéro moins trois dans ce putain de Top…La Montagne De Morts, une montagne… Des morts…Des tonnes de Morts… et des milliers de charognards de tout poils, plumes, griffes, dents, lianes, jamais rassasiés… Couvert de lianes, de dents, de griffes, de plumes et de poils, Darhn franchi les portes de Crypt’os, citée construite sous La Montagne. Le troisième indice se trouvait dans les mains fraîchement tranchées d’une grosse brute à qui, on avait demandé gentiment. Le plan tracé sur ce qui ressemblait a une peau d’Hom’, dirigea Darhn vers Aris.

Les vestiges de l’ancienne capitale réunissaient ce qu’il y avait de pire du reste de l’humanité. Brigands, meurtriers, violeurs pullulaient dans la région comme des mouches sur une charogne. Avec l’aide d’un bon nombre de tartes dans la gueule, et d’un certain Zargol, bonhomme amusant, selon Darhn. Le quatrième endroit où chercher, fût découvert facilement.

Numéro moins deux au top trois des pires emmerdes, La Vallée Acide… Pluies presque permanentes, Lacs de solvants, liquéfiant quiconque ne possède de combi. Même avec une combi, Il était conseillé d’utiliser la ligne de Fer qui traversait la Zone. Le seul arrêt possible au milieu de cet enfer, était le Dôme qui mystérieusement, résistait aux pluies. La petite communauté de Bouzgnards vivant ici, troquait de quoi subvenir jusqu’au prochain Train de Fer, chacun sa survie.

La présence de Darhn, après le départ du Train, inquiéta autant qu’elle fascina les quelques habitants du Dôme. En échange d’une poignée de Rondelles et après avoir renouvelé le génome du relais, il lui fût indiqué la direction d’une grotte. Située à quelques heures hors du Dôme, la grotte abritait un autre signe qui rapprocherait Darhn de La Tour Rouge. Sous une pluie acide, vêtu d’une combi de fortune, la fresque des Temps Anciens devant lui.

Darhn gémit de plaisir. ENFIN !, Il savait…Top du top du top des embrouilles. Marsalia…, la terreur du monde d’aujourd’hui…L’étape finale d’un périple commencé par ennui, devenu vital par envie, enfin a portée de mains.

Un dernier regard sur la mer d’huile, son billet aller avait disparu dans l’horizon. Descendant de son promontoire coté opposé, Darhn traversa un bosquet de buissons fleuris. Des papillons gros comme la main, s’enfuirent sur son passage. La Tour se dessina dans le ciel rouge permanent. …Enfin… Après des mois de recherches. Des mois à traverser le pays, a péter la gueule a des trucs et laisser quelques, Bend, Micha, et autres Brayards derrière lui. Darhn contempla, ENFIN… La Tour Rouge … Flamboyante, Majestueuse, dressée sans crainte, accrochée à la roche blanche, crachant son mépris aux visages des anciens.

A portée de mains, si proche… Elle se trouvait, encore a quelques Brasses de distance.

Une petite plaine d’herbe bleue tranquille, coupée en deux par un ruisseau tranquille, le séparait encore de son but. Un troupeau de buffles sauvages broutaient tranquillement. Le vent sec et tiède caressa le visage barbu de Darhn. La route avait été longue, mais ca en valait le coup. Il courait, plus qu’il ne marchait en direction de son fantasme, excité comme à sa première fois.

Au pied de La Tour, la lourde porte de métal qui se dressait devant lui, ne refroidit aucunement son ardeur. Lorsqu’il tambourina de son poing ganté, une voix forte et sensuelle, lui intima l’ordre de déposer Géraldine dans le râtelier. Il sourcilla une imperceptible seconde, avant d’obtempérer.

La plus belle des Meuf ‘s que Darhn, n’avait jamais vu, apparue dans l’entrebâillement de la porte. Sa gracieuse silhouette vêtue d’un voile rouge transparent, éclairée de l’intérieur, invitait à entrer. La Dame esquissa un pas de coté, laissant libre passage à Darhn, vers la salle à musique et les parfums langoureux. Sa voix cristalline susurra un : « Bienvenu à La Tour Rouge, Le meilleur Bordel du nouveau monde, vous y trouverez des plaisirs inconn… ».

Cela faisait longtemps que Darhn, n’écoutait plus la magnifique tenancière, quand elle referma la lourde porte sur lui, et les quelques mois qu’il consacra à La Tour Rouge…

Auteur Inconnu, ou trop occupé a ce nommé

Le jeune novice tremblait en lisant les feuilles anciennes. Submergé par l’émotion. Il continua de lire, oubliant le monde autour de lui.

Rencontre avec Gurl l’Imbattable

Zargol, conteur à ses heures, repentit à coups de baffes, secoua son lourd caban humide sur le seuil de l’Auberge du Trou Perdu. Le brouhaha venant de la salle enfumée, contrastait avec le silence qui régnait dans Les Plaines du Grand Chut.

 

Lors de la lecture du testament des Anciens, le partage des monstruosités avait été équitable. Plaines, Montagnes, Marrais, trucs vivant et autres avaient hérités des souvenirs pourris des Anciens. Coincée entre deux chaines de montagnes récemment crées, sur l’échelle de destruction totale, par l’impacte des Boumboum ancestrales. Les Plaines du Grand Chut, étaient couvertes d’une purée de pois tel que les sons et la vision, ne dépassaient que quelques Brasses.

Tout voyageur, souhaitant rejoindre Le Plateau d’Angle par le Gouffre de Lil’, se devait d’être exceptionnellement balèze, ou bien et afin d’éviter un détour de plusieurs jours pour rejoindre le plateau, passer par Les Plaines du Grand Chut.

Une légende disait que les plaines, se situaient à l’emplacement séparant deux régions du monde d’Avant, d’un ancien bras de manche ??? Chacun interprétera les légendes comme bon lui semble.

Traverser l’immense canyon n’était jamais de tout repos. Le silence étouffé, recelait de nombreux danger, pouvant jaillir à tout moment du brouillard. Parfois, l’écho du vagissement agonissant d’une victime du bestiaire aussi étrange que cruel, troublait la fausse quiétude des lieux. Au cœur de cette mélasse, le seul havre de semi-paix, l’Auberge du Trou Perdu, se trouvait à mi-chemin du Plateau D’Angle et Lafranc, pays d’où venait Zargol.

Dissimulée entre deux énormes rochers, la vieille bâtisse n’était accessible, qu’en connaissance du chemin parmi la brume. Bricolée par les quelques Bouzgnards qui survivaient difficilement dans la région, et relai cowboyesque, l’Auberge du Trou Perdu devait permettre a Zargol de gagner quelques Rondelles, et surtout lui apporter repos, et matos.

Après de longues heures passées dans l’angoissant silence, tout ce boucan ravi les oreilles du voyageur imprudent, qu’était Zargol.

