Dans les ténèbres...
La Marche des Morts-Debout Part 5
Chapitre 14 : La mère
Le vent du nord soufflait moins durement, comme si s’époumoner en vain l’avait épuisé. Ginah montait une garde fatiguée. Les gémissements de douleur de la pauvre Ody avaient empêché le sommeil réparateur de faire son œuvre. Elle jeta un coup d’œil sur le petit groupe serré près du feu, non loin de l’entrée de la grotte. Kentin somnolait difficilement contre la paroi gelée. Vinz posait un chiffon humide sur le front de la jeune femme, luttant contre la souffrance occasionnée par les morsures. Il était épuisé, elle était épuisée, tous… Même Louka, malgré sa force morale. Il était parti faire une ronde pour « vérifier si tout est OK !! ». Elle avait une grande confiance en sa capacité à se défendre et il était un bon éclaireur.
Ginah, le visage emmitouflé dans une vieille écharpe de laine épaisse, reporta son attention sur le bas de la colline. Plus tôt cette nuit, lors d’un moment de répit accordé par la nature déchaînée, Kentin, de garde à ce moment-là, raconta qu’il avait entendu une meute de loups qui semblait pourchassée. Leurs cris n’étaient pas comme d’habitude… Vinz, prenant le prochain tour de garde, avait lui aussi entendu des… Sortes de jappements de douleur, puis seulement un silence balayé par le vent… Plus rien, avait-il rajouté, le visage grave, malgré la fatigue qui déformait son doux regard par temps normal.
— Fais chier ! murmura-t-elle… Le froid, les loups, la… Putain de Horde… Merde, puis quoi encore ?? Fais vraiment chier…
Son cerveau moulinait à fond, elle cherchait une solution aux emmerdes qui les avaient tartinés de merde… Sous l’écharpe, son ricanement arriva jusqu’aux oreilles de son amour. Vinz vint la rejoindre, l’entoura de ses longs bras, recouvrant son corps frigorifié sous une chaude couverture en patchwork. Au regard interrogateur de sa compagne, il répondit.
— Elle dort maintenant. Je lui ai filé le médoc que prépare Dam’Akhima.
— T’en penses quoi ?
— J’ai lavé, comme je pouvais, les plaies. Elle est dans un sale état mais… J’ai cru comprendre que c’est une battante… Du repos et de la chale… Quoi ?? interrogea-t-il soudain, sentant un changement dans les yeux de Ginah…
Elle se serra un peu plus contre lui, indiqua la masse organique qui avait ralenti à cause des températures sibériennes. Faisant un large geste sur l’horizon, d’une blancheur « si pure et pourtant si mortelle », annonça la jeune survivante. Une larme coulait lentement sur sa joue, avant de se transformer aussitôt en perle de cristal.
— M’enfin, je me demande… continua-t-elle. Je me demande ce qu’on doit faire… Elle attrapa la main de Vinz qui cherchait à effacer ses souffrances d’un geste délicat. Non, laisse, ça me fait du bien…
Ils restèrent plusieurs minutes, les yeux dans le lointain, sans un mot… Le vent était tombé, laissant sous un manteau de neige un son étouffé par la distance. Les rayons de la Lune, qui avaient éclairé leur chemin jusqu’à cet abri sommaire, commençaient à être remplacés par l’éveil solaire. Le nuage de poussière couvrait une grande partie de l’horizon.
— Joh voudrait qu’on rentre, tu le sais… finit par dire Vinz, toujours les yeux fixés sur la masse dangereuse.
Au pied de la colline, Ginah remarqua quelque chose qui se déplaçait lentement et péniblement dans la neige épaisse, enfoncé jusqu’à la taille. Un faisceau de lumière de l’aube éclaira le champ qui séparait la colline et la forêt dont sortait la forme.
