You are currently viewing Messages en attente Part 2

Messages en attente Part 2

Allo, OUStHON ??

— Part 1 —

Les messages mystérieux venus d’ailleurs, en vérité défilaient sur les interfaces holographiques, comme les semaines sans réponses aux échanges cryptés… L’équipe de traduction y travaillait jour et nuit, vidant des forêts entières de papier, truffé de notes, de calculs mathématiques, et parfois de gribouillis obscènes signés par un certain Jim M., énigmatique.

 

Les processeurs high-tech de « CORVUS » vaporisaient des hectolitres d’eau outrageusement pompée dans les nappes phréatiques de la région, sans trouver de sens aux messages aliens.

 

Dans le bureau enfumé comme quand ils étaient sous le feu ennemis lors de la défaite de « Ia-Drang » en 1965… bataille animée et illustrée sur l’immense panneau de LED, couvrant tout un mur de la pièce.

Le Général Erikson tendit le verre de whisky Japonais à son allocutaire assis en face de lui. « Sec et sans glace !! », ajouta-t-il, le cigare barreau-d’chaise aux lèvres.

Matisson, confus par le sourire enjoué de son supérieur et ami, ne comprenait pas sa présence dans la tanière du vieux renard qu’était Erikson. D’un geste incertain, il attrapa la boisson ambrée, la porta à son nez pour en savourer les senteurs exotiques.

Le visage de son interlocuteur disparaissait dans le brouillard cubain qui descendait du plafond, rendant encore plus flippant sa prestance. Ses yeux piquaient, bien qu’il soit un fumeur invétéré, mais pas autant que son chef et ami. Celui-ci venait d’écraser un pauvre fauteuil club, gisant au coin de l’espace détente de l’immense poste de commandement de la base souterraine. Il lui fit signe de le rejoindre sur l’autre siège à l’influence britannique.

Le Colonel prit une gorgée du chaud et doux breuvage nippon. Il attendait patiemment que sa hiérarchie lance le sujet de la conversation. Le Général ne le fit pas attendre longtemps.

— Matisson… Colonel Matisson…hum, je crois que nous avons un problème… T’en penses quoi ? continua-t-il, passant au tutoiement en oubliant le décorum officiel.

— Je… Mouai, je vois ce que tu veux dire, déglutit Matisson en baissant les yeux dans son verre.

— Mati ? Regarde-moi… S’il te plaît… Je n’ai plus le choix, il faut fermer le projet et mettre la base à la poubelle… Enfin, tu m’as compris ?

Celui-ci posa un rictus semblable à un sourire, sur ses lèvres qui voulait dire qu’il avait compris.

Il finit cul-sec son whisky, les yeux brûlant de tristesse…

Depuis que le Colonel Matisson avait pris le commandement du projet « ALPHA », seulement deux réunions avaient commencé comme maintenant. Ce n’était jamais une bonne nouvelle, que ce soit une réduction de budget décidée par des costards à chaussures pointues ou encore une autre réduction de budget déclarée par des politicards idiots en costards à chaussures arrondies.

« Arf, pensa-t-il, tous des ignorants…

Le Général allongea ses longues jambes, s’enfonçant dans le Club comme un sous-marin dans maman…*

Un truc comme ça, pensa en lui-même le Colonel amusé par la position presque confortable que voulait se donner son supérieur. Voyant l’air désabusé de son vieil ami de l’école militaire et camarade de champs de batailles alignant les médailles communes sur leurs jaquettes officielles.

— OK, pas de chichi, alors. On ferme la boutique. Rideau… et je réaffecte tout le monde… Hum, non, je vire cet imbécile de Morrison… Il resservit les verres plus que de raison, juste un doigt en dessous du rebord.

— La direction, il pointait le ciel pour appuyer son propos, en a marre d’attendre des résultats concluants… même un petit peu… tu vois mon ami…

— Oui, je vois… Je vois que le gouvernement ne semble préoccupé que par les prochaines élections et les économies promises dans des programmes générés par IA… s’énerva le Colonel Matisson, trop à l’aise.

— Je sais mon ami, leurs culs sales coincés derrière des bureaux identiques aux nôtres, qui décident de la pluie ou de l’averse qui nous tombera sur la gueule.

L’ivresse s’installait lentement dans le cerveau embrumé du Général et les propos incohérents qu’il venait de lancer seraient à jamais scellés dans cette salle, jura en lui-même le Colonel en soutien de son camarade de combat.