Il se dégota une place à table, près du comptoir et du poêle à Pierre Noire. Une vingtaine de Bouzgnards et quelques voyageurs formaient la clientèle du taudis. Les petits neurones de Zargol se frottèrent deux mains imaginaires, à l’idée d’un avenir fructueux.

Une pinte d’obscur liquide et un repas chaud a base d’on-ne-sais-quoi, lui furent déposer a table, par la Daronne aux gros seins. L’arrivée d’un étranger dans une zone peu fréquentable, amenait toujours son lot de questions. Les visages suspicieux du troupeau buveurs de bier’, scrutaient Zargol, n’attendant qu’un signe de la Daronne, pour intervenir ou fuir selon leur estimation de la situation.

Le quintal qui servait de Daronne à l’Auberge du Trou Perdu, fit sourire Zargol, lorsqu’une voix fluette et détonante du personnage, annonça la première question.

« Z’êtes pas du coin, vous ? »

Zargol, retint un rire malvenu, dans un endroit ou l’humour avait disparue en même temps que la Guerre de La Grande Lumière. Il n’eu pas le temps de répondre, qu’une deuxième question sortie de derrière la colossale Daronne. Le petit bonhomme difforme, monté dans tout les sens, qui apparu dans le champ de vision de Zargol, répéta la deuxième question d’une voix forte et rocailleuse.

« Ma Meuf, vous a posée une question, nous, on ne veut pas d’ennuis. »

A la simple idée que le « couple, vraiment mal monté» devant lui, morphologiquement si différent fut les Darons de l’endroit, la mousse de l’obscur liquide, qu’il tentait de boire, s’introduisit dans le gosier, ressorti par le nez et étouffa un énorme fou rire.

Zargol, les yeux pleins de larmes, mélange de rire et d’étranglement, essuya son visage et dit calmement.

« Désolé, pas l’habitude de votre tord-bo…Bier ‘… Et, Nope, je ne cherche aucun ennui. »

Les deux Muto’s, ainsi que le reste de l’assistance, ne lâchèrent pas Zargol du regard, mais l’ambiance fit marche arrière sur l’échelle des emmerdes. La Daronne repartie comme elle était arrivée et retourna à ses activités de Daronne au milieu de la populace qui se massaient autour de Zargol et du Daron.

L’Hom, tira une chaise et s’assis en face de Zargol. Pendant quelques minutes, son regard plissé observa en silence son étrange visiteur. Zargol avait du mal à ne pas pencher la tête sur le coté, afin de réaligner ses yeux à ceux, mal placés sur la forme patatesque de la tête du bonhomme. Le silence, légèrement distrait par les chuchotements de l’auditoire, fut rompu à l’initiative du tenancier, par une mitraillette de questions.

« Z’êtes venu faire quoi par ici ? Z’allez ou ? Z’êtes qui ? Alors ? »

La riposte ne se fit pas attendre. Baïonnette au clairon.

« Je me repose, Je vais sur le Plateau D’Angle, je suis Zargol, ancien mercenaire, aujourd’hui conteur, Alors ? »

L’échelle des emmerdes s’effondra d’un seul coup, lorsque l’horrible visage, devant lui, se para d’un tout aussi horrible sourire. Le groupe de Bouzgnards formait un cercle, dont l’attention était dirigée sur Zargol et le puzzle Y’umain. Le tas de caillou qui servait de voix dans la bouche du tenancier, éraillèrent ses oreilles. Mais il prononça les mots que Zargol savait arriver.

« Un conteur, t’entend ça bobonne, quelle chance vous z’autres, on est si loin de tout »

Une volée de Rondelles rebondie sur la table, en même temps qu’une pinte de bien meilleur qualité. Zargol souriait. Partout ou il passait, son nouveau statut (par obligation, lui offrait gîtes, couches et quelques autres avantages.

« Polpol, c’est mon nom et voici Gruth ma femme, l’Auberge du Trou Perdu est à nous. Quelles sont les nouvelles par delà les Plaines du Grand Chut ? Bien sûr, tout est à nos frais, Hein Bobonne ? » Grinça le bonhomme difforme.

La Daronne courait dans tout les sens, tentant de satisfaire la montée de commandes qui agitait soudain la salle, grogna se qui ressemblait a un « oui ». Zargol apprécia la nouvelle pinte d’une longue gorgée, attendant pour faire monter le suspense. Il reposa lentement la pinte, s’essuya les lèvres, d’un coup d’avant-bras. Il prit une profonde inspiration et ressenti une ancienne douleur au niveau de la mâchoire en repensant a sa première rencontre avec le Géant.

Les années passées à conter l’Histoire de Darhn, afin de perpétrer la légende, dont beaucoup de Bouzgnards avaient besoin, comme seule note d’espoir dans se monde, lui permettaient de survivre. Au fil du temps et quelques rencontres avec son Héro, Zargol avait appris qu’une histoire bien racontée pouvait rapporter gros. Il s’éclairci la voix et ne prononça qu’un nom :

«Darhn ! »

L’édifice qui servait de relais, frissonna au nom du Légendaire Héro. Le silence extérieur se mélangea avec celui qui, maintenant se fessait dans l’établissement. Les glottes de l’auditoire complet et chiasseux, montaient et descendaient dans les gorges serrées. Zargol, comprenait, il avait ressenti la peur, lui aussi…

« Je peux vous parler des Marais Sinistres, de la bataille du Par’Dis’ey, l’Histoire de Géraldine, ou bien de la Tour Rouge, encore de La rencontre entre Darhn et Gurl L’imbattable ? Et tant d’autres histoires »

« Gurl l’imbattable…, Gurl…, GURL … ! » s’écria la foule de plus en plus généreuse et attentive.

Zargol se réjouissait dans son coin, regardant autour de lui, la première partie du plan était en bonne voie. Le semblant de nuit s’étirait sur la région, donnant à Zargol assez de temps pour remplir sa bourse et son ventre.

« Alors, ainsi commença l’Histoire fantastique, qui permit la rencontre entre deux Hom’s. Survivants d’exceptions, Vainqueurs de milles dangers. Que j’ai eu l’honneur de croiser a plusieurs reprises. J’ai nommé, Le GEANT DARHN et GURL L’IMBATTABLE … »

Un léger bruit sorti Mathor, de l’histoire qu’il vivait en même temps qu’il lisait. Il fini par replonger dans sa lecture.

 

La Route qui mena à Gurl

« Oui ! Bonnes gens et autres bidules… La fabuleuse rencontre entre DARHN et GURL … Mais, commençons par le début… »

Zargol jubilait, un coup d’œil sur la zone d’ombre du fond, sur le public acquis, et les deux choses humanoïdes le rassura. L’assistance retenait sa respiration, le suspense était à son comble… Le visage difforme de Polpol tourné vers lui, devint tout rouge.