La silhouette agita les bras dans leur direction. Louka tentait d’avancer comme il pouvait dans cette mélasse hivernale. Le lièvre qu’il avait chassé, plus le poids de son équipement, le gênaient dans ses mouvements. Il rendit le salut que lui adressaient ses amis, fit quelques pas maladroits dans la neige et s’enfonça brusquement dans le sol, dans un craquement de bois.
— C’est Louka, dit Kentin en bâillant, qui venait de se lever en grimaçant à cause des courbatures nocturnes. Ginah lança un regard interrogateur vers l’intérieur de leur refuge.
— Elle va bien, elle est réveillée, mais ça va… La rassura le jeune guerrier en se grattant la tête.
Réunis devant l’entrée de la grotte, les trois amis firent de grands gestes en réponse à leur copain surchargé dans la toundra enneigée…
Il disparut sous leurs yeux, avalé par la neige… Un son de bois brisé résonna pendant quelques secondes dans l’air glacé. Une seconde, il suffit d’une seconde pour que tous réagissent vite, le plus vite possible. Vinz et Kentin dégringolèrent la pente menant au champ. Ginah rassura la blessée en attrapant son sac.
— Ody, reste là… Tout va bien, juste Louka qui est tombé dans un trou. Cet idiot n’a pas regardé où il foutait les pieds…
— Ne me raconte pas de conneries, imposa la jeune soldate. Je suis blessée mais pas conne… Alors, qu’est-ce qui se passe ?
Ginah posa le sac, souffla un bon coup, sourit à son amie.
— Ok, je ne sais pas… Vraiment, mais j’ai comme un truc qui me dérange. Un truc qui va arriver…
— Oh !! Je comprends, les Trois Grands disent toujours que ça s’appelle « l’instinct », un truc comme ça, et qu’il faut toujours écouter le bidule…
Ginah regarda la jeune femme qui tentait de se redresser sur sa couche, dans une grimace de douleur…
— Mais !! Fonce ! cria-t-elle en indiquant la sortie…
Ginah endossa son sac, fonça dans l’air froid, et dévala l’escarpement pour rejoindre les autres.
Le trou s’ouvrait sur un puits d’obscurité d’où montait une odeur de poussière et de métal froid. En bas, la voix de Louka résonna, étouffée par l’épaisseur du sol.
— Tout va bien, les gars ! Je… Je crois que je suis tombé dans un genre de pièce ! Y’a des lits, des trucs… J’vois une porte !
— Tu bouges pas, on arrive ! gronda Ginah, stoppant net le geste et la parole du jeune rescapé.
Vinz s’approcha du bord, scrutant les ténèbres. Une lueur pâle filtrait par une fissure plus loin dans le plafond effondré, révélant les contours d’une salle rectangulaire, des châlits alignés le long des murs, rongés par des décennies d’oubli.
— Un abri, souffla-t-il. Un vrai. Militaire, peut-être.
Vinz jeta la corde qu’il portait toujours enroulée à sa ceinture, l’attacha à un maigre arbuste fortement enraciné qui semblait tenir encore debout, et laissa Ginah glisser la première, suivie de Kentin, encore mal réveillé mais déjà en alerte. Il descendit en dernier, non sans avoir lancé un regard vers l’entrée de la grotte, où Ody, appuyée contre la paroi, les observait, la mâchoire serrée.
— Reste là, lui cria-t-il dans le vent. On revient vite.
— T’as pas à me le dire deux fois, grogna-t-elle, une main crispée sur sa lance plantée dans la neige en guise de béquille.
En bas, l’air était sec, presque irrespirable de poussière remuée. Le faisceau des lampes de fortune balaya la première salle : un dortoir, une vingtaine de couchettes métalliques rouillées, des casiers éventrés, quelques bottes momifiées par le temps, encore dressées côte à côte comme si leurs propriétaires venaient tout juste de les quitter.
— Vingt lits, compta Kentin à voix basse. Vingt soldats, ici. Avant.
