Les Douze travaux de Darhn (Part II)

Histoire à mourir debout...

Suite des Douze travaux de Darhn (Part I)

 Les grognements de satisfactions qui accompagnaient les gargouillements de mastications, renforçaient la joie que Krol’gom ressentait. Son peuple était repu et les réserves de nourriture, leur permettraient de tenir pendant la Grande Tempête. Par sa victoire, il avait hérité du harem de Bozar’sar le Déchu et avait fécondé plusieurs des Fumel Natives, dès leur retour à la tanière. La meute ne comptait plus qu’une trentaine de survivants, tous étaient, maintenant sous ses ordres et la fête battait son plein.

La viande grillée remplissait la caverne principale d’une odeur de chair qui fit frissonner le nouveau chef. Il regarda le corps nu, allongé dans la cage, installée sur la droite de son trône d’ossements. Il passa la langue sur ses crocs mal entretenus en pensant au festin qu’il allait faire de l’agile Bonhomme. Le grand Y’umain encore inconscient avait été délesté de tout son équipement avant d’être enfermé. Le manteau cachait une variété d’armes de toutes sorte, du tranchant au perforant en passant par tout un arsenal de flasques mystérieuses. Le coup à la tête avait été violent mais l’hom avait survécu et il n’avait pas reprit connaissance pendant le voyage du retour.

Maintenant le clan mangeait et Krol’gom attendait le réveil de son invité-à-déjeuner et surtout les hurlements de terreur, qu’il ne manquerait pas de pousser. Krol’gom prit le morceau de cuisse rôtie, d’un des mercenaires vaincu, que lui tendait l’une des favorites de son prédécesseur en signe de soumission. Pour la remercier, il appuya la tête de la Fumel vers son entrecuisse. Les membres survivants lui montrèrent allégeance tout au long de la soirée en lui offrant présents et gestes de soumissions.

La meute ronflait de béatitude aux quatre coins de la tanière, l’estomac distendu par le médianoche organisé. Un groupe de trois Carniv’ copulait convulsivement dans un obscur recoin de l’antre sordide. Krol’gom bourdonnait de sérénité, vautré complètement nu sur son trône. Il avait dormit à poings fermés, le sexe encore relié à ses différentes partenaires. Il sorti d’un rêve appétissant avec une curieuse sensation désagréable qui le taraudait derrière la nuque.

L’étranger était assis en tailleur au centre de la cage, exhibant sans honte ses attributs. Il souriait de toutes ses dents blanches. Krol’gom fut décontenancé par le regard malicieux de l’étrange personnage qui ne le quittait pas des yeux. Il déplia sa puissante masse musculaire, bousculant au passage les Fumel, collées à lui par un fil d’amour.

Le maitre du clan enfila un bas de chausse en peau d’hom, bizarrement gêné par sa nudité devant cet étrange et valeureux Bonhomme. Celui-ci ne le quitta pas du regard, semblant s’amuser de sa situation pourtant désespérée. Les bleus et écorchures couvraient son corps sec et noueux mais il ne semblait ressentir aucunes douleurs. Son visage tuméfié ne montrait aucune émotion, hormis un petit air narquois qui exaspérait Krol’gom. Il cracha au sol avec mépris. Le puissant chef sortit vider sa vessie à l’extérieur de la grotte en grommelant des insultes au prisonnier.

Le nouveau chef du clan de Lher’ne était assis sur son trône. Auprès de lui se tenaient les meilleurs chasseurs et pisteurs de la meute. Devant eux se tenait le captif, toujours dans son costume de naissance et de mort. Il arborait un sourire violacé par les coups qui ne semblaient avoir aucune conséquence sur son comportement. Merde, il devrait être terrifié, chier le long de ses cuisses. Krol’gom stoppa d’un geste de son énorme main, les chuchotements de sa garde rapprochée. Un tremblement dans la voix trahi une étrange crainte quand il prononça d’un ton qui se voulait imposant, un :

– Donnes ton nom, petit casse-croûte.

L’hom s’assit lentement au sol et fixa ses yeux d’un bleu perçant droit sur ceux de Krol’gom. Le malaise qui parcouru l’assemblée de mangeurs de chairs Y’umaine, tranchait avec la force brute qui flottait dans l’air, surchargée de testostérones et d’effluves bestiales. Il passa sa main droite sur son visage douloureux et gardant son sourire troublant. Il déclama avec beaucoup d’entrain :

-Mes chers amis, nous avons quelques points en commun. Devant vous se tient le grand Zargol. Aventurier, au service des faibles et grand Narrateur du temps présent et passé. Malgré les apparences, je suis ravi d’être en votre compagnie en se jour funeste. Je souhaiterai obtenir de votre par quelques collations et autres breuvages me permettant d’étancher cette soif qui m’indispose. Par exemple de l’eau fraîche serait bien venue, merci d’avance.