Afin d’évité l’explosion, par manque d’oxygène, du curieux personnage assis face a lui et garder les Rondelles récupérées en bourse, Zargol repris son récit :

« Dans un monde, ou manger et être mangé, rythmait la vie en permanence. Très peu d’Hom’s vivaient assez de temps pour se forger un nom. Darhn est l’un d’entre eux. Ses faits d’armes, ses baffes dans la gueule, et autres aventures mystérieuses ne sont plus à conter. C’est vrai qu’il n’avait pas cherché sa renommée, mais il y avait pris goût avec le temps. La peur qu’il lisait dans les yeux des imbéciles, trop prétentieux ou trop cons, qui avaient entendu parler de lui, suffisait souvent par laisser Darhn en paix. Et cela lui convenait.

C’est dans les bas fonds de l’ancienne capitale Aris, que le nom de Gurl l’Imbattable parvient aux oreilles du Géant pour la première fois.

Gurl l’Imbattable commençait à faire parler de lui. Ce qui intrigua et agaça Darhn. Il en avait remis plus d’un à leurs places, les pieds sur ou sous terre. Mais les histoires qu’il entendait sur le bonhomme demandaient à être vérifiées et pourquoi pas démontées. Ainsi sont les Héros, toujours à la recherche d’un défi a surmonté.

La région de Aris ressemblait à la peau d’un Purulent, couverte de cratères, zone de largages festifs des Anciens. De grandes forêts d’arbres gris s’infiltraient entre chaque point d’impacts, créant un labyrinthe de végétation hyper hostiles.

Ils s’y cachaient de nombreux gangs de voleurs, violeurs et autres connards qui sévissaient dans toute la région. La faune et la flore n’aidant en rien au tourisme, non plus.

La ville actuelle, faite de brocs et de briques, installée dans le squelette de l’ancienne capitale, accueillait toute sorte de gus débiles.

Darhn y avait ses habitudes. Lors d’une de ses rares visites en ville, il avait nettoyé à grand coup dans le fion, la Taverne de la Soif. Petit bouge, fort sympathique, où la bière était moins dégueulasse qu’en d’autres endroits. Une bande d’abrutis y avait élue domicile, et maltraitait la famille de Bouzgnards tenanciers.

« Manger ou être mangé, si tu peux, y a pas de questions. Si tu peux pas, c’est déjà trop tard».

Depuis le départ précipité, et expéditif de la bande de couards, l’endroit était devenu plus calme et accueillant. Bien placée, la boutique était proche de nombreux bordels, salles de jeux et autres Arènes, formant un des grands quartiers de Aris. La Taverne de la Soif, accueillait une clientèle aussi hétéroclite que crétine. Darhn y était depuis, toujours le bienvenu.

Les fumées de klops, de cigares de Canah, de pipes et d’encens formaient un mélange tenace et envoûtant dès l’entrée de l’établissement. Installé à sa table favorite, Darhn regardait l’incessant va et vient du Daron, repensant à celui de la Daronne. Armé de son plus grand sourire édenté, celui-ci se démenait pour satisfaire son glorieux invité, tout comme la Daronne, lors de son précédant séjour.

Il ne fallut que quelques minutes et pintes avant que le nom de Gurl l’Imbattable, ne jaillisse dans toutes les conversations.

“T’y a vu ? Gurl l’Imbattable par ci, Gurl à fait ça… Blablabla…Ville de Yon… Ahahaha ”

Darhn scrutait la salle, suivait des yeux le nom de Gurl l’Imbattable, rebondir de tables en groupes de Bouzgnards. Un grognement d’agacement, s’échappa d’entre ses lèvres. Faisant sursauter de surprise et de peur, la pauvre serveuse occupée à la table voisine.

L’explosion de colère, jusque là contenue, envoya valdinguer, tables et clients dans tous les sens. Darhn traversa la salle, en quelques secondes. Lançant au passage une belle poignée de Rondelles sur le tenancier abasourdi….Il pris le chemin vers Yon »

Zargol, stoppa son histoire. Il leva sa pinte vide et fit semblant de boire. Une nouvelle pinte et une assiette de bien meilleure qualité furent déposées devant lui, par la douce moitie… Ou ¾ du Daron. Toutes les chaises étaient occupées et tournées vers lui, comme au théâtre. L’énorme bonne femme faisait preuve d’une dextérité assez surprenante pour sa corpulence, virevoltant entre les tables et les con’vives…

Vérifiant d’un coup d’œil satisfait, le nombre de Rondelles déposées sur la table, Zargol repris…

« …La route vers Yon n’était pas de tout repos. Mais Darhn était déterminé à rencontrer se fameux, Gurl l’imbattable. La curiosité attisait sa rage, incompréhensible pour le géant au calme olympien. Et rien ne l’arrêta, ni la meute de Gro’Dogs, ni la nature hostile, ni les quelques crétins qui voulaient se faire un nom. Il mit à peine un mois pour arriver devant les portes à ponts levis de Yon.

Peu touchée par les Anciens, la ville s’étendait sur des kilomètres, longeant le grand Désert du Mont’Blan. Les vestiges de l’ancienne ville avaient, depuis longtemps presque disparus. En partie rongés par le temps, en partie utilisés pour former les fortifications et habitations de Yon. Fief d’abrutis qui avaient choisis comme mode de vie, une encore plus ancienne époque d’Avant. Armures métalliques sans aucunes maniabilités, armes trop lourdes, noms rigolo… Seigneurs, Barons et autres débilitées. Mais, l’avantage d’une telle organisation était d’amener une certaine tranquillité dans la région. Les quelques bestioles dangereuses qui restaient, ne représentaient que peu de danger. Un Bouzgnard en moins, de temps en temps, ne changeait pas grand-chose à la donne.

Les activités de Yon et de son « Seigneur Empereur Dieu » étaient le plus souvent, les petites guéguerres entres châteaux, et le commerce de Bouzgnards. Deux éléments lucratifs pour tous mercenaires voulant faire fortune. »

Le souvenir Mercenarial et la douleur fantôme qui taquinaient sa mâchoire, ramenèrent Zargol, à l’Auberge du Trou Perdu. Il prit une longue gorgée de sa pinte, sitôt remplacée par une autre, rentabilisant l’arrêt en ce lieu. Il respira un grand coup. Le regard sembla se perdre dans l’ombre de la salle, il continua son histoire…

« … Sur le pont surplombant un gouffre assez profond, menant vers la ville, une foule disparate d’opportunistes chanceux ou non, se massait devant les portes de Yon. Les deux gardes imbriqués dans leurs armures trop lourdes, frémir d’une étrange sensation à l’arrivé du Géant aux yeux sombres. Le plus courageux ou débile des deux, voulu s’interposer au passage de Darhn. Quand le plus débile s’envola du pont, avant de s’écrasé au fond du gouffre, dans un bruit de fruit métallique. Son crétin de collègue compris sur l’instant qu’il s’agissait d’une bien mauvaise idée.