— Rangés comme dans des rayonnages, pliés par deux… Pfff ! se moqua Louka…
Ginah poussa une porte grinçant dans les aigus… Ils avancèrent, prudents, à travers un couloir de béton fissuré qui distribuait les pièces les unes après les autres : une cantine aux tables renversées, une cuisine dont les fourneaux rouillés gardaient encore l’empreinte grasse d’anciens repas, une salle d’armes vide, ses râteliers nus comme des dents arrachées, une infirmerie de fortune où des flacons brisés avaient laissé des taches brunes séchées sur le carrelage jadis immaculé.
— Ils ont tout emporté en partant, remarqua Louka. Ou alors quelqu’un est passé avant nous.
Les clapotis incessants d’une eau s’infiltrant par tous les pores du bunker irritaient le petit groupe. L’écho de leurs pas rebondissait sur le béton usé avant de se perdre au-delà des halos de leurs lampes.
— Ou les deux, dit finalement Ginah comme pour briser le silence. Elle éclaira un mur couvert d’une carte militaire déchirée, illisible, puis continua devant elle.
Le labyrinthe que formaient les lieux était vide. Une vieille boîte de conserve périmée dans la cambuse, un tas de tissus qui avaient été des vêtements de corps… Après quelques longues minutes, ils atteignirent finalement un petit bureau, à l’écart, la porte encore verrouillée mais dont le cadre pourri céda sans résistance sous l’épaule de Vinz. À l’intérieur, un bureau rongé par le temps. Chacun savait quoi faire, le pillage s’enclencha presque naturellement. Sur la gauche, un vieux classeur métallique, à moitié fondu par un incendie ancien, avait pourtant préservé une liasse de documents jaunis dans son tiroir du bas entrouvert.
Ginah les feuilleta, le front plissé. Des lignes de cyrillique denses, des tampons rouges, un mot répété en haut de chaque page qu’elle ne comprenait pas mais dont la forme lui glaça le sang malgré elle.
— « Совершенно секретно », lut-elle laborieusement, se souvenant vaguely des leçons de Joh sur cette ancienne langue. Ça veut dire un truc genre… top secret, je crois.
— Prends-les, dit Vinz. Joh voudra voir ça.
Elle fourra la liasse dans son sac, contre le dos, sans plus y penser.
— On contin…
Ce fut à cet instant précis qu’un bruit leur parvint. Lointain, plus profondément dans les ténèbres. Un claquement sec, répété, un tic. Un seul… Puis deux, suivis d’un raclement continu. Puis le mur entier grinca, un chuintement aigu, continu, qui se colla au crâne comme une main froide.
Tous se figèrent…
— C’est quoi, ça ? murmura Kentin, la voix soudain aiguë. Quelqu’un lâcha un petit pet de peur qui se perdit dans les profondeurs.
Le bruit grossissait. Il venait de loin, du bout des couloirs qu’ils n’avaient pas explorés, mais il approchait, vite, trop vite, avec une régularité mécanique qui n’avait rien d’humain.
— Putain !!!! On bouge, trancha Ginah. Maintenant…
Avec une réactivité poussée par la peur, ils se précipitèrent hors du bureau, renversant une chaise qui partit en poussière de bois. Ils remontaient le couloir en sens inverse. Le raclement se transforma en un grondement sourd, ponctué de couinements aigus, une masse mouvante qu’ils sentirent avant même de la voir, une vibration remontant du sol jusque dans leurs jambes. Leur course devint plus frénétique… Leurs voix se mélangeaient, indistinctes, de plus en plus couvertes par les crissements de faim du monstre.
— À gauche !!
— Foncez !!
— Vite, ça se rappro… !!
L’horreur sortit tout droit des ténèbres, fonçait vers eux. Elle apparut au détour du couloir de la cantine, dans un faisceau de lumière. Une marée de fourrure gris-noir et de dents affamées, roulant sur elle-même comme une vague déferlante.