Zargol termina sa tirade par un immense sourire qui décontenança l’assemblée cannibale. Un long silence plana dans la grotte principale de la tanière. Tous tournèrent les yeux vers leur chef qui rongeait son frein devant cet étranger. Krol réfléchissait un peu plus vite que la plupart de ses chasseurs mais présentement il ne comprenait rien à la situation. Il devait trouver une réponse à faire, avant que l’un des Carniv assis à ses côtés, ne détecte et ne profite du moment de faiblesse qu’il pouvait manifester.

Krol’gom éclata d’un fou rire à demi-forcé et donna un grand coup dans le dos du pisteur assis à sa gauche, faisant sursauter le dit crétin, envoyant valdingué au loin le morceau grillé d’un Bouzgnard, qu’il dégustait goulûment. Aussitôt, l’assemblée reprit en écho le rire gras du chef de meute. Zargol souriait toujours, seuls quelques tics au visage, rappelaient le passage sous les coups de butoir qu’il avait reçus en guise de bienvenue.

-Nous allons, nous repaître de ton corps et absorber, ainsi ta force et ton arrogance. Déclara Krol’gom, les dents pointues et tranchantes misent en avant pour appuyer ses mots. Il gonfla son puissant torse, paradant fièrement devant la meute sanguinaire.

L’hom, prénommé Zargol, cherchant une meilleure position, bougea sur place et planta ses yeux directement dans le cerveau de son interlocuteur, rajoutant une couche de malaise au milieu du groupe de Carniv. Il poussa un soupir d’agacement et rétorqua d’un ton badin :

-Je ne pense pas mes cher(e)s ami(e)s. Voyez vous, je me suis présenté à vous avec l’intention de propager la légende d’un grand Hom et de reprendre mon chemin après cela. Bien sûr, je souhaite vivre jusqu’à un âge honorable et renouveler nombres génomes de par le monde. M’sieurs, toujours pas d’eau pour un pauvre hère assoiffé ? Quel manque d’hospitalité.

La meute hurlait d’un fou rire à glacer le sang, faisant trembler sur place, les prisonniers pas encore cuisinés. C’était la première fois que la nourriture se jouait du clan, normalement c’était plutôt l’inverse. Seul Krol’gom avait fais mourir son hilarité précédente et regardait sérieusement l’hom nu assis au sol devant lui. D’un grognement il intima l’ordre à la meute, qui obéie instantanément, le plus parfait des silences.

-Mouarf ! Rien ne m’empêche d’écarteler ta carcasse et de la partager avec ma troupe. Alors selon toi, quel miracle pourrait sauver ta misérable vie, petit Y’umain ?

Krol’gom triomphant, s’approcha du détenu nu et le souleva d’un geste brusque, serrant le cou du grand bonhomme qu’il pouvait briser d’un coup sec. L’épreuve de force n’avait comme but, que de rassurer son peuple et contrer l’étrange sensation qu’il ressentait face à son futur repas. Il aurait pu le faire abattre comme les autres, et placer son corps sec avec les réserves pour la Grande Tempête. Mais quelque chose d’inexplicable l’en empêchait, comme s’il devait se passer un grand événement en rapport avec ce fou suicidaire. Jusqu’à présent son intuition ne l’avait jamais trompé. Krol reposa le nommé Zargol avant qu’il ne meurt asphyxié et rugit à la cantonade :

-Mouhahahahahah, minuscule mâchon. Que proposes-tu, pour nous divertir avant de réjouir nos panses. Vas-y, je t’écoute et tu as intérêt à me faire oublier ma faim.

La caverne résonna de l’énorme tapage qui suivit la réplique de Krol’gom le puissant. Zargol caressa son cou et repris sa place au sol de la caverne. Il déglutit pour permettre à l’air de circuler librement dans ses poumons. Il exhibait toujours son agaçant sourire et reprit doucement :

-J’attend encore de quoi désaltérer mon corps et j’aimerais manger autre chose qu’une partie de mes compagnons d’infortune. Je ne peux croire que je sois en présence de gens sanguinaire, sans aucun sens de l’accueil. Non ?