Darhn ralenti à peine, passant devant l’autre idiot, il demanda d’une voix terrifiante.

« Gurl, ou est Gurl l’imbattable ? »

Le gars, dont le casque ne lui permettait pas de lever les yeux vers le visage du colosse, répondit au torse musculeux d’une voix tremblante et malodorante.

« …Doit… Doit-être au cantonnement des mercenaires, au bout d’la grande rue…heu, Pitié… M’sieur…»

Il esquiva de justesse, manquant rejoindre son binôme, la force brute qui avançait inexorablement droit devant lui. Sans un mot, le géant fonça vers la ville. Le garde tremblant, le regardait bousculer la foule de Bouzgnards et de voyageurs, comme un buffle sauvage traverse les hautes herbes. Préférant oublier sa lâcheté, ayant une petite pensée a sa ratatouille d’ami, il reprit sa place et son taf pas assez payé de garde du pont.

Darhn, fendait la marée Y’umaine, sous des râlements d’agacements bousculés, suivi d’un « Pardon M’sieur ! », devant sa silhouette impressionnante.

Il connaissait bien la ville et se dirigea directement vers le cantonnement des mercenaires.

La lourde porte d’acier du massif bâtiment, était grande ouverte. Des rires et de la musique se faisaient entendre à l’intérieur. Beaucoup de survivants souhaitaient trouver, l’espoir ou la fortune en s’engageant chez les mercenaires. Beaucoup finissaient par nourrir une créature, une plante ou toutes autres saloperies mortelles, laissées pas les Anciens.

Alors que jadis, il y avais passé de très nombreuses heures, le terrain d’entrainement était désert. Darhn esquissa un sourire nostalgique, repensant à son vieux maitre d’arme croisé peu de temps après sa sortie du BEUKER. Pauvre Hom…

Darhn entra dans le grand hall, qui servait d’arène et de …grand hall des fêtes… Portant l’uniforme Multi couleurs de chaque Seigneurs, Barons et autres, qui pouvaient payer et guerroyaient sans arrêts, les Survivants mercenaires pouvaient trouver refuge et repos dans la neutralité du cantonnement. Une trentaine d’entres eux, formaient un cercle au centre du hall. La musique et les rires venaient de cette direction.

Darhn descendit d’un pas sûr et familier, les escaliers qui menaient directement vers le groupe. Sa haute stature, dépassait largement l’entièreté de la scène, et lui donnais une vue plongeante sur la fosse. Surpris, il ralenti légèrement en voyant le petit truc, qui attirait les rires et les chants des mercenaires. Sa colère qui n’avait pas vraiment disparue s’envola en un instant. Remplacée par une toute petite curiosité étrange assise sur un trône de bois, au milieu de l’arène du grand hall. La foule scandait le nom de l’Hom tant recherché…

« GRUL !, GURL !, GURL !…. »

Zargol le conteur, commençais à fatiguer. Il avait si bien accroché à ses lèvres les Bouzgnards et Daron de l’Auberge, qu’il s’était laissé allé et avait bu plus que de raison. L’ivresse, la fatigue du voyage et l’heure tardive qui le touchait, n’avaient pas éteins la flamme de curiosité dans les yeux troublant du Daron impatient sur sa chaise de l’autre coté de la table. Zargol regarda le fond obscur de la salle, derrière le mur de curieux avides d’histoires fantastiques, qui les sortiraient un moment de leurs misérables et pathétiques existences. Il souffla légèrement, sachant qu’il jouait le tout pour le tout, prêt à reprendre.

Mais, parfois, dans un monde ou la chance n’est plus en option, elle survient quand on s’y attend le moins. Les mots fluets prononcés par l’énorme Gruth, la Daron des lieux, vinrent comme le messie de l’alcool qui annonce l’appel de l’oreiller et la gueule en cuir du matin suivant :

« Allez tous dans vos couches, on ferme ! M’sieur Zalgor, j’vous ai mis dans une chambre double, le lit est fait. Vous continuerez demain, si vous voulez bien ? Pour le m’ment, on ferme. Allez, allez…»

Polpol le difforme, suivit sans rechigner les ordres de son épouse, repoussant les chaises et les mécontents vers leurs lieux de sommeil.

Malgré l’écorchement de son nom par la grosse Dam‘ et les protestations des autres clients. Zargol se leva et tituba lentement dans la direction indiquée par les doigts boudinés. La porte de la chambre refermée derrière lui et la promesse d’un lit douillet, firent marrer Zargol. Il regarda dans la semi obscurité la lourde silhouette installée sur le lit voisin du sien. Il jeta d’un geste précis la bourse alourdie par la générosité crétine des Bouzgnards, au géant découpé en ombres chinoises. Le cliquetis des Rondelles soupesés précéda la voix, qui même murmurée, lui faisait toujours serrer les dents et ravivait une ancienne blessure à la mâchoire.

« Hum ! T’en fais trop… »

Zargol posa sa tête sur l’oreiller propre, ferma les yeux et murmura un…

« Bonne nuit Darhn…on verra demain… Chuis mort…Rrrrrrrrrrr…»

Mathor lu d’une traite, le feuillet suivant …

L’affrontement

L’odeur de viande indistincte grillant sur un feu de pierres noires, sortie Zargol d’un profond sommeil vaseux. Lui revint en mémoire, l’endroit et la soirée financièrement intéressante, lorsqu’il se redressa sur le lit.

En un bâillement, la douleur a la mâchoire finie par le réveiller complètement. Lui faisant tourner la tête vers le lit voisin qui était vide.

Comme d’habitude, Darhn ne restait jamais longtemps en place. Silencieux, malgré sa très impressionnante stature, Darhn pouvait disparaître en un instant ou surgir aussi vite que la mort. Et s’il surgit devant vous, la mort vient très vite frapper à votre porte. Certains essaieraient, tant bien que mal, de vous dire qu’elle frappe très, très fort et surtout vite… Très vite…

En y repensant, il était soufflé par l’aptitude qu’avait Darhn à manipuler les autres. Il semblait toujours, avoir un coup d’avance sur vous.

L’Auberge du Trou Perdu, bien qu’au centre d’un grand Rien dangereux, disposait d’un confort non négligeable. Polpol mal monté et sa volumineuse Gruth, avaient rendu cet endroit presque accueillant. Zargol en profita et prit un bain, dans une eau douteuse, mais chaude. Dans le monde de désespoir et de destruction laissé comme cadeau par ceux d’avant, l’eau était devenue une denrée rare. Pataugeant dans son bouillon, il sourit en repensant à son destin, depuis sa rencontre avec Darhn. Il avait obtenu un statut et moult privilèges, d’une qualité exceptionnelle au milieu cet enfer. Mieux que sa vie d’avant.