— Mais… c’est quoi, ce tru… demanda Kentin qui avait ralenti sa course pour regarder derrière lui…
Se rapprochant de plus en plus, il la vit… Ce que personne n’imaginait possible, il la vit…
Portée presque au-dessus de la masse par les corps de ses congénères, une créature plus grosse que les autres, difforme, le ventre distendu, des yeux blancs et aveugles plantés dans un crâne trop large. Ses cris étaient stridents, semblant donner des ordres aux autres créatures infernales créées pour sauver l’humanité…
— Nom de… Joh ! jura Kentin, tentant de rattraper son léger retard dans les sombres couloirs du cimetière souterrain.
Derrière eux, dans la pénombre, plus petite que la Reine-Mère de la grande HORDE dont on racontait les légendes au coin du feu, d’une atrocité difforme… Mais cette petite reine tout de même, entourée d’une garde aux dents aussi acérées que les lames les plus aiguisées, n’en était pas moins terrifiante. Au moins un demi-millier de bêtes excitées par la chair fraîche semblaient mues par un instinct dévoreur insatiable.
— C’est quoi ce délire ? s’essouffla Vinz, incrédule et terrifié à la fois. Elle se divise en plusieurs essaims…
— On cause plus tard ! résonna le hurlement, plus qu’un cri, de Ginah. COUREZ !
Ils s’enfoncèrent dans le dédale de couloirs, mais chaque tournant qu’ils empruntaient semblait déjà anticipé, chaque raccourci déjà bouché par un mur de fourrure grouillante surgissant d’un conduit d’aération, d’une trappe, d’un couloir latéral qu’ils n’avaient pas remarqué à l’aller. Comme si les rats connaissaient chaque recoin de ce bunker mieux qu’eux, comme si elles les guidaient, les rabattaient, les poussaient vers un seul et même point.
Vinz avait tenté de refermer la porte assaillie par les coups de butoir de milliers de dents excitées par la mort.
— Montez ! hurla Vinz, les muscles tendus à en rompre, l’épaule écrasée contre le métal froid de la porte qui tremblait sous les impacts.
De l’autre côté, la masse grouillante poussait avec la force d’une vague de fond. Les gonds grincèrent dans un bruit strident de métal agonisant.
Sans demander leur reste, Ginah et Louka s’agrippèrent à la corde. Dans un effort surhumain, portés par l’adrénaline et la terreur pure, ils hissèrent leurs corps le long du mur effrité, se démenant pour trouver la moindre prise avec leurs pieds. Ginah grimpait en tête, le souffle court, suivie de près par son compagnon dont les doigts sanglants s’accrochaient aux tressages de la corde.
— Dépêchez-vous ! Ça tiendra pas ! crachait Vinz, les dents serrées, alors que de premières griffes sombres et des museaux affamés commençaient à s’infiltrer par l’interstice du bas… Fonce, Kentin ! Attrape la corde ! brailla Vinz en lâchant la porte qui céda.
Kentin et Vinz sautèrent par-dessus un tas de débris. Vinz poussa la carcasse d’un lit superposé pour faire obstacle à la vague inéluctable. Ils sautèrent ensemble vers l’objet pendant vers la liberté. Vinz serra les mains le plus fort possible. Kentin se jeta aussi sur la corde, mais une masse grise jaillit d’entre deux châlits renversés et se referma sur sa cheville. Il hurla, tenta de se hisser malgré tout, mais le poids combiné des bêtes qui s’agrippaient à lui l’arracha en arrière. Il tomba, entraînant Vinz dans sa chute, les deux corps disparaissant sous une vague de fourrure et de crocs en une fraction de seconde.
— NOOOOON ! hurla Ginah, à quelques centimètres du bord, se forçant à ne pas redescendre, sachant qu’elle ne pourrait rien faire de plus qu’ajouter son propre corps au festin.
