« Havre de paix »

« Image a venir »

Quinze années qu’il était perdu au milieu de nulle part. Dans un trou au milieu d’autres trous. Crusoé soupira de plaisir. Il avait trouvé la paix de l’esprit quand, il était arrivé dans son îlot paisible. Loin de la cohue d’un monde devenu infernal, il posa la tête contre la paroi fraîche derrière lui. Il tendait l’oreille essayant de percevoir les bruits environnant. Rien, un silence reposant pour ses petits neurones surmenés.

Crusoé aimait cet endroit pour son calme et sa fraicheur, contrant ainsi les turpitudes accablantes de l’été torride. C’était le seul espace ou il aimait attendre «Vendredi », annonçant de brèves mais intenses aventures.

Ah, Vendredi. Que du plaisir pour quelques jours. Puis, reprendrait le traintrain quotidien. Récupérer les feuilles, ramener les tas de feuilles, l’épuisait physiquement mais surtout mentalement. Les taches répétitives et débilitantes, vampirisait le peu de volonté qu’il lui restait. Faisant de lui, un pauvre Zombie n’attendant que « Vendredi ».

Ah Vendredi, si désiré, mettait de longues heures à arriver. Crusoé se sentait bien à l’abri des regards dans Sa cachette. Personne n’aurait imaginés le trouver là « bien à la fraiche ».

Plus que quelques heures au fond de son trou, à défier les Dieux des emmerdes.

Soudain, venant de l’extérieur de sa cache, Crusoé entendit, à plusieurs repris son nom :

« Crusoé, Crusoé ? Où êtes-vous ? »

L’interpellé souffla de dépit, il ne pouvait décidément pas rester tranquille quelques heures, le temps de la journée de Vendredi, au moins ? Non ?

La voix de Jean-Eude, son sous-directeur-de-secteur-de-mes-deux, continua de l’appeler, se rapprochant de sa cachette :

« Crusoé, Robert Crusoé ? Vous êtes là ? » Toquant à la porte :

« N’oubliez pas, le Grand Directeur attend de vous, complète soumi…Heu, complète obédience pour le dossier Machaintruque. Crusoé ?, Il le lui faut de toute urgence Lundi matin. Robert, vous m’entendez ? »

Les rêves d’aventures de Crusoé Robert, disparurent en même temps que le bruit de la chasse d’eau, qui donnait sa réponse au crétin prétentieux derrière la porte des toilettes du bureau de l’agence de voyage, ou il travaillait depuis quinze très longues années…

FRICHH bloup Chhhhh !

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