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Bouteille

... Hic...

Oh toi, ma bouteille,

Que tu sois d’anis ou whisky,

De mes soirs de veille,

Un peu seul dans la vie,

Lui donnant un goût de miel,

Jusqu’à tomber dans l’oubli.

 

Oh toi, Miyagykyo,

Saveurs, fruitée ou florale,

Quand même, soixante-quinze euros,

Réconforte un peu le moral,

Compagnon depuis ado,

Au goût sans égal,

 

Puis vint le temps des mélanges,

Des étiquettes sans nom, sans éclat,

Où le plaisir devient étrange,

Seul face au verre, un peu plus bas,

À chercher l’ivresse qui dérange,

Dans le fond froid de ces dégâts.

 

Le plus souvent éméché,

Finir en vain la fiasque de Ballantines,

Regardant le jour arriver,

Acceptant finalement cette routine,

 

Et le lendemain, recommencer,

Au fond de mes nuits clandestines,

 

Oh toi, mon aimée,

Compagne de mon abîme,

Longtemps, je t’ai désirée,

Écoutant tes chansons assassines.

Un matin, je me suis réveillé,

Laissant là mes dérives, mes ruines.

 

Douze ans, que je suis parti,

Le goût de miel a disparu, je t’ai laissé sur terre,

Douze années du retour à la vie,

Enfin, j’ai fini mon verre…

 

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