Il ne dit mot, continuant de siroter le saint liquide couleur ambre, écoutant son vieux complice.

Celui-ci continua sur sa lancée.

— Si l’amitié était un mec… Hum, tu serais la couille droite et moi la gauche !!! Wouai, mec…. Et je te réserve un poste bien au chaud… Où tu veux… se vanta-t-il en riant à gorge déployée comme un drapeau en berne.

Pendant une dizaine de minutes, le Général les yeux brumeux déblatéra sur l’importance d’avoir un bon poste, reléguant les années d’attente et de recherches sur la vie ailleurs, sur les milliards de Dol’s dépensés…

— Tout ça pour rien, non, nous sommes proches d’avoir des résultats, c’est injuste et idiot. Tu le sais Erik… La vie EXISTE ailleurs que dans notre nombril planétaire !!!! Bordel… éructa d’une colère sincère le Colonel frustré…

Ses râles de dégoût avaient fini par dessaouler son supérieur qui jeta un sombre regard à son condisciple et ordonna brusquement :

— Colonel Matisson, faites évacuer le personnel non-essentiel de la base, clôturez les sections inutiles et les dossiers top secret en cours. Vous avez une semaine, et on abandonne la Tchatche extra-lointaine, avec rapport sur mon bureau, tout ça, tout ça…

Il enfila cul-sec son verre, déplia sa haute et massive silhouette, donnant le signal de fin de réunion informelle…

Le Colonel Matisson, le cœur lourd, déçu par des années de sacrifices à s’emmerder dans une succursale sans espoir… jusqu’à aujourd’hui. Bordel à Q !! Blasphéma-t-il en regagnant le laboratoire et la station de radio où l’attendait son anxieuse équipe, attendant des réponses sur l’avenir de l’humanité et surtout la leur…

NDLA :  (🥹😅… Je sais, c’est con mais ça me fait rire)…

……………………………………………………………………………………..

Les couloirs du complexe, autrefois si vrombissants d’activité, semblaient désormais étouffés sous une chape de plomb. Les équipes techniques avaient été évacuées par vagues successives, laissant derrière elles des bureaux vides, des tasses à café oubliées avec encore un fond de chicorée séchée.

Dans ce silence clinique propre aux installations en sursis. Ils n’étaient plus qu’une poignée à traîner leurs silhouettes dans cette zone 51/ ² de pacotille, les derniers spectateurs d’un spectacle qui n’avait jamais commencé.

L’air, recyclé jusqu’à l’écœurement, portait l’odeur métallique d’inachevé. On sentait, dans la raideur des épaules du Colonel comme dans la démarche traînante du professeur, que les heures étaient comptées.

 

Le bunker « taupe-secret » ne serait bientôt plus qu’une coquille vide, un caveau de béton enterré avec ses secrets oubliés souvent ridiculement ignorés.

La tension dans le laboratoire était devenue une entité palpable, une pression atmosphérique qui faisait grincer les articulations et les dents.

Matisson, le visage fermé comme un coffre-fort inviolable, observa la dernière séquence. Son cerveau tournait au maximum de ses capacités d’analyse, acquissent sur le terrain lors de la bataille de Novyy Moskva mettant fin à sept ans de guerre entre les deux plus grandes puissances militaires au monde.

— Envoyez-leur quelque chose d’intelligent, ordonna-t-il. Pas agressif. Pas ridicule, mais avec fermeté… Quelque chose qu’ils pourraient comprendre avec le peu de symboles traduits ?

Le professeur Levinson s’exécuta, les doigts tremblants sur la console. Il envoya une structure numérique pure, une tentative de courtoisie universelle, une main tendue dans le vide sidéral. Le labo blindé retint son souffle.

>>> ⏚⍜⋏⟊⍜⎍⍀, ⏃⋔⟟⌇… ⋏⍜⎍⌇ ⌇⍜⎍⊑⏃⟟⏁⍜⋏⌇ ⌰⏃ ⌿⏃⟟⌖ !!! ⍾⎍⟒⌰⌰⟒⌇ ⌇⍜⋏⏁ ⎐⍜⌇ ⟟⋏⏁⟒⋏⏁⟟⍜⋏⌇ ?

