« Fidélité »

 

« IMAGE A VENIR »

Lorsque je sentis les premiers signes de son réveil, mon cœur s’emballa. Il grommela, comme à son habitude, un truc incompréhensible. Je me blottis contre lui, échangeant notre chaleur corporelle, avec beaucoup de délices. Ses gestes matinaux étaient, le plus délicieux des cadeaux qu’il pouvait me faire.

Il sortit du lit, toussa les pétards de la veille. Les premiers gestes naturels de tout homme au lever du lit, sont rythmés par un grattage de couilles, et l’évacuation d’une vessie surchargée. Comme à son habitude, les premiers gestes du matin expédiés, il se dirigea vers le coin cuisine.

La préparation du petit déjeuné se déroula sous ses mots doux, prononcés par sa voix douce. Je frétillais d’impatience et de peur, sachant qu’il devait partir pour la journée. Le petit déjeuné englouti, pour lui comme pour moi, permis encore un peu de tendresse avant son départ déchirant. Je déambulais dans l’appartement attendant qu’il en finisse avec la douche.

Le moment fatidique arriva plus vite que prévu. Habillé, nourri, il me fit un « au revoir » digne d’une princesse. Les mots rassurant sur son retour dans la soirée, me faisaient comme une aiguille dans le cœur. La honte me rattrapa lorsque je me surpris à l’appeler à travers la porte. J’étais folle de lui, il est mon être cher, mon dieu, mon maître, je suis complètement dépendante de lui. Un vrai plaisir.

Je criais toujours face à cette putain de porte. Espérant quoi ? Qu’il ferait demi-tour ? Et qu’il risquerait notre seul moyen de subsistance ? Non ? Je devais être patiente comme chaque jours. J’entendis la porte de l’immeuble claquer d’un coup sec et déchirant, me laissant en peine avec ma solitude. La matinée se déroula lentement, sans aucune visite. L’ennui me poussa à me recoucher.

Vers midi, une idée sotte titilla mon esprit. Et s’il était parti pour toujours ? Et s’il en avait trouvée une autre ou un autre, pourquoi pas ? Je ruminais ainsi pendant une bonne heure, guettant à chaque instant sa potentielle arrivée imprévue. C’était déjà arrivé, un souci au travail et le voilà revenu plus tôt que prévu, me mettant en joie. J’aime les surprises, c’est tellement excitant. Pour mon malheur, la journée fut longue, très longue.

L’idée saugrenue revint emmerder mon esprit en milieu d’après-midi. Elle prenait de plus en plus de place. Impossible, il m’aime autant que moi, je l’aime, c’est sur. J’avais beau changer d’endroit dans le petit appartement, du canapé au lit, de la chaise au bureau. Rien n’y fessait, l’idée empoisonnée, ne me laissait pas en paix. Je m’impatientais de plus en plus. Je shootais dans un truc au sol, puis dans un autre, jouais avec un fil, pour nourrir les secondes se découlant au ralenti. Imaginant le pire comme le pire.

Passant le temps du mieux que je pouvais, repoussant avec force toutes pensées gênantes. L’attente fut longue, très longue. C’est comme ça, il me manque. Les autres hommes n’ont aucun pouvoir sur moi. Seulement lui, rien que lui et pour toujours.
Le soir tomba enfin, annonçant son probable « retour incessamment sous peu »…

Je dormais légèrement d’une énième sieste réparatrice lorsqu’un instinct ancestral, me réveilla brusquement. J’avais senti sa présence dans le hall de notre domicile. Il était rentré, aucune escapade infidèle. Je suis heureuse, « mon homme » est de retour. Mon corps vibra de plaisir à l’annonce de ses caresses. La promesse de son amour pour moi accéléra en même temps que la montée de l’ascendeur trop lente. Le bruit des clés dans la serrure confirma ce que je savais déjà. Je suis folle de lui, à en mourir, s’il le fallait.

L’amour et la faim me faisaient frotter mon corps, sur ses jambes en mouvement affairées à préparer mes croquettes. Je l’aime. Un ronronnement jaillit de ma gorge lorsqu’il me prit dans ses bras. Caressant le sommet de ma tête avec toute la tendresse que je lui reconnaissais. Il déposa, avec un baiser humide sur ma truffe humide, le sac plastique qu’il tenait d’une main sur le plan de travail de la cuisine. Je l’adore. Sa voix merveilleuse murmura un doux :

« Ca va ma beauté ? Hein Marley ? Oui mon Chat, attend un peu, je vais te donne a manger… »

« Miaou, Maou. Mahou, miaou … »

 Marley, chatte bien heureuse…

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