En bas, dans le chaos, les hurlements de terreur qu’avait poussés le jeune soldat Kentin n’étaient plus que gargouillements de dégustation. La voix de Vinz, déformée, brisée par la douleur, s’éleva, déjà à moitié couverte par les cris de satisfaction et le bruit atroce des Rattus Généticus déjeunant assurément.
— Ody ! AAAAHHHH ! ODYyyyy ! LES ŒUFS ! LANCE LES ŒU… AHHHHH !! PITIÉ…
Au-dessus du trou, à peine visible dans le contre-jour, Ody s’était traînée jusqu’au bord, rampant presque dans la neige, appuyée sur sa lance comme sur une canne, le visage blanc de douleur et d’effort. Elle comprit en une fraction de seconde, arracha de son sac les deux grenades de fortune qu’elle transportait depuis leur départ du convoi, dégoupilla la première d’un geste tremblant, et la laissa tomber dans le trou.
— GINAH, MONTE ! hurla-t-elle, dégoupillant déjà la seconde.
Ginah se hissa d’un dernier effort désespéré hors du trou, roulant sur la neige au moment où Louka, juste derrière elle, s’extirpait à son tour, le visage ruisselant de larmes et de poussière.
La seconde grenade tomba.
Le sol trembla sous leurs pieds, un souffle chaud et âcre remontant du trou en un geyser de poussière, de fumée et de silence. Un silence terrible, absolu, celui qui suit toujours les bruits les plus insupportables.
Ginah resta un long moment agenouillée dans la neige, les mains plaquées sur la bouche, incapable de crier, incapable de pleurer, incapable de faire autre chose que fixer ce trou noir qui venait d’avaler deux des leurs. Son amour, à jamais dévoré par ce monde absurde…
Ce fut Ody, effondrée à côté du trou, la lance abandonnée dans la neige, qui rompit finalement le silence, la voix réduite à un murmure rauque.
— Ils sont partis… Ils sont partis pour qu’on vive…
Personne ne répondit. Il n’y avait rien à répondre… Le silence était devenu une habitude, non pour fuir la perte d’un proche, mais pour rendre forts les survivants. Quelques minutes passèrent, seulement troublées par le vent, comme une ode aux disparus.
Des heures plus tard, quand le soleil fut assez haut pour leur donner l’illusion d’un jour normal, ils reprirent la route vers le convoi, en silence, portant Ody à tour de rôle sur une civière de fortune, ne s’arrêtant que lorsque leurs jambes refusaient d’avancer plus loin.
Ginah marchait en tête, le regard vide fixé sur l’horizon blanc, une main crispée en permanence sur la sangle de son sac, sur la liasse de documents qu’elle avait failli oublier là-bas, dans ce tombeau de béton, avec Vinz et Kentin.
Elle ne savait pas encore ce que ces pages racontaient. Elle savait seulement qu’elles avaient un prix. Deux vies. Et qu’elle les ramènerait à Joh, coûte que coûte, pour que ce prix n’ait pas été payé pour rien.
Ody, au deuxième jour, pouvait avancer seule, sans trop se fatiguer. La neige était épaisse mais le froid l’avait durcie, rendant la marche un peu plus facile. Une nuit, au coin d’un feu maigrement alimenté, elle chanta d’une voix mélancolique l’ultime adieu aux disparus, transmis par les trois Grands :
Oh, toi le disparu,
Toi qui as quitté le convoi,
Sur la route tu t’es perdu,
Donnant encore cette fois
Une chance, un espoir.
Ce qui devient loi,
Avance dans le noir,
Car tu vis en moi…
Au travers des arbres squelettiques, ils apercevaient les lueurs du campement. Le petit groupe savait que les Veilleurs les avaient repérés, mais avançait sans se cacher, sans dissimuler l’absence des disparus…
Joh les attendait à l’entrée du cercle de caravanes. Il savait…
La suite et fin (2/3 chapitres encore) arrive bientôt…