— Voici la traduction de votre texte professeur, indiqua l’intelligence virtuelle… Des kilomètres déforestés sortaient des transcripteurs quantique, faisant souffler les poumons mécanique de l’ordinateur le plus puissant « Of the workd » avait crié son éminent créateur Levinson…

L’écran de contrôle, autrefois signe de gloire future, n’était plus qu’un miroir de leur propre vanité ou s’inscrit en lettres, une traduction peut-être erronée, une déclaration de guerre inter-galactique, murmura ironiquement Morrison installé confortablement devant son poste, sous le regard meurtrier de son officier.

>>> Bonjour, amis… Nous souhaitons la paix !!! Quelles sont vos intentions ?

 

Sous les idéogrammes assemblées numériquement par le cerveau informatique de « CORVUS » et les mois de torture cérébrale de chacun à leur manière apparu sur les Holoécrans encore actif, budget ultra réduit au stricte minimum, va sans dire… 

L’attente fut longue… Puis, la réponse tomba enfin. Elle fut instantanée. Le clignotement des symboles battaient à l’unisson avec les organes cardiaques de l’ensemble des six personnes impliqués dans l’avenir du monde.

>>> ⎐⍜⏁⍀⟒ ⏁⟒⋏⏁⏃⏁⟟⎐⟒ ⎅⟒ ☊⍜⋏⏁⏃☊⏁ ⟒⌇⏁ ⋔⏃⌰⏃⎅⍀⍜⟟⏁⟒, ⋔⏃⟟⌇ ⏃⎅⋔⟟⍀⏃⏚⌰⟒⋔⟒⋏⏁ ⌿⟒⍀⌇⟟⌇⏁⏃⋏⏁⟒. ⎅⟒ ⌿⌰⎍⌇ ☊’⟒⌇⏁ ⟟⍀⍀⟒⋔⟒⎅⟟⏃⏚⌰⟒⋔⟒⋏⏁ ☊⍜⋏ ⎅⟒ ⍀⟒⌿⍜⋏⎅⍀⟒ ⏃ ⎅⟒⌇ ⟟⋏☊⍜⋏⋏⎍⌇. ⊑⏃⊑⏃⊑

La machine à plusieurs milliards tournait à plein régime, analysant un à un, chaque hiéroglyphe énigmatique.

Le Sergent Johnson en avait les larmes aux yeux d’excitation, le vieux professeur vibrait comme un pacemaker en manque de jus. Les blips et les blops de « CORVUS » rompaient avec un silence outre-space du laboratoire « Xéno-studio », comme le nommait le Caporal Dawson au calme imperturbable, ainsi que le sage première classe Carlson lors des moments de détentes accumulés au fils des ans à servir le projet.

Cela avait laissé des marques dans les relations personnelles, peu de vie privée, créée une promiscuité incongrue. Quant à lui, le Colonel rongeait ses galons d’impatience.

Un silence de mort s’installa. Puis, comme un coup de grâce, une autre ligne s’afficha, presque accessoire, une surprise finale à la carrière de l’officier et des autres membres du projet « ALPHA »…

>>> ⏚⍜⋏, ⏃⌰⌰⟒⋉ ⌰⟒⌇ ⋔⍜⋏⍜-☊⟒⌿⊑⏃⌰⟒⌇ ⟟⎅⟟⍜⏁⌇, ⍜⋏ ⋏’⏃ ⌿⏃⌇ ⍾⎍⟒ ☊⏃ ⏃ ⎎⏃⟟⍀⟒. ⎐⍜⎍⌇ ⟒⏁⟒⌇ ☊⍜⋏⌇, ⎐⍜⎍⌇ ⟒⏁⟒⌇ ☊⍜⋏⌇, ☊⟒ ⋏’⟒⌇⏁ ⌿⏃⌇ ☌⍀⏃⎐⟒… ⋔⏃⟟⌇, ⋏⍜⎍⌇ ⏃⎐⍜⋏⌇ ⎅’⏃⎍⏁⍀⟒⌇ ☊⊑⍜⌇⟒⌇ ⏃ ⎎⏃⟟⍀⟒

Quelques secondes étirant le temps comme un élastique, mettaient à rude épreuve le mental implacable du Colonel.

Puis, lentement, lettre par lettre, un nouveau message dans la langue universelle employée dans toutes les colonies unitaires humaines du système solaire.