La meute grondait d’exaspération, n’attendant pour déchirer le prétentieux Bonhomme, qu’un signe de leur chef. Celui-ci était rouge de colère mais la curiosité l’emporta. L’hom ne faisait pas la moitié d’une Fumel du clan, mais Krol’gom avait assisté à la mort d’environ une dizaine de ses chasseurs sous les coups mortels de cet hom. Ils avaient déjà chassés de grands guerriers Y’umains mais jamais ils n’avaient résisté autant que lui. Une pointe de peur escalada son dos disproportionné. D’un signe de la main vers le groupe de Nounn’s assissent à l’écart, il ordonna que les demandes du prisonnier soient satisfaites.

Vêtu d’une couverture crasseuse, repu d’un gigot de Gro’dog et désaltéré d’une eau acre, Zargol souriait toujours. Il s’éclaircit la voix, promena son regard sur la tanière des Carniv et commença calmement :

-Pour commencer, je dois vous raconter qui je suis, pour que vous compreniez l’importance du contexte. Mon nom est Zargol et je suis né dans une petite communauté de Bouzgnards perdues dans le trou du cul de la carcasse pourrie laissée par nos salopards d’Anciens. D’aussi loin que remonte mes souvenir, j’ai toujours été attiré par l’aventure. Vivre dans mon village n’aurait mené qu’à ma mort prématurée.

Aux mots « mort et prématuré », le rire gras d’un pisteur du clan interrompit le discours de Zargol. Les froncements de sourcil et les regards noirs que lui jetèrent Krol’gom et Zargol coupèrent net dans l’œuf son entrain rigolard. La ligne des lèvres dessinait un trait sardonique sur le visage tuméfié de Zargol. Il reprit son récit :

-Donc ! Je disais que très jeune, l’envie de voir si le monde était aussi dépravé ailleurs que chez moi, me gagna et déclencha mon départ vers l’aventure. Je vous passerais les détails sur mes débuts d’aventurier et je vais en venir au but. Une méprise entre le Mek d’une jolie dévergondée et moi, fit que je me suis engagé chez les mercenaires de Yon.

Krol’gom commençait à comprendre l’agilité avec laquelle il s’était défendu contre la meute. Il fit signe à Zargol de continuer, celui-ci avait stoppé son récit pour boire son eau sale.

-J’y ai servit quelques temps, chez divers Barons et autres crétins à bannières. Le risque n’étant pas assez rentables, j’ai rejoins une petite bande de gredins, qui comme vous, abusaient des faibles Bouzgnards. Et voyez vous mes amis, j’ai eu une frappante révélation…

-Finir dans mon estomac ! Se marra Krol’gom au visage du bonhomme, debout devant lui à le narguer.

Il venait de prendre le control du clan et ce n’était pas sa proie qui allait le remettre en question devant son peuple. L’hom s’était levé et approché de l’assemblée cannibale. Il paradait sans crainte, laissant planer dans ses allers retour, un doute sur la tribu.

-J’aimerai ne plus être interrompu ! C’est bon ? Il m’a été demandé de vous divertir avant de vous nourrir. J’aimerais pouvoir honorer ce pour quoi je suis la devant vous, si c’est possible ?

Un brouhaha gêné remplaça les grognements et claquements de dents tranchantes. Krol’gom aussi gêné qu’angoissé, agita la main et Zargol relança à la cantonade :

-Bon, j’ai eu une révélation, un choc même…Massant son menton, il continua :

-Mais avant que je ne vous présente l’hom dont il est question. J’aimerai vous conter quelques unes de ses aventures. La première histoire commence dans la communauté de Ménée, un village de Bouzgnards perdu au centre d’un marrais hostile. Les Marais Sombres où un autre nom ? Un truc comme ça, je ne sais plus mais un jour vint dans cette communauté un Géant, un hom si grand qu’il impressionnait de par sa stature. Son agilité au combat surpassait les plus grands mercenaires qu’il m’ais été amené à rencontrer.

-On dirait toi, chef ! Mouhahahahahah. Le chasseur qui venait d’interrompre Zargol dans son histoire, reçu dans la gueule pour tout remerciement de la part de Krol’gom, le morceau de jambe grillée qu’il dégustait en même temps que l’histoire. Intrigué par le récit, il fit signe de continuer.