Ses rêveries et son bain prirent fin brutalement, quand la tête Rocambolesque de Polpol apparue sur le pas de la chambre et demanda, d’une voix difficile à entendre au sortir du lit :

« Bien dormi M’sieur Zargol ? On vous a laissé dormir, mais y a d’autres voyageurs impatients de vous entendre. Le repas est prêt, dépêcher vous. Y a bien longtemps que je n’avais pas vu de conteur, comme vous…allez…  »

La porte se referma sur le brouhaha de la salle, et l’horrible faciès de Polpol. Zargol remis sa tunique en cuir, réajusta sa bourse allégée de moitié par son Géant d’ami.

La pression se fit sentir, dès qu’il passa la porte de la chambre.

La configuration des lieux avaient changés par l’intermédiaire de Gruth et de son compagnon mal monté, décidément je ne mis ferais jamais, pensa Zargol. Ils avaient transformé L’Auberge du Trou Perdu en théâtre tragi-comique dont il était l’attraction principale.

La « scène » installée en face d’un demi-cercle de chaises, était pourvue d’un vieux fauteuil rembourré et d’une table où l’attendait un gros cuisseau d’une bestiole mangeable et une pinte bien remplie.

Il finit par faire son entrée, sous les murmures d’excitation et d’impatience du groupe de Bouzgnards, un peu plus important que dans la soirée.

Le spectacle pouvait commencer. Zargol pris place, bu une gorgée de bier’, s’éclaircit la voix, détailla son auditoire.

Les Darons du lieu attendaient, le public attendait. Tous trépignant d’envie, d’entendre la suite de la fameuse et fabuleuse rencontre entre les deux Survivants légendaires.

Aux nouveaux arrivants avaient été donnés un bref, mais alléchant résumé. Assez pour que Zargol puisse entrevoir leurs fondement à travers leurs bouches béate d’impatience. Tous étaient acquis, buvant ses paroles, Zargol commença :

 » Bon, alors… Humm, oui. Ce jour là, je sortais d’une longue convalescence, suite à une ancienne vie, mal choisie… J’entendis parler du départ précipiter de Darhn et donc je parti vers la cité Yon, sur les traces de mon sauveur, afin de débuter ma nouvelle carrière.

Suivre un Géant, craint de beaucoup, terrassant tout sur son passage était chose facile. Et la rumeur disait que Darhn recherchait après Gurl l’Imbattable …

A l’entrée de Yon, un grade blafard et tout tremblant, bégaya par chance, que le Géant était arrivé en ville depuis peu.

Je suivi le chemin indiqué par le garde vers le quartier des Armes.

Après avoir traversé une foule aussi bigarrée qu’étranges, j’arrivais au cantonnement des mercenaires. La voix puissante du Géant Darhn résonna contre les murs de l’édifice, me confirmant sa présence et celle de son adversaire.

« Ainsi, c’est toi Gurl, Gurl l’Imbattable ? »

Cassant immédiatement, par la même occasion musique et rires. La peur surpris les mercenaires, en plein moment de relatif répit. Chez certains, la peur a une odeur incommodante. Face à l’événement auquel, ils allaient assister et moi avec, qui venait d’arriver en haut des escaliers du hall, l’odeur de la peur envahie le hall.

Entendant son nom, le centre d’attention des mercenaires bariolés, stoppa net son rire grinçant. L’Hom leva les yeux au sourcil unique, cherchant l’endroit d’où venait la voix. Il descendit de son trône de bois.

Il était petit. Sa taille ne dépassait pas, celle d’un Gro’dog. Sa tête arrivait au niveau de la ceinture de Darhn, qui venait de sauter dans la fosse, à quelques pas, face a lui. Sa petitesse était compensée par la tonne de muscles qui lui servait de corps. Petit mais costaud. Le choc des deux regards ténébreux, plongeant l’un dans l’autre, fit reculer la troupe, plus ou moins aguerrie de mercenaires  »

Zargol, fini de mâcher un bout de viande. En face de lui, Polpol vibrait sur sa chaise. La drôle de tête légèrement masqué par l’atmosphère enfumée, rendait la scène encore plus cauchemardesque. Il dégluti quelques mots, maltraités par l’émotion créée par Zargol :

« Z’êtes fort pour nous tenir en haleine, hein, vous autres ?  »

N’attendant pas les fin des « Oui, oui » collectifs, Zargol repris :

« Je venais de me faufiler au premier rang des mercenaires et reçu en pleine face, l’immense tension qui se jouait au centre de l’arène et l’odeur nauséeuse.

Je savais de quoi était capable Darhn, sa dextérité, sa puissance, sa rapidité… »

Zargol massa légèrement sa mâchoire…

« J’avais entendu quelques histoires sur Gurl l’Imbattable, puisqu’il s’agissait de lui, bien moins héroïques que le Géant. Mais voir ce tas de muscles sur pattes se planter devant Darhn, sans la moindre peur… Pas une once de peur… Un grand moment, mes amis, un grand moment…

Le petit Hom, tout-en-muscles était vêtu d’une espèce de costume noir, que j’avais déjà vu sur une fresque des anciens, qui lui moulait le corps sans se déchirer, par je ne sais quel magie.

Une barre de poils, lui servait de sourcil au dessus d’un regard sombre directement braquer sur Darhn. Manquait la paire de lunettes noires, pour compléter le tableau de la fresque. Le torse et les bras sur dimensionnés, reposaient sur deux jambes sèches et nerveuses. Les deux petites lames ceintes à sa ceinture trop large, représentaient un possible danger.

Gurl semblait sur de lui, il observait son adversaire de très grande taille. Les mains négligemment enfoncées dans sa ceinture, Gurl commença à tourner autour de son adversaire. La danse nuptiale, n’avait pour d’autre but, que d’observer les possibles failles du Géant.

Il souriait, d’un sourire de piano. Sa voix n’égalant pas, en puissance celle de Darhn, fit quand même trembler, les moins courageux de l’assistance :

« Darhn, le grand Darhn. Tu fais beaucoup parler de toi. Je ne sais pas qui colporte tes « soi-disant aventures » Mais il est doué le Mek… Et les Marais trop glauques… Et sa hache Kunégonde… Blabla, tout ça… Boulshit à la con…  »

Un « Ouuuhh » de l’ensemble des Survivants à L’Auberge du Trou Perdu, traça un sourire sur la bouche de Zargol. Il se fit resservir une pinte, éructa et regardant l’ensemble de Bouzgnards dit doucement, sur le ton de la confidence :

« Je ne connaissais, à l’époque, Darhn que depuis peu. Mais une chose était sûre, il était d’un calme impressionnant dans toutes situations, comme si le monde hostile, n’était qu’un grand terrain de jeu pour lui.