Une stupeur suivit d’une incompréhension totale frappa violemment au visage les rares miraculés du remaniement « Bunkerable ». Aucun d’entre eux, ne croyait pas ce qu’ils voyaient clignoter dans la pénombre de la station radio improvisée.

Les larmes aux yeux, le professeur Levinson déchira la transcription des derniers échanges avec une race extraterrestre à l’intelligence supérieure, attendus depuis vingt ans, voire plus sur l’échelle de l’humanité…

>>> ⍜⋏ ⋏’⏃ ⌿⏃⌇ ⍾⎍⟒ ☊⏃ ⏃ ⎎⏃⟟⍀⟒. ⎐⍜⎍⌇ ⟒⏁⟒⌇ ☊⍜⋏⌇… ⌿⏃⌇ ☌⍀⏃⎐⟒… ⋔⏃⟟⌇, ⋏⍜⎍⌇ ⏃⎐⍜⋏⌇ ⎅’⏃⎍⏁⍀⟒⌇ ☊⊑⍜⌇⟒⌇ ⏃ ⎎⏃⟟⍀⟒

Carlson tapait du poing sur son bureau de chagrin, le sergent Johnson restait immobile, sonné par le coup. Le caporal Dawson avait quitté la pièce, quitté l’espoir, quitté le monde… La détonation fit sursauter le groupe atterré.

Le deuxième classe Morrison, assis sur le rebord d’une console dont l’écran affichait désormais un message absurde et persistant, balança ses jambes dans le vide. Il fixait le mur LED qui diffusait toujours, par pur automatisme bureaucratique, ses images apaisantes de forêts paradisiaques.

— Qu’est-ce que j’avais dit… se gaussa-t-il amèrement.

En lettres rouges scintillantes, l’arborescence de la traduction, avec l’aide assidue de l’IA, transforma petit à petit les symboles aliens par :

>>> ⏚⍜⋏, ⏃⌰⌰⟒⋉ ⌰⟒⌇ ⋔⍜⋏⍜-mono-céphales idiots… Bon, on n’a pas ⍾⎍⟒ ☊⏃ que ça à faire. vous êtes cons ⍾⎍⟒ ☊⏃… pas grave ☊⍜⋏⌇… mais, nous avons d’autres choses ☌⍀⏃⎐⟒… faire ☊⊑⍜⌇⟒⌇ ⏃ ⎎⏃⟟⍀⟒…Alors, salut les cons…⟒⋉…. ⊑⏃⊑⏃⊑… Hahaha……

Le Colonel Matisson restait immobile, incrédule. Chaque regard dans la pièce était pour lui un poids, une condamnation. Vraiment vingt ans pour…ça… marmonna-t-il en se redressant de toute sa masse, la mâchoire serrée, l’ego brisé en mille morceaux par une entité qui ne les voyait que comme des jouets inutiles.

De toutes ces années de recherches, d’attentes, il ne resta alors qu’un document, le fameux « Rapport : ALPHA/OMEGA » que les analystes du Département X compileraient, transformant des années d’attente fiévreuse en un simple carton administratif, estampillé du tampon rouge vif : TOP SECRET, rangé, sûrement oublié dans un entrepôt enfoui profondément dans le sous sol de la Lune…

Avant de rendre les clés du local aux officiels des services secret, qui attendaient devant, Matisson se dirigea calmement vers le bureau du Général Erikson afin de lui remettre son rapport final.

« CORVUS » ayant prit le rôle de tout un tas d’emplois non pourvus, servait aussi de secrétaire à l’officier supérieur.

— Colonel Matisson, je suis navré que l’expérience n’ai pas donnée les résultats escomptés. Le Général demande que vous laissiez le dossier sur son bureau. Il enverra un enseigne le récupérer après son déjeuné avec le Sénateur Stevenson…

D’une voix métallique, mi-homme, mi-femme, elle relança dans les interphones.

— Merci mon Colonel pour vos bons et loyaux services. J’espère que votre séjours à été constructif et j’attends de vous revoir bientôt…

— Le professeur a laissé un message vocal pour vous.. Je vous le transmet : — Cher Colonel, je suis rav….

 

Le Colonel Matisson, avait déjà quitté les lieux, ne laissant derrière lui, qu’amertume et un dossier TOP SECRET complété depuis vingt ans…

— Putain, vingt ans !! maugréât-il au volant de sa mustang payée par son labeur cosmico-comique…

 

A suivre, dans le dernier épisode… « LE DOSSIER »

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.