-Bon, alors voila. Une créature monstrueuse massacrait les Bouzgnards qui survivaient dans la région. Ce monstre ravageait les rangs des mercenaires envoyés pour régler la situation par le Baron local. Personnes ne l’avait vue, du moins personnes n’avaient survécus pour raconter la cause de leurs atroces morts. Une jeune fille venait d’être kidnappée par la bestiole, et l’arrivée de notre hom survenait peut-être au bon moment. Le Maistre de la communauté était allé négocier à la taverne du tas de tôles qui servait de village et avait conclu un accord avec le Géant…

Krol’gom se leva pour pisser dans un coin de la salle, il éructa. Il termina et son regard sombre plongea dans les yeux bleus, bien plus autoritaire que les siens installé en face de lui. Il fut troublé par la désinvolture dont faisait preuve le plus étrange des Y’umains qu’il n’avait mangé. La nuit avait changée l’atmosphère de la tanière. La meute écoutait l’hom avec attention, Il retourna s’assoir dans un brouhaha excédé par son interruption. Il gronda vers le conteur, comme pour détourner l’attention :

-C’est quoi comme créature ? Parce qu’ici, c’est nous les prédateurs….Mouhahahahahah !

-C’est vrai ! L’interrompit Zargol. Mais voyez vous dans les faits, il s’agissait une créature sortie du pire enfer que nous ont offert les fous d’Avant. Une créature qui es, heureusement très rare, car M’sieurs, il s’agit du cauchemar d’un dément.

Il retourna s’assoir et grignota un morceau de son rôtie. Appréciant à l’avance son effet, il prononça clairement :

-Un Chromophage ! Un p’tain de Chromophage….

Dans le tumulte déclenché à ses mots, l’un des pisteurs, fort comme un buffle, laissa tout de même, échapper toute sa peur dans un pet poisseux.

-Notre héro ne se déroba pas, fondant sur la bête. Après de nombreux cycles d’un combat brutal, il vint à bout du monstre. La légende dit qu’il découpa la peau pour ce faire un manteau, lui donnant la capacité de disparaître dans le décor…

Krol’gom regardait son peuple, tous étaient subjugués par le dénommé Zargol. Il renfrogna son visage, gronda et vociféra :

-C’est des conneries, personne ne peux survivre à un Chromophage. Tu te moque de moi devant les miens. Je vais dévorer ton cœur et jeter le reste aux Fumel. Il bondit devant l’hom, qui ne bougea pas d’un cil.

-Oh grand chef, je te prie de croire les faits que je te conte. Je ne suis que l’humble narrateur de l’histoire. Je ne me fous pas de toi, ni de ton peuple. Et pour ce qui est de me dévorer, ne veux-tu pas attendre la suite des histoires et ensuite tu décideras à quelle sauce je vais finir. Répondit Zargol sans sourciller face à l’imposante stature du chef des Carniv.

Devant l’affront, Krol’gom cessa de respirer, jusqu’à devenir cramoisis. Il tourna la tête vers ses acolytes qui le fixaient de leurs yeux chiasseux, semblant le juger coupable d’un quelconque crime horrible. Il décocha de colère, un coup de poing sur le visage du grand Bonhomme et retourna se vautrer parmi les siens. Celui-ci s’effondra sous le choc, le nez en sang. Il se redressa doucement, se moucha dans le lin, cracha rouge et reprit d’un ton grimaçant :

-Pfft, pas très agréable. Navré de t’avoir manqué de respect, je ne suis pas habitué à vos coutumes et je te pris d’accepter mes excuses les plus plates. Si tu veux bien, je vais continuer ?

La tribu répondit en place de son meneur. Krol’gom boudait sur son tas d’os. Il tendit la main en signe d’accord. Dans son esprit planait un doute mais il ne voulait pas décevoir la meute, fraîchement acquise à sa cause.

-Bien, continua Zargol. L’histoire suivante, ne raconte pas un combat épique mais la ruse dont notre héro fit preuve, afin d’obtenir la ceinture doré de la grand Hypocrith, reine de la tribu des Meuf guerrières. Cette ceinture, dit t’on, est faite d’un métal brillant et donnerai à son propriétaire, le pouvoir de soumettre les Meuf guerrières…

Un vague murmure souffla sur son auditoire, car tous connaissaient la rudesse de ses vaillantes guerrières. Elles avaient un mode de vie proche de la meute, chassant les mâles Y’umain, non pas pour manger mais pour renouveler leur génome. Les rares fois où les deux tribus s’étaient croisées, le nombre des membres du clan avait été grandement réduit. Chacun préférant terroriser les Bouzgnards de son côté…

Le petit matin éclairait le refuge de la meute et une partie du clan dormait d’un lourd sommeil digestif. Krol’gom était fatigué et repu mais les histoires racontées par l’hom, l’intriguait. Il s’amusa un instant de la situation et se concentra sur les paroles de Zargol.