Le connaissant mieux maintenant. Je sais qu’il est très confiant en sa capacité à manier Géraldine, sa hache. Faisant corps avec elle. Un jour, il faudra que je vous raconte Géraldine. Malgré sa très impressionnante stature, il est doté d’une vitesse d’exécution presque mystique. Et je vous prie de me croire, mon cher Polpol, et braves gens, qu’une rencontre avec Darhn laisse plus ou moins des marques indélébiles. Mais, je m’éparpille … Bon alors :

« Darhn regardait le petit Gurl exécuter son show sous les regards angoissés de la foule de mercenaires. Mise à part, le mouvement latéral du cigare de Canah, son visage buriné et barbu ne trahissait aucunes émotions. Mais ses yeux noirs de jais suivaient attentivement le manège du petit Hom.

Devant autant de dédain, Gurl l’Imbattable continua ses cercles autour de Darhn, claironnant à qui voulait bien l’entendre :

« Alors comme ça, tu me cherche, bin tu m’as trouvé… Et on fait quoi maintenant ?  »

Étrangement, Darhn n’utilisa pas toute la force de sa voix à glacer le sang, mais murmura quelque chose que même Gurl, pourtant à quelques mètres, n’avait pas pu comprendre :

« Humm, M….n…ies  »

Le bonhomme en noir moulant, paradant autour du Géant, fronça le sourcil-moustache et, tendant l’oreille, demanda :

« Qu’est-ce qui dit le gros balouuuuuu… Aieeeee  »

Ni moi, ni personnes, dans le bâtiment des mercenaires, n’avait vu où compris, ce qu’il s’était passé. En un mouvement imperceptible, Darhn avait attrapé les deux oreilles de Gurl, et le soulevait au niveau de son visage. Stoppant net la comique parade de Gurl l’Imbattable. Il prononça un peu plus fort :

« Humm, … Maintenant tu arrête tes conneries  »

Gesticulant comme une Mouchamerde, prisonnier de la toile d’une énorme Arach, Gurl hurlait. Les insultes déversées par sa bouche édentée se noyaient dans les gémissements de douleurs :

« Arg, ‘culé, Aieuu, lâche moi, p’ tain de Bouz… Argggg…  »

Toujours tenu à bout de bras, s’en le moindre effort, par Darhn. Il tenta d’insérer l’une de ses petites lames dans l’avant-bras du Géant. S’il n’avait pas sous estimer son adversaire, le combat aurait été complètement différent. D’un geste bien rodé, Darhn le catapulta à l’autre bout de l’arène. Gurl vient s’écraser, dans un grand fracas, sur le trône de bois.

Les « Vivat » et autres « Aouh, Aouha » scandés par les mercenaires, changèrent de camps instantanément. Ce qui est fréquent dans un monde brutal.

 

Darhn, n’avait pas bougé. Il rallumait son cigare. Le nuage euphorisant s’éparpilla, lorsqu’il évita le dossier du trône, lancé par un Gurl furibond. Le petit Hom, rouge de rage, se précipita sur le Géant. Fines lames en avant. Sa course fut arrêtée brusquement par la grosse Rango, qui l’atteint au visage. Reculant de honte et de douleur, le nez en sang. Gurl repris sa ronde autour de notre Héro…  »

Polpol s’imaginait toute la scène, les mots qu’il entendait, étaient pleins de rêves et d’aventures, qu’il ne vivrait jamais. Zargol souri et continua son récit :

« Donc, Gurl regardait le Géant et l’on pouvait lire sur son visage tuméfié, un semblant de peur. Il avait mal jugé l’imposante silhouette, qui n’avait pas bougé d’un iota. La légende serait-elle vrai ? Darhn, le Géant existerait vraiment ? Tout ce qui est dit, c’est produit ?

Gurl était plus malin que puissant, malgré ses muscles difformes. Il avait toujours réussi à surprendre ses adversaires. Mais là, c’était une autre paire de manches.

Faisant mine d’essuyer le sang, qui coulait de son gros nez, il tenta d’un geste du pied, un jet de sable au visage de Darhn. Qui non seulement rata sa cible, mais lui révéla trop tard, le puissant poing ganté fonçant droit sur lui. Le choc fut si violent, que Gurl recula de plusieurs mètres, complètement sonné. Les cris des mercenaires avaient attirés tout un tas de gus, scandant en cœur d’abrutis :

« Darhn, Darhn… DARHN …»

« Darhn, Darhn… DARHN…  » Criait l’intégralité des Bouzgnards de l’Auberge Du Trou Perdu. Zargol ramassait les Rondelles au fur et à mesure qu’elles étaient jetées devant lui. La bourse devenait de plus en plus lourde. Darhn avait raison, toujours raison…Les Bouzgnards, crédules jusqu’à la bêtise… M’enfin, pensa t’il. Il était repu, lavé, enrichi. Il ne lui restait plus qu’a finir son récit, ramasser son sac réapprovisionné et quitter cet horrible endroit. Et surtout ne plus avoir cette panoplie de tronches dysmorphiques en face de lui.

« Gurl énervé par ce revirement de situation, recula hors de portée du Géant. Il balayait l’arène de ses yeux apeurés, à la recherche d’une échappatoire ou d’un coup de bol gigantesque. Darhn, dans un nuage de fumée, avança vers lui d’un pas décidé. Gurl recula encore un peu, encore un peu. Brusquement il s’élança à toute vitesse sur la gauche du gros lourdaud. L’une de ses petites lames brillait dans sa main. Il tournait de plus en plus vite autour de Darhn, porté par ses jambes étrangement rapides, au vue des muscles supportés.

En pleine course et d’un geste rapide, la lame fila sur sa cible. Elle effleura la joue du Géant et trancha net l’une des mèches de sa coiffure dreadée.

La salle de l’Auberge, ainsi que le grand hall du cantonnement des mercenaires poussèrent un « OHHHH …» Attendant la réaction de Darhn. Sans quitter le nabot des yeux, il passa un doigt ganté sur l’écorchure, essuyant le sang.

Gurl tournait, tournait à un rythme effréné, il savourait sa petite victoire. Courte, fut sa victoire, lorsqu’il s’encastra de toute la vitesse de son corps contre le torse musculeux de Darhn. Profitant de l’inattention de Gurl, celui-ci s’était déplacé sur la trajectoire du guignol en collant noir. Le mur y’umain, qu’était le Géant, transforma le sourire piano de Gurl, en sourire d’Irradiés, sombre et ridicule.

Gurl avachi aux pieds gigantesques de Darhn, pleurait, a pleine…à vide bouche…

Sans un regard, Darhn ralluma son cigare, grimpa hors de la fosse. La foule s’écartait devant lui, le laissant monter l’escalier qui le menait au panthéon des héros. Ainsi, naissent les héros…

Au sortir du bâtiment, les pleurs de Gurl furent submergés par de multiples railleries et insultes. Ainsi, meurt les héros.

Zargol respira un grand coup. Il regarda la silencieuse assemblée, réunie à l’Auberge Du Trou Perdu. Polpol ressemblait à une statue de pierre noire, raté par son créateur,. Gruth retenait assez d’air, pour gonfler un ballon aérien. Les Bouzgnards plantés comme une forêt d’Zombie, bougeaient a peine. Pour redonner vie a l’ensemble de la salle, Zargol sorti un objet de sa veste et le jeta sur la table. La mèche d’une Dreadlocks fit basculer en arrière, la vieille bâtisse et ses occupants.

Zargol arborait un magnifique sourire. Il se leva, pris son sac rempli gracieusement par les propriétaires et se dirigea d’un pas décidé vers la sortie. La porte sur Les Plaines du Grand Chut s’ouvrait à lui. Un dernier regard sur la foule de Bouzgnards massés autour de l’Artéfact capillaire. Il tourna les talons et s’enfonça dans la brume.

Quelques Brasses plus loin, dans une purée de pois plus épaisse que l’entrecuisse d’une gourgandine négligée, il sursauta au son de la voix si connue et si crainte :

« Alors, combien ? »

Darhn était derrière lui. Zargol aurait du s’y attendre mais il se faisait avoir a chaque fois.

« Tu fais chier Darhn, depuis l’temps, tu devrais savoir que je chie dans mon froc. »

Une lourde main se posa sur son épaule, qu’elle serra d’un geste amical et la grosse voix rétorqua :

« Zargol, tu devrais savoir que j’adore ca… Bon alors, combien ? »

« Ok, ok, Deux cent Rondelles, chacun… »

« Tu vois, je te l’avais dit, les Bouzgnards sont des cons. Une belle histoire, avec quelques baffes dans la gueule et voila. Mais évite d’en faire trop, la prochaine fois»

La brume épaisse et dangereuse des Plaines du Grand Chut absorba les deux silhouettes. Un rire gras fit hérisser les poils sur la nuque de Polpol et de son établissement.

D’une seconde traite, le jeune novice passa, d’une main tremblante au papelard suivant…

La fille aimée par le soleil

Cela faisait des cycles que Darhn attendait ce moment. Lui si prévoyant, ne savait jamais comment allait se passer leur rencontre. Le lieu de rendez-vous ne pouvait changer, immuable, privilégié. Malheureusement il n’était accessible que pendant une très courte période.

En effet la région servait de lieu de vie, à toute une tripotée d’insectes dévoreurs de monde, les Fourmis géantes, les Kafar’, et d’autres saloperies toute aussi dangereuses. Le seul moment ou l’on pouvait rejoindre l’ancien golfe de Gascogne, était l’arrivé massive des Glouk. Oiseaux étranges, inoffensifs, particulièrement chiant a s’en débarrasser. Leur reproduction par division cellulaire en faisait des parasites difficiles à endiguer. Leur migration, les menaient une fois par cycle solaire sur les terres asséchées du pays des insectes.

Les Glouk mangeaient plus vite qu’ils n’étaient mangés, ce qui réduisait chaque cycles, le trop grand nombre d’insectes, et par la même occasion, le trop grand nombre de Glouk. Gascogne, terrible zone, ou s’aventuré menait souvent dans les limbes infernales des Anciens.

C’est par hasard que Darhn avait fait la rencontre la plus merveilleuse de sa vie.

« Aurora, sublime Aurora… »

Il recherchait un crétin, dont la mise à prix était assez alléchante pour quitter le confort de la Tour Rouge.

Le gars aurait volé le sceptre idiot, du tout aussi idiot, Seigneur Empereur Dieu de Yon.

Darhn se contrebalançait de savoir si le type était idiot ou juste débile, la prime, lui suffisait. Il parti sur les traces de ce Yool, pauvre Bouzgnard malchanceux. Sa piste était aussi facile à suivre qu’un troupeau de buffles sauvages dans la chambre d’un bordel quelconque.

Une fois, il avait vaincu une nuée de Mouchamerde, entité vivante a part entière. Combat rude mais expédié par un cadeau explosif de Grand Père Col’. Les insectes étaient plus supportables que ses oiseaux débiles.

Yool avait mené Darhn en direction de Gascogne, ce qui déjà l’emmerdait, il détestait les Glouk, stupides bestioles immangeables.

Shootant quelques volatiles sur son passage, Darhn rejoignit les souterrains de Bord de L’O, cité minière, peuplée de Muto’s mal montés. Passant leurs misérables vies à creuser une terre pourrie, à la recherche un moyen de quitter leur trou. Oubliant qu’à la surface, le coup de pied dans les couilles, donné par les Anciens, avait fais place à une énorme tumeur purulente.

Yool, devait se terrer au fond d’une mine, épargnée par les insectes. Beaucoup profitaient du répit donné par l’invasion des Glouk, pour commercer avec les zones extérieures. Brassant le génome de la colonie et apportant de nombreuses opportunités à qui en avait les couilles.

Parcourant les tunnels, profitant de faire quelques achats, boire quelques pintes, Darhn s’éloigna du centre d’activité principale. Il atteint les bidonvilles limitrophes dans le gruyère de Bord De l’O.

Il était proche de la surface, lorsqu’il déboucha sur une grande cavité éclairée par un rayon de lumière qui filtrait par un trou au plafond. Il resta scotché. Bouche Bé, parcouru par un étrange frisson.

Devant lui, illuminée par la mystique lumière du soleil, la plus belle, la plus sublimé des « Fem’s », comme disaient les Anciens.

« Aurora …».

Elle se tenait debout. Sa peau sombre, comme aimée par le soleil, tatouée jusqu’au bas du dos, enivrait encore plus le Géant. Il se trouva encore plus décontenancé lorsqu’il croisa son regard noir, brillant de milles étoiles.

Darhn avança de quelques pas, n’osant troubler l’instant. Briser le lien qui venait de se créer. La fille ne bougea pas, fixant Darhn de son regard fascinant. Jamais personne ne lui avait fais un tel effet. Il avança encore et trouva où poser son imposante silhouette, non loin de la belle. Il n’osait regarder ses courbes tant la crainte de la décevoir, lui serrait les entrailles.

Yool fut oublié pendant quelques temps, mais n’en profita pas pour disparaître au plus loin de Darhn.

Le temps passait sans qu’aucuns des protagonistes ne rompt le silence. La nuit tombant, la lumière baissait doucement annonçant la fin de cet instant de grâce. A contre cœur Darhn dû quitter sa belle, avec la promesse d’une nouvelle rencontre. Chacun poursuivant son chemin, n’osant déclarer ses émotions ressenties. Adieu Aurora…

Après avoir retrouvé le stupide Yool et son larcin, Darhn escorta à grand coup dans l’fion, un Yool tout penaud et suppliant, vers la ville de Yon. Le dit Bouzgnard fut vite remis à L’Empereur Machin en échange d’une bourse bien rempli. Le sceptre idiot « non » retrouvé de l’autre débile, fut revendu et agrémenta la dite bourse.

La route avait été longue mais pas un instant, Aurora n’avait quitté l’esprit pourtant métrisé de Darhn le Géant. Tueur de Strum’s, dézigueur de bandits. Lui dont le calme et le contrôle de soi était devenu légendaires, tremblait d’un étrange sentiment jamais approché. Il avait fourré de nombreuses gourgandines, meuf’s, catins et quelques Muto’s pas dégeu, au cours de sa longue vie, mais il ne s’était perdu ainsi dans les yeux d’une « Fem » que devant Aurora.

Darhn savait qu’il devrait attendre encore un cycle complet avant de revoir celle pour qui son cœur sec venait de revenir parmi les vivants.

Il occupa son temps entre cassage de gueule, beuveries et petits arrangements avec Zargol, un des rares Y’umain qu’il tolérait près de lui. Plus l’impatience le gagnait, plus les baffes étaient fortes, et plus souvent Géraldine prenait la parole. Un soir un peu trop arrosé, il s’était laissé aller à quelques confidences auprès de Zargol. Celui-ci, aussi imbibé que lui, avait sorti un discours à la con sur un truc des Anciens. Un truc appelé « L’Amourrr », qui semblait-il, touchait Darhn au fond de lui. Un truc à la con, quoi !

Le temps semblait long, mais la prochaine période de grande migration des oiseaux débiles, commençait dans moins d’un quart de cycle. Darhn se trouvait dans les bas-fonds d’Aris, combattant dans les arènes, pour tuer…le temps. Il commença lui aussi, sa migration vers Gascogne et la cavité lumineuse de Bord de l’O.

Shootant quelques volatiles sur son passage, il se précipita pour la deuxième fois, sans passer par la case boisson, dans la caverne aux sensations mystérieuses.

« Aurora …»

Elle était la, devant lui, semblant l’attendre depuis toujours. Sa peau mulâtre était un appel aux caresses. Les dessins mystérieux descendant sur son dos, accompagnaient la courbe d’une paire de fesses désirables. Une batterie de tambours secouait avec un rythme effréné, la poitrine du Géant. La douleur ressentie, charriait un sang revigorant dans tout son corps. Ainsi passa le temps sans qu’il ne comprenne ce qu’il lui arrivait. Aurora le fixait, sa chevelure noire rabattue sur le coté par un coup de vent invisible, lui donnait envie d’y plonger le visage, afin d’en respirer les suaves senteurs. Souriante d’un sourire envoûtant, ne prononçant aucun mot, ses yeux étoilés vidant Darhn de tout courage. Elle était de nouveau là, devant lui. Ils restèrent de longues heures ainsi.

Parfois le goutte à goutte de l’humidité intérieur, les « glouk, pop, glouk, glouk, pop, pop » de ces stupides piafs ou bien le son étouffé de la mine, troublaient le silence. La disparition du soleil repoussa encore d’un cycle leur prochaine retrouvaille. Darhn quitta à nouveau et contrecœur sa raison de vivre.

Plusieurs cycles solaires passèrent de la même façon, sans qu’aucuns des deux tourtereaux, n’avouent leurs sentiments. Un geste par-ci, un regard par-là, mais pas plus. Darhn, n’entretenait la machinerie à chiards, que par instinct de survie, ou pour renouveler le génome d’un lieu.

Toutes ses pensées allaient vers Aurora, il était fou d’elle. Ce pas si connard de Zargol avait raison, il était touché par c’te p’tain d’Amourrr. Ce sentiment nouveau, était intrigant mais commençais à déconcentrer Darhn, ce qui l’agaçait aussi. Il perdait sa concentration, se qui n’arrivait jamais. Pas de danger pour lui, sa force et sa complicité avec Géraldine faisaient toujours la différence face aux crétins. Mais tout cela le troublait, au point ou il décida qu’il était temps d’éclaircir la situation avec Aurora. Il parti, donc pour Bord de l’O, d’un pas volontaire.

Darhn était arrivé sur les terres insectoïdes, légèrement avant les crétines volailles et leurs utiles migrations. Au détour d’un monticule de terre sèche, il tomba face à un Kafar’ géant aspirant, l’intérieur comme on sirote un cocktail, les restes d’un pauvre Bouzgnard.

A l’apparition du Géant, la bestiole jeta l’enveloppe vide du Costum’d’édgar, et se redressa sur quartes de ses six pattes. Les antennes frétillaient dans l’air. Darhn dégagea Géraldine de son écrin, et lui fit décrire un mouvement circulaire.

La lame entra sur le coté gauche du Kafar ‘, ressortie par la droite, séparant en deux, thorax et abdomen. Le liquide verdâtre, composé des entrailles de la bestiole et des restes liquéfiés de son dernier repas, giclèrent sur Darhn, lui donnant un air beaucoup plus terrible.

La foule de mineurs Muto’s s’écartèrent en signe de crainte et de respect pour le Térrasseur d’insectes. Darhn, dont le cœur accélérait a chaque pas, le rapprochant de son désir, fendait l’air vicié des mines de Bord de l’O. Plus que quelques couloirs sombres de la mine et ils seraient enfin réunis.

Le choc fut brutal, son rêve, son fantasme disparaissait sous les coups de pinceaux d’un abruti de Bouzgnard en train de repeindre la fresque des temps anciens. Aurora, sa bien aimée, son sourire cajoleur, sa chevelure noire descendant en ondes sensuelles, ses formes sulfureuses, ses dessins mystiques glissant sur son corps harmonieux, ses yeux pétillant de vie, tout avais disparu.

Tout était détruit par l’acte ignorant d’un crétin qui fini de repeindre le mur, ou reposait a jamais la belle Aurora, avec le sang contenu dans sa tête écrasée contre, par le puissant Darhn.

Le cri de rage et l’extinction définitive des battements cardiaques, laissèrent bien des traces et pour longtemps, sur les murs crasseux de Bord de l’O.

Ainsi fini, l’unique véritable Amourrr, du légendaire héro…

Confidences sur l’oreiller

« MATHOR, stupide idiot, donne-moi CA ! », furent les derniers mots qu’entendit le susnommé, avant d’être roué de coups par le Grand Narrateur Zargol et de sombrer dans un coma rempli d’histoire étrange. Mettant ainsi, fin à sa lecture. Et surtout, promesse de nombreuses douleurs en punition, de la pire connerie qu’il n’ait jamais faite …

A Suivre…

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