-Alors notre héro, après de longs cycles, fini par trouver, le campement secret des Meuf et de leur reine. Il avait parcouru le monde putride à la recherche de la fameuse ceinture. Sachant qu’elles se déplaçaient souvent, il lança une rumeur dans la région où elles se trouvaient, comme quoi on en voulait à la vie de la grand Hypocrith. Il ne fallu guère de temps pour que notre héro, ne se « fasse » capturé et mené devant leur cheffe. Le géant séduisit la reine et profitant d’un moment d’échange de génome, vola la dite ceinture. La colère emporta la gueuse royale et criant qu’on la dépouillait. Elle fut transpercée par la lance d’une de ses propres guerrières. Revêtant la ceinture, notre héro conclu par un immense mélange du génome. Ainsi la terrible tribu serait dirigée, pour la première fois de son histoire par le plus valeureux des Hom…

-Et qui est donc ton merveilleux champion dont tu ne cesse de vanter les exploits ? Je suis curieux de savoir. Dit Krol’gom d’une voix épuisée.

Zargol fixa son regard pénétrant dans les yeux fatigués du puissant mangeur de chair et chuchota :

-Ne soit pas si pressé. Ne veux tu pas une autre histoire ? Si ? Bien, je vais te conter l’histoire vraie des Têtes de Canah jaunes. La légende racontait que quiconque fumait de ces Têtes, percevait le Temps et d’Avant et d’Après la Grande Lumière. Le grand héro, dont tu connaîtras le nom plus tard, avait entendu parler d’un magnifique jardin où l’on pouvait trouver les prodigieuses Têtes de Canah Jaunes. Il dut parcourir de nombreuses zones dangereuses, comme le Pays des P’tits Z’oms où bien la Mer des Noyades pour accéder au Jardin des Asporides. Au fil des cycles, son voyage le mena aux confins du monde torturé des Anciens pour qu’enfin il débarque sur les Iles de l’Abondance au pied des Montagnes du Mapemond. Le Jardin des Asporides se trouva enfin devant notre Géant et il est dit que le Gardien Mapemond, fut berné par l’intelligence de notre hom et qu’il ramena, lui-même un sac énorme de Têtes Jaunes. Depuis ce jour, nombreux sont ceux qui pensent que le Géant prévoit chacun des coups dirigés contre sa personne, faisant de lui, de ce faite un adversaire redoutable.

Zargol ferma la bouche sur ces mots et sans aucun signe vers le peu de membres de la meute encore éveillés, alla se coucher dans un coin de la grande salle et plongea dans un sommeil de pierre. Krol’gom n’eu pas la force de gronder et suivit l’exemple de son futur dîner. Le soleil était déjà haut dans le ciel graisseux et la tribu avait besoin de repos.

Comme un coup de masse sur la tête, le soir du deuxième cycle retomba sur la tanière. Un autre Bouzgnard avait fini de rôtir sur le grand feu central et la tribu attendait avec une impatience non dissimulée, une autre histoire du mystérieux conteur. L’hom ne s’était pas échappé, ce qui surprit Krol’gom. Les chasseurs et leurs Fumel grignotaient les os de leur repas dans un silence religieux. Zargol se tenait devant eux, parfaitement reposé et souriant, toujours, à pleines dents. Il picorait les restes froids de son ragoût de Gro’dog et respirant un grand bol d’air, dit :

-Mes ami(e)s. Vous voila enfin prêt, à écouter l’histoire que je vais narrer. J’ai attendu votre réveil et je me suis permis de grignoter un morceau.

Les trois grottes de la caverne tribale, sentait la viande grillée, la pisse et la peur. Les membres du clan avaient réunis les prisonniers dans un coin et pendant la nuit. Seul l’un des Carniv somnolait auprès du feu et montait une garde soporifique. Krol’gom grommela, il se redressa sur son trône et tonna vers son prisonnier :

–  Mouarf, je te pensais parti. Je suis surpris. Vas y raconte moi tes histoires et j’espère quelles vont m’ouvrir l’appétit.

La suite en cours d’